CHAPITRE XI. — GÉOGRAPHIE ÉCONOMIQUE
Autres ressources. — La forêt malgache offre, en outre, des ressources inépuisables et d'une infinie variété.
Le rafia, fibre produite par l'épiderme qui recouvre la partie inférieures des folioles jeunes du palmier de ce nom.
Les fibres à chapeaux provenant de cypéracées, graminées et palmiers divers et servant à faire des imitations de panama.
De la gomme copal, des gommes et résines diverses.
Beaucoup de plantes pourraient servir à la fabrication du papier : bambous, ravinala ou arbre-du-voyageur (Ravinala Madagaseariensis) zozoro (cyperus sequalis) si abondants dans les marais.
Des essaims nombreux d'abeilles fournissent quantité de miel et de cire (1087 t. en 1919). De méthodiques installations de ruchers ont été faites dans la région de Vatomandry.
Des vers-à-soie indigènes vivent à l'état sauvage sur les peuplements de tapia (Chrysopia Bojeri), de Tsitoavina (Dodonea Madagascariensis) de l'intérieur, sur certains palétuviers de la côte Ouest et fournissent une soie estimée.
Reboisements. — Des tentatives intéressantes d'exploitation rationnelle des forêts sont entreprises dans la région de l'Est, à Analamazaotra notamment. D'autre part des expériences de reboisement sont faites avec succès dans l'intérieur avec des eucalyptus : région de Fianarantsoa, et des mimosas : région d'Antsirabe.
Colonisation et cultures.
Autrefois. — Au temps du gouvernement malgache, l'indigène ne cultivait guère au-delà de ses besoins, et il ne se livrait qu'aux seules cultures vivrières : riz, manioc, patates, songes (colocasia antiquorum), maïs. Le roi Andrianampoinimerina avait su lui imposer la « loi du travail », et c'est ce qui fit la prospérité de l'Imerina. Le peuple fut <( paternellement tyrannisé, attaché à la glèbe, mené au travail ». Il serait sage, avec un peuple encore à l'état d'enfance, de revenir à d'aussi impérieuses obligations.
Aujourd'hui. — Madagascar offre un champ très vaste à la colonisation. Par la diversité de ses climats, elle se prête aux cultures les plus variées.
Vue d'ensemble. — Aux régions de l'E., du Sambirano et des Comores semblent réservées les cultures dites riches, qui demandent beaucoup de chaleur et d'humidité : vanille, cacao, café, girofle, cocotier, poivre, plantes à essences, etc.
Les régions plus sèches de l'O. conviennent à d'autres cultures tout aussi rémunératrices : manioc, pois du Cap, haricots, mais, riz, canne à sucre, kapok, coton, etc.
Le Centre semble réservé plutôt aux cultures européennes et vivrières : mûriers, arbres fruitiers, vigne, cultures maraîchères, .abac, blé, chanvre, etc.
Mais cette spécialisation est loin d'être nette. Certaines cultures se développent dans presque toutes les régions de l'île : riz, manioc, maïs notamment.
Cultures européennes et indigènes.
Région de l'Est. — La côte E. est celle qui a été le plus anciennement colonisée. Depuis longtemps des créoles de la Réunion et de Maurice s'y sont installés et y ont fait souche, d'autres colons sont venus de France. Sur certains points cette colonisation avait autrefois une certaine importance ; les de Lastelle, à Mahela, succédant aux Arnoux, et Lambert en furent les principaux pionniers. Aujourd'hui encore des colons, blancs ou métissés, malheureusement toujours trop peu nombreux, so'nt fixés au sol et le mettent progressivement en valeur.
La région a produit en 1919, 200 tonnes de vanille et 220 tonnes en 1920 ; 83 t. 500 de cacao en 1919 et 54 t. 500 en 1920, 1.424 tonnes de café en 1919 et 1.573 t. en 1920 ; 485 tonnes de girofle en 1919 et 230 t. seulement en 1920.
L'indigène y cultive le riz de montagne, semé sur l'emplacement des forêts brûlées, du maïs, du manioc, des haricots, de la canne à sucre, des bananes, etc.
Région de Nossi^Bé et du Sambirano. — Dans la région de
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Cliché figeiice Economique de Madagascar