CHAPITHE XI. — GÉOGRAPHIE ÉCONOMIQUE
Des essais d'acclimatation de chèvres angora se poursuivent à Tuléar.
Porcs. — Le porc malgache appartient à la race d'Asie et s'engraisse facilement. Il est rare sur la côte, où la population est musulmane ou islamisée. Son élevage, très facile et peu coûteux, se fait surtout dans l'intérieur. Des reproducteurs d'Europe y ont été introduits et donnent d'excellents sujets croisés ou de race pure.
Il y avait, en 1919, environ 450.000 porcs. Un abattage inconsidéré a fait beaucoup diminuer leur nombre qui dépassait 550.000 en 1917,
Les principales régions d'élevage sont :
Itasy : 150.000 porcs.
Vakin'Ankaratra : 115.000 —
Fianarantsoa : 75.000 —
Ambositra : 30.000 —
Ankazobe 30.000 —
Maevatanana : 25.000 —
Quelques installations se créent sur les Hauts-plateaux : fabriques de saindoux, de conserves, de salaisons, de charcuterie. 11 a été exporté : Porc salé 200 t. en 1919 et 363 t. en 1920, plus 650 t. de porc frigorifié, charcuterie 20 t. en 1919 et 30 t. en 1920, saindoux 1.100 t. en 1919 et 1.858 t. en 1920, soies de porc 4 t. 500 en 1919 et près de 6 t. en 1920, le tout provenant principalement des environs de Tananarive, Antsirabe, Fianarantsoa et valant plus de 6 millions de francs pour 1919 et plus de 12 millions et demi pour 1920.
Autruches. — Les cinq premiers couples d'autruches furent importés à Tuléar en 1902. Il y a aujourd'hui plus de 800 oiseaux qui commencent à donner de belles plumes. L'acclimatement semble devoir réussir.
Une autrucherie officielle est installée près de Tuléar et la Colonie y poursuit des expériences de sélection. Elle est imitée par trois colons de la province.
Oiseaux de basse^cour. — Il y a, à Madagascar, un grand nombre d'oiseaux de basse-cour : poules, dindons, canards, oies. La poule est partout répandue. Elle est mauvaise pondeuse. La pintade, qui vit à l'état sauvage, s'apprivoise très facilement.
Les dindons sont surtout élevés dans le Centre, ainsi que les canards et les oies, qui se plaisent dans les marais et les rizières.
Faune.
Faune actuelle.
Madagascar est extrêmement intéressant par sa faune, qui n'a d'affimté avec aucune autre faune actuelle de globe. Comme les espèces végétales, les espèces animales sont des plus nombreuses, mais les individus sont, en général, rares et étroitement localisés. Il n'y a ni bêtes fauves, ni serpents venimeux, ni animaux dangereux, en dehors des crocodiles et des requins. Dans les forêts et dans la brousse on est partout en absolue sécurité.
Les mammifères sont représentés par des Lémuriens ou Maki, très nombreux, dont la taille varie de 1 m. à quelques centimètres, de grandes chauves-souris ou fanihy (Pteropus Edwardsi) des carnassiers comme le fosa (Cryptoprocta ferox), des civettes (Viverra Schlegeli), des insectivores : trandraka (Centetes écaudatus) sorte de hérisson, et des sangliers (Potamocherus Edwardsi) grands destructeurs de récoltes. Dans la mer vivent des sortes de lamantins ou trozona (Physeta macrocephalus). Les baleines, autrefois abondantes dans le Sud-Ouest, ont a peu près disparu.
Les oiseaux comptent un grand nombre d'espèces propres à l'île. Citons : le papango (Milvus aegyptius), le hitsikitsika (Tinnunculus Newtoni), des rapaces nocturnes ou vorondolo (Strix flammea), des perroquets gris (Coracopsis divers), des perruches vertes (Psittacula Madagascariensis), des corbeaux noirs à plastron blanc (Corvus scopulatus), des nectarinées à plumes irisées (Nectarina divers), des cardinaux (Fodia madag.), des pigeon.s bleus (Finungus madag.), ou verts (Vinago australis), des pintades (Numida tiarata), des perdrix (Margaroperdix striata), des