‹ Géographie de la soieChapitre 62 sur 135 · ROYAUME DE HONGRIE · texte numérisé non relu

ROYAUME DE HONGRIE

Je donne ici un résumé d'une intéressante lettre que m'a écrite M. Julius Dubowsky, inspecteur de la sériciculture dans le royaume de Hongrie :

(( Vers l'année 1840, la culture de la soie était très- flo-

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rissante dans le royaume hongrois, et en particulier dans les Confins militaires. La production atteignait annuellement 100,000 kilogrammes de cocons. Mais l'apparition des diverses maladies des vers à soie et les deux années de révolution 1848 et 1849 ruinèrent cette industrie, au point que la récolte arriva à ne pas dépasser le chiflGre de 1,500 kilogrammes.

Désireux de rendre au pays une de ses principales sources de richesse, le gouvernement encourage avec zèle les eflForts que font les particuliers pour ranimer la sériciculture ; c'est ainsi qu'il a créé à Szégzard un établissement séricicole qui a pour mission de distribuer de la graine saine aux éducateurs et d'acheter leurs cocons.

Une partie de la récolte est, cependant, achetée directement par des marchands; mais ce trafic est trop peu de chose, on le conçoit, pour qu'il puisse exister des marchés réguliers.

Une faible quantité des cocons est dévidée dans le pays ; tout le reste est envoyé en Italie ou dans le Tyrol.

Sur divers points on a essayé d'acclimater d'autres espèces de vers à soie, les Bombyx Yama-maï et Pernyij par exemple ; mais ces tentatives n'ont pas été heureuses, et partout il a fallu y renoncer.

Sur une carte séricicole manuscrite que M. Dubowsky a eu l'obligeance de joindre à sa lettre, je vois que la culture de la soie est. répandue dans le royaume de Hongrie de la manière suivante.

L'élevage du ver à soie constitue une industrie importante : 1® sur tout le territoire des Confins militaires, depuis les frontières de la Transylvanie jusqu'à la ville de Gradisca; 2"" dans cette partie du comitat de Bacs qui est comprise entre le Danube et une ligne qui irait delà ville de Zombor au point où

la Theiss pénètre dans les Confins ; 3** sur la rive droite du Danube, autour des villes de Tolna et de Szégzard, dans le comitat de Tolna ; 4** au sud-ouest du lac Balaton, autour de la ville de Marczal, dans le comitat de Sûmeg ; 5** sur les bords méridional et occidental du lac Neusiedler, dans le comitat d'Odembourg.

Des éducations se font encore, mais sur une bien moins large échelle : V sur les deux rives de la Theiss, à la hauteur des villes de Szégedin et Maria-Thérésiopel, c'est-à-dire dans une faible partie des trois comitats de Bacs, Torontal et Gsongrad; 2" autour des villes de Siklos et Fûnfkirchen, dans le comitat de Baranya ; 3^ en Transylvanie, dans le district de Schâssbourg.

Enfin on essaye depuis quelques années d'introduire la culture du mûrier et l'élève du ver à soie dans tout le comitat hongrois d'Abauj (chef-lieu Kaschau) .

Je ne sais pas quelle est la quantité moyenne des cocons qui se récoltent maintenant dans cette contrée ; mais on pourra aisément s'en faire une idée à l'aide des chiffres suivants qui concernent l'année 1873 et qui sont donnés par le ministère de l'agriculture et du commerce de Hongrie. Il a été mis à éclosion, cette année, en Hongrie, de 300 à 400 onces (loths), dans les Confins militaires; 1,200 onces de graines, qui ont donné en Hongrie 6,000 livres de cocons (3,360 kilog.), et dans les Confins, 10,000 livres (5,600 kilog.); total : 8,960 kilogrammes.

Ainsi qu'on l'a vu, les noms de la Croatie et de TEsclavonie n'ont pas été mentionnés dans les renseignements qui m'ont été fournis sur le royaume de Hongrie et que je viens de reproduire. C'est qu'en effet la sériciculture a presque disparu de ces deux provinces : la récolte de cocons qui, suivant M. Duseigneur, y était autrefois de 5,000 kilo-

grammes environ, est à peu près nulle aujourd'hui. Je traduis à ce sujet quelques lignes d'un rapport adressé par le consul italien de Fiume à son gouvernement, en 1873 :

(( Depuis une dizaine d'années, la sériciculture, au lieu de prendre de l'extension dans la Croatie et dans l'Esclavonie, va, au contraire, en diminuant de plus en pli^s. Gela tient surtout à ce que les habitants ne sachant pas cultiver les mûriers et voyant périr un grand nombre de ces arbres, se sont découragés et ont renoncé à élever des vers.

(( Il n'y a pas de marché séricicole dans ces provinces! Les cocons qui se récoltent maintenant en petite quantité sont achetés par des intermédiaires qui les revendent sur les grands marchés de l'Autriche ou de l'Italie, ou bien par des marchands qui les font dévider dans les filatures du littoral illyrien. Fiume possédait l'unique filature du pays; elle est abandonnée aujourd'hui. »

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