ILE DE CANDIE
On élève beaucoup de vers à soie dans cette île, particulièrement dans ïes districts de Sélinon, Sitia, Kissamos et Aprocorona. En partie détruite par la maladie des vers et par l'insurrection de 1866, la sériciculture y a repris une partie de son importance ; ainsi la récolte a été, en 1870, de 270,000 kilogrammes de cocons (M. Duseigneur). En temps normal, elle peut atteindre le chiffre de 500,000 kilogrammes. Ces cocons se filent presque tous dans le pays, et la soie qui n'est pas consommée par les habitants est
expédiée en France. Une partie des cocons, cependant, sert à faire de la graine qui est envoyée en Syrie.
RENSEIGNEMENTS STATISTIQUES
Je reproduis ici deux statistiques de la production de co cons frais dans la Turquie d'Europe, telles qu'elles sont données par M. Natalis Rondot, dans son Rapport sur Vindustrie de la soie.
lSSS-69 lSt3
KJLOO. ULOO.
Roomélie propre 2,000,000 1.670,000
Bulgarie 300,000 625,000
Macédoine 800,000 1,040,000
Thessalie. 200,000 325,000
AUumie 180,000 125,000
Des de Candie, de Ghio, de Chypre, de
Melelin, de Rhodes, de Samos, etc. 1,240,000 090,000
Totaux 4,720,000 4,475,000
GREGE
Introduite dans la Grèce sous le règne de l'empereur Jus tinien, la sériciculture s'y développa rapidement et resta florissante jusqu'au commencement de ce siècle. « Depuis le moyen âge jusqu'à la révolution hellénique, dit l'auteur d'un rapport officiel présenté, il y a quelques années, au gouvernement hellénique, le Péloponèse fut considéré comme le pays par excellence du mûrier, en grec moreay d'où est venu le nom de Morée, que lui ont donné les Vénitiens. Pendant la guerre d'extermination qui a suivi la déclaration de l'indépendance hellénique, la culture du mûrier éprouva dans cette partie de la Grèce de grands désastres ; mais après le rétablissement de la paix et de Tordre, l'amour du travail et l'esprit d'entreprise des habitants n'ont pas tardé à réparer les maux causés par la guerre. Le Péloponèse occupe en Grèce, comme jadis, la première place dans cette
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branche de l'industrie, et pour la quantité et pour la qualité de la soie. »
En effet, la production séricicole fut assez importante pendant quelques années, au milieu de ce siècle; mais l'époque de la maladie arriva, et dès ce moment la récolte de cocons diminua considérablement. Sur tous les points de la Grèce on élevait une plus ou moins grande quantité de vers à soie, mais bientôt les éducations cessèrent dans des départements entiers. En un mot, le fléau devait presque anéantir une industrie qui avait su résister jusque -là à tant de bouleversements politiques et à tant de guerres sanglantes.
Ainsi, tandis que la Grèce exporta, en 1857, 1,493,934 ocques de cocons, en 1864 elle n'en exportait plus que 32y263 (Afin, du comm, ext.^ n° 1860).
D'un autre côté, la Grèce produisait depuis 1857, d'après M. Duseigneur, de 1,200,000 à 1,300,000 kilogrammes de cocons. Or, suivant la statistique que publie annuellement le syndicat de l'Union des marchands de soie de Lyon, voici quelle a été la production des trois dernières années, production bien inférieure comme on le verra :
1872 102,000 kilogrammes de cocons.
Cette dernière quantité se répartit ainsi : Sparte, 100,000 kilogrammes; Messénie, 50,000 kilogrammes; autres localités, 50,000 kilogrammes.
Enfin, on se fera une idée plus nette encore du dépérissement de la sériciculture en Grèce, en lisant l'extrait suivant d'une lettre que je dois à la bienveillance de MM. Fels et G**, de Galamata :
« C'est avec plaisir qu'en réponse à votre lettre nous
venons vous donner les renseignements demandés sur les contrées séricicoles de la Grèce, tout en regrettant que, par suite du manque absolu de contrôle des marchés, nous no soyons pas à même de vous donner des notes statistiques précises. Les indications que nous vous envoyons sur la quantité du produit en cocons ne seront donc qu'approximatives, se basant sur notre propre évaluation.
(( Les régions de la Grèce où la culture du mûrier et l'éducation des vers à soie ont conservé un reste de leur importance d'autrefois, sont :
« 1** La partie méridionale de la Morée, produisant environ 120,000 kilogrammes de cocons socs par an, lesquels représentent une valeur moyenne d'environ 1,600,000 fr., et qui sont réunis, moitié sur le marché de Galamata et moitié sur celui de Sparte.
« 2° L'île de Négrepont et une partie de la terre ferme, ne produisant ensemble que 20,000 kilogrammes de cocons secs environ, d'une valeur moyenne de 300,000 francs. Marchés : Lépante (8,000 kilog.), Lamia (6,000 kilog.), Chalcis (6,000 kilog.).
(( Les régions dont la production est insignifiante aujourd'hui, n'excédant pas les besoins de l'industrie indigène et ne donnant lieu à aucune exportation de soie ou de cocons, sont :
c( 1° L'île d'Andros, très-productive avant l'invasion de la maladie;
« 2° Les côtes septentrionale et méridionale de la Morée.
« Les autres parties de la Grèce et les îles qui l'environnent ne récoltent plus de soie. »
Les marchés de cocons de la Grèce sont aujourd'hui : Sparte, Galamata, Pyrgos, Patras et Nauplie, dans la Morée; Lépante et Lamia, dans la Grèce continentale; et, en-
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fin, Ghalcis, dans l'île de Négrepont. Les cocons qui s'exportent partent des ports suivants : Galamata, Patras, Lépante et le Pirée.
11 faut remarquer, du reste, que l'exportation des cocons a considérablement diminué en Grèce, non pas tant, peutêtre, parce qu'il s'en produit moins maintenant que parce que les filatures du pays en absorbent une plus grande quantité. G'est ce que prouve le tableau suivant, extrait d'un rapport du consul anglais de Patras à son gouvernement et publié dans len"" 13 des Reports from her Majesty's consuls y etc. y 1874.