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VI SOCIETE DE GEOGRAPHIE

s'est servi le Bureau de la Société en mettant au concours le projet d'une carte séricicole, c'est que la commission chargée d'examiner les travaux qui se sont produits, a dû, dans ses appréciations, se conformer strictement aux intentions de la Société.

Certes, ce sujet devait tout d'abord appeler l'attention d'une Société qui s'est constituée dans le principal centre séricicole du monde, qui a pris pour devise la solidarité du progrès commercial et du progrès scientifique et qui a choisi, pour la diriger, un homme dont le bonheur serait de voir se réaliser l'unité économique du globe. Nous en ayons pour garants non-seulement le témoignage de ses paroles si convaincues qu'il prononçait naguère encore à Saint- Etienne, mais surtout le zèle et la persévérance dont il nous étonne et nous encourage tous les jours. Il nous avait déjà fait alors remarquer que la soie se porte de plus en plus vers les marchés français et que Lyon devait, à force de principes économiques, de dépasser Londres môme.

S'il est une ville, en effet, qui doive s'intéresser avec ardeur au développement du commerce des soies et des soieries, n'est-ce point Lyon? Et elle n'hésite point à le faire : voyez l'active intelligence de ses négociants, voyez le Syndicat des marchands de soie, voyez sa Chambre de commerce ! Tout le monde travaille, tout le monde recherche, et personne ne recule devant le sacrifice ou la dépense quand il s'agit de faire un pas en avant. C'est . l'abnégation individuelle en faveur du bien-être social ; c'est le renoncement personnel se dévouant à l'humanité; c'est l'union de toutes les forces pour triompher de tous les obstacles.

Eh bien ! dans cette lutte pour la prospérité lyonnaise, dans cette communauté d'efforts pour l'accroissement de la richesse générale, la Société de géographie a voulu prendre une place ; et elle la gardera;

Ce premier concours n'a peut-être point répondu à toutes ses espérances : les travaux n'ont pas été nombreux. Doit-on l'attribuer au peu de temps laissé aux concurrents ou à la difficulté même du sujet? L'une et l'autre cause y ont contribué sans doute. Mais la qualité a peut-être suppléé à la quantité.

RAPPORT DE M. LEFEVRE vu

Une commission'fut nommée, qui se composait, sous la présidence, de M. Pariset, vice-président de la Chambre de commerce, de M. Testenoire, président du Syndicat des marchands de soie, de M. Ed. Aynard, banquier; de M. le professeur Charles Perrin, et du rapporteur. Elle fut unanime à ne maintenir que la carte accompagnée du mémoire « nec timeOj nec sperr.o, »

Et, en effet, par la netteté et la beauté de son exécution, par son étendue et par ses cartons, cette carte captive immédiatement l'attention et la retient : elle accuse des recherchas aussi nombreuses que sérieuses et elle contient une foule de renseignements puisés aux sources les plus récentes et les plus authentiques. Cette carte, à elle seule, vaut plus que bien des volumes ; elle mérite plus que la valeur matérielle de la médaille. Les suffrages ont été unanimes sur ce point ; mais est-elle sans défaut ? C'est par les ombres que ressortent les clartés.

La commission a cru que les trois teintes choisies par l'auteur ne se différenciaient point d'une manière suffisante pour répondre exactement à ses intentions. On croirait, en jetant un coup d'œil sur la France, que la plus grande partie de notre pays se livre à la sériciculture. 11 serait facile, par d'autres nuances, de distinguer mieux les départements où la sériciculture est encore à l'état d'essai ou d'accident d'avec ceux où elle constitue une industrie plus ou moins considérable ou même la principale de toutes. Deux tons , l'un jaune vif et l'autre jaune pointillé de vert , suffiraient peut-être à marquer comme il convient ces deux dernières et grandes catégories : les pays dont la soie constitue lindustrie fondamentale et ceux dont elle est une des plus abondantes ressources, sans être la première. Aussi, un membre de la commission a-t-il manifesté le désir que l'auteur se borne à deux couleurs ou nuances plus ou moins foncées. Certes , il est intéressant de suivre les tentatives de l'énergie humaine et d'indiquer les points où des entrepreneurs de bonne volonté cherchent à introduire une culture nouvelle, un nouvel élément de prospérité, dût-on, au bout de quelque temps, effacer ce point delà carte. On croyait hier au succès de la sériciculture dans TEquateur, où elle avait eu jadis de beaux jours; l'illusion n'est i^lus permise, la

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