CHAPITRE XI
GEOGEAPHIE ECONOMIQUE
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Fig. 19. — Productions minières
220 GKOGEAPHIE DE MADAGASCAR
prendre des sondages pour la recherche du pétrole. Ils sont en cours d'exécution.
Plus au N., à Bemolanga, entre les vallées du Manambao et de la Mitsiotaka, affluent du Ranobe, on trouve, sur une grande surface, des grès imprégnés d'asphalte, devenant de plus en plus visqueux à mesure que l'on s'éloigne de la surface. Il existe, en outre, des suintements de pissasphaltes. L'exploitation directe de ces affleurements est envisagée pour l'extraction des produits hydrocarbures : essences, huiles lampantes et de graissage, etc., etc.
Phosphates minéraux. — Des nodules de phosphate ont été signalés dans le Crétacé des environs d'Ambato et de Sitampiky.
Dans certains îlots coralliens ; Europa, Ghesterfield, Juan de Nova, il existe, non pas du guano, mais une carapace de phosphate de chaux provenant de la réaction des produits solubles du guano d'oiseaux de mer sur les coraux. Il est vraisemblable qu'il en est ainsi aux Glorieuses et dans les Nosy-Mitsao.
Mica. — Le mica est très répandu et se trouve sous deux formes :
La miiscovîte, qui se présente en plaques transparentes, est abondante dans les pegmatites de la région du lac Alaotra ; elle est employée pour remplacer le verre et comme matière isolante en électricité.
La phlogopite, qui forme de grandes plaques brunes, jaunes ou noires, transparentes seulement en lames minces ; elle est employée à peu près uniquement pour ses propriétés isolantes. Elle est exploitée dans la région de Fort-Dauphin et à Volonandrongo, sur la Mania.
Amiante. — Il existe en de nombreux points de la côte Est, sur rifontsy et l'Onibe notamment. Les gisements ne sont pas exploités.
Métal précieux.
L'or. - — L'or se trouve à peu près partout dans le massif
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cristallin de Madagascar, mais il n'est pas partout en quantité exploitable.
Jean Laborde fut le premier à signaler l'existence des paillettes de métal précieux dans le lit de quelques cours d'eau, mais les souverains merina interdirent prospections et exploitations sous peine de sanctions très sévères, voulant ainsi éviter l'envahissement de leur pays par les étrangers.
Il fut exploité sérieusement pour la première fois, en 1885, par M. Suberbie, dans la région de Maevatanana, de compte à demi avec le 1" Ministre. Après la conquête un grand nombre d'Européens se livrèrent à une prospection intensive. Ils eurent recours, pour l'exploitation, aux procédés malgaches de la bâtée et du lakan-tany, sorte de sluice primitif creusé dans le sol, et à des appareils plus perfectionnés, ou broyèrent les quartz des Slons avec de lourds pilons.
Les gisements d'or présentent deux types différents : gisements en place et gisements remaniés.
Gisements en place. — Dans toute l'étendue de la région des schistes cristallins il n'existe pas de filons coupant les couches, mais seulement des veinules interstratifiées dans les couches, et contemporaines de leur métamorphisme. L'or se rencontre aussi comme élément constitutif des schistes et micaschistes, et, par conséquent, dans les argiles lafcéritiques provenant de leur décomposition. Cet or est toujours à très haut titre : 0.975 en moyenne, quelquefois plus de 0.995.
Dans la région d'Andavakoera seulement, existent de vrais filons, mais l'or que l'on y trouve renferme une assez grande proportion d'argent et ne titre plus guère que 0.750 en moyenne.
Gisements remaniés. — Les gisements remaniés sont dans les éluvions et les alluvions. Les éluvions ou terres de montagne, sont généralement pauvres ; l'or n'y est pas roulé ; c'est la zone des pépites. Dans les, alluvions l'or est roulé et se présente le plus souvent sous forme de paillettes.
Les gisements alluvionnaires et éluvionnaires les plus riches sont dans les vallées du Sakaleona, du Fanantara, du Mananjary, de l'Ampoasary, à l'Est ; du Dabolava, de l'Antsaily, de
l'Andovoka, du Rafiatokana à l'Ouest ; de la Betsiboka et de rikopa au Nord-Ouest ; du Sisaony, de l'Onive, du Sakay et du Kitsamby au Centre.
La production de l'or a beaucoup baissé pendant la guerre. Le maximum s'est produit en 1909, où il atteignit 3.696 kilg. à cause du gros rendement des placers d'Andavakoera, puis la production a régulièrement baissé, sauf un léger relèvement en 1915, pour retomber à 844 k. en 1918, à 561 en 1919 et à 518 en 1920.
Quant à la consommation locale elle est passée de 8 kilos environ en 1905, à 10 kilos en 1913, à près de 260 en 1918 pour tomber à 131 en 1920.
Argent. — Les minerais de plomb dont nous avons déjà parlé sont tous plus ou moins argentifères. De même l'or d'Andavakoera contient une assez grande quantité d'argent, mais aucun gisement d'argent proprement dit n'a encore été signalé.
Platine. — Des traces de platine ont été signalées dans certains cours d'eau du Sud-Est.
Pierres précieuses et cristaux.
Madagascar est la seule colonie française qui renferme des gemmes. C'est surtout depuis 1908 que leur exploitation a pris de l'importance ; elles commencent à être connues sur les marchés du monde entier et atteignent des prix élevés.
A l'exception des grenats, qui proviennent du gneiss, toutes les gemmes malgaches se trouvent dans les pegmatites. On les exploite en place ou dans les éluvions.
Béryl vert, bleu, rose. — Les béryls sont surtout abondants. Madagascar est le « pays des béryls ». Ils se rencontrent dans les quartz et les pegmatites. Les régions de Tsaratanana Ankazobe, Fianarantsoa-sud en produisent beaucoup. Les couleurs les plus estimées sont le bleu vert (algue marine) et le rose foncé. Cette dernière couleur est spéciale aux pierres de Madagascar. Quant aux béryls bleus et verts, ils soutiennent la comparaison avec ceux du Brésil. Les béryls givrés, non utili-