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CHAPITRE II. — GÉOLOGIE

elle ne forme que localement, en particulier sur ces plateaux horizontaux semi-désertiques appelés tampoketsa et sur certaines coulées basaltiques de l'Ouest, une cuirasse dure et résistante, comparable à celle qui est si fréquente en Guinée. La terre rouge est donc essentiellement une argile contenant un pourcentage variable d'hydrates libres, une argile se coupant facilement à la bêche, quand elle est humide, mais n'y collant pas à la façon des argiles ordinaires. Par dessication au soleil elle devient dure tout en restant friable sous le choc du marteau. Elle constitue à la surface du sol une croûte que ne délaie pas la pluie, l'eau ruisselle sur elle sans la transformer en boue, mais elle la rend glissante comme du savon. L'épaisseur de cette terre rouge est souvent considérable : elle atteint fréquemment plusieurs dizaines de mètres.

Cette altération consiste en une transformation chimique déterminée au-dessus du niveau hydrostatique grâce aux intenses précipitations atmosphériques qui s'effectuent à une température moyenne assez élevée et jamais très basse.

Toutefois l'eau n'exerce pas seulement une action chimique. La dissolution d'une partie de leurs éléments constitutifs détermine, dans les roches, une diminution de volume, et un affaiblissement de la cohésion ; elle facilite l'entraînement mécanique, par ruissellement, de toutes les particules peu cohérentes et légères.

Ce simple ruissellement superficiel agit lentement mais sûrement. Il laisse sur les sommets, sur les flancs des montagnes et des collines au bas des pentes, où ils ont coulé, les minéraux lourds et non oxydables, tels que le quartz, les métaux précieux, les minerais de fer et quantité d'autres substances. Leurs fragments, leurs cristaux, ne sont pas arrondis ; les faces de ces derniers restent planes et souvent brillantes, leurs angles vifs ; ils sont seulement et parfois encroûté.s d'oxyde de fer ou de manganèse, produits au cours de lo désagrégation de leur gangue.

Ces terres rouges, enrichies en minéraux denses et inaltérés par une préparation mécanique naturelle eft'ectuée sur place, sont ce que l'on appelle des éluvionx, par opposition aux alluvions qui résultent d'un phénomène plus brutal, suite naturelle de l'éluvionnement. Peu à peu, en effet, les actions torrentielles dégradent les éluvions, entraînent tumultueusement leurs matériaux dans le thalweg des ravins, d'où ils roulent jusqu'aux ruisseaux, aux rivières et aux fleuves. Là se confirme le vieux proverbe que « pierre qui roule n'amasse pas mousse » ; les cristaux sont brisés, leurs angles arrondis, et quelle que soit la dureté du minéral, si le parcours est long

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et lors même que ses voisins ne sont pas très durs, il est réduit à l'état de simple galet ; au milieu de la forêt de l'Est, j'ai recueilli dans les lavages aurifères d'Ifempina, au N. d'Ambohimahasoa, de ces galets arrondis et à surface aussi polie que celle des cailloux calcaires de la Seine et qui sont formés par un seul cristal de corindon opaque, ou de topaze transparente et incolore, minéraux dont la grande dureté est connue.

A. Lacroix.

Revne Scientifique, (24 juillet — 14 août 1920).

Conférence svr les industries minérales non métallifères à Madagascar.

■ BIBLIOGRAPHIE

Lacroix. — Minéralogie de Madagascar. — Paris, 1922. 2 volumes avec carte géologique et planches. Esquisse géologique, p. p. 19-148.

Lemoikë. — Etudes géologiques dans le N. de Madagascar. — Paris, 1908. 1 vol. avec coures et 1 carte géologique hors-texte.

Perrier de la Bathie. — Notes sur la vallée permo-triasique et le contact des terrains métamorphiques et des terrains sédimentaires dans rO. de Madagascar. Bull. Econ. Madag., n' 2, 1912.

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