CHAPITRE XI. — GÉOGRAPHIE ÉCONOMIQUE
Communications avec l'Inde.
Autrefois des bateaux à voile appelés « houtres », de 20 à 100 tonnes et plus, venaient en grand nombre du Gudjerat et de Mascate. Ils arrivaient vers février, favorisés par la mousson du N.-E., puis repartaient en juillet ou août, avec la mousson du S.-O, Ils faisaient souvent escale à Zanzibar et aux Comores. Ils deviennent aujourd'hui de moins en moins nombreux.
Cabotage et bornage.
Un mouvement assez important de petit cabotage se fait autour de l'île : par goélettes sur la côte Ouest et la côte Est, par boutres sur la côte Nord-Ouest et les Comores.
La C® frigorifique de Boanamary et la C'^ du batelage de Majunga ont organisé chacune un service irrégulier de cabotage par petits remorqueurs sur la côte Ouest, de Diégo-Suarez à Tuléar.
Ports.
Il n'existe, à Madagascar, aucun port convenablement outillé. Il n'y a ni digues, ni jetées, ni bassin à flot permettant aux bateaux de travailler à quai ; les quais qui existent sont rudimentaires ; cela rend long et onéreux le séjour sur rade des bateaux. Des projets sont établis pour créer des ports à Tamatave, Diégo-Suarez, Majunga, Tuléar, Manakara. Un bassin de radoub, construit à Diégo-Suarez, peut contenir des bateaux de 190 mètres de long.
Câbles.
Un câble relie Majunga à Mozambique et un autre Tamatave à la Réunion, mais ils sont fréquemment interrompus.
Trois stations importantes de T. S. F. fonctionnent à Majunga, Diégo-Suarez, Mayotte. Une autre, beaucoup plus puissante, est en construction à Tananarive. Elle reçoit déjà des messages de Bordeaux et de Lyon.
198 GÉOGRAPHIE DE MADAGASCAB
Communications intérieures.
Autrefois les voyageurs empruntaient, pour voyager dans Madagascar, la chaise à porteurs ou filanjana. Le courrier, les bagages, les marchandises étaient transportés à dos d'homme. Avec les premières routes, le filanjana fut remplacé par le poussepousse, puis par l'automobile ou le cheval, la bicyclette et la motocyclette ; les colis furent transportés par charrette à bras, puis par charrette à bœufs ou camions automobiles.
Mais, dans beaucoup de régions, le filanjana restera encore pendant longtemps le seul moyen de locomotion et le portage à dos d'homme le seul moyen de transport.
Voies fluviales. — Les principales voies sont :
La BetsihoJca-Ikopa, que remontent, mais difficilement en saison sèche, des chaloupes à vapeur et des canots à pétrole, jusqu'à Maevatana-na (245 km.). Un service, exploité par la C'* Occidentale de Madagascar, assure toutes les semaines le transport de la poste et, tous les quinze jours, celui des passagers et des marchandises.
La C* du Batelage de Majunga a le monopole d'un service bihebdomadaire sur Marovoay (80 km.).
Sur rikopa un service de chaloupes à vapeur fonctionne entre Tananarive et Tendro.
Pangalanes. — De grands travaux sont projetés ou en voie d'exécution, pour créer la « Voie fluviale de la côte Est », longue de près de 700 km. et allant de Foulpointe à Farafangana.
Actuellement les parties suivantes sont ouvertes au trafic :
1° Canal des Pangalanes d'Ivondro à Andovoranto et Brickaville : 146 km.
2° Du lac Alanampotsy au S. de la Namorona : 146 km.
3° Entre la Matitanana et Loharano.
Incessamment sera terminé le tronçon Andovoranto-Vatomandry.
Routes. — Avant la conquête il n'y avait, à Madagascar, que des sentiers pour piétons, les souverains malgaches s'é-