CHAPITRE XI. — GÉOGRAPHIE ÉCONOMIQUE
cailles (Turnis nigricollis) ; des oiseaux aquatiques, très nombreux, eomjn€ espèces et comme individus : canards à bosse (Sarcidiornds melanotus) canards sauvages ou Voronandriana (Nettapus auritus), sarcelles, (Dendrocygna divers), ibis, (Ibis divers), hérons (Ardea divers), aigrettes (Ardea bulbulus), ombrettes (Scorpus ombretta), bécassines et bécasses (Himantopus autumnalis), râles (Rallus divers), etc., etc.
Les reptiles sont également très nombreux : le crocodile infecte les rivières et les lacs, même très avant dans l'iTitérieur : d'innombrables lézards : caméléons divers, gecko (Platydactylus divers), des serpents, tous inoffensifs et dont l'un, le Do (Pelophylus madag.) atteint plus de 3 m. ; des tortues terrestres (Testudo radiata), nombreuses dans le Sud et à chair estimée, des tortues marines à écaille ou Caret, abondantes dans l'O. et le N.-O.
Les poissons pullulent dans les rivières et les lacs ainsi que
dans les marais et rizières, et fournissent aux indigènes des
ressources alimentadres importantes. Les mers sont aussi extraordinairement poissonneuses, mais infestées de requins.
Les crustacés sont représentés par des langoustes, crevettes et crabes divers ; dans les ruisseaux de l'intérieur par des écrevisses. Dans la mer sont des huîtres excellentes à manger, d'autres qui donnent de petites perles, des coquillages à nacre, etc.
Madagascar est la terre d'élection des insectes. Il y en a de splendides ; papillons : urania (Urania ripheus) Comète (Actias comètes) vers-à-soie sauvages (Borocera Cajani), abeilles, fourmis, termites ou canals, arai<,'néos di. •erses dont une espoc'; Nephila madag. pourrait fournir une sorte de soie, scorpions, cent-pieds, etc., etc.
Faune disparue.
Dans les alluvions récentes des tourbières et des marais, on trouve des vestiges d'une faune disparue extrêmement curieuse ; lémuriens extraordinaires : les uns aux bras immenses et aux jambes très courtes avec des pieds énormes, les autres nette-
ment aquatiques, d'autres encore de taille gigantesque, hippopotames divers, tortues géantes, oiseaux démesurés, notamment iEpyornis pouvant atteindre 3 mètres de hauteur avec des œufs de 10 litres de capacité.
Dans les terrains plus anciens (Crétacé et Jurassique du N.-O.) on trouve des ossements de dinosauriens de taille colossale.
Chasse et pêche.
Madagascar est le paradis du chasseur et du pêcheur.
S'il n'y a point, comme dans d'autres régions tropicales, de grands mammifères et de grands fauves, il y a beaucoup de sangliers, des quantités de lémuriens à la jolie fourrure et une grande diversité de gibier à plume. Les marais regorgent d'oiseaux aquatiques et d'échassiers ; dans les plaines les pintades vivent par grosses bandes et, sous les couverts, des pigeons variés et d'innombrables volatiles semblent s'offrir au chasseur.
Quant à la pêche, du jour où l'on appliquera aux mers qui entourent Madagascar, les procédés perfectionnés en usage en Europe avec un outillage approprié, des industries extrêmement florissantes pourront être créées avec un succès absolument assuré.