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CHAPITRE III. — RFLIEF DU SOL

« Ces limites, aujourd'hui très exactement connues, sont « d'un dessin très simple ; le plateau est un quadrilatère, « les lignes occidentales sont remarquablement droites, les « lignes Nord-Sud au contraire très brisées, surtout la ligne « nord ; l'angle Nord-Ouest est à Makaraingo, l'angle Sud- <( Est à Analalaory.

« Les limites sont d'ailleurs en général, extrêmement nettes. « De tous les côtés le plateau se termine par des à-pics de « plusieurs centaines de mètres ; c'est une muraille, parfois « bastionnée, plus ou moins rompue de brèches par où « s'échappent les fleuves, mais, somme toute, d'une remara quable continuité. Par quelque sentier que l'on descende des « hauts plateaux, ce sentier, à un moment donné, dégringole « toujours dans un précipice, au bas duquel on pénètre dans « la zone torride après avoir laissé là-haut le climat plus « ou moins tempéré des montagnes. En règle générale il n'y « a pas de transition. Sur une carte à petite échelle on n'ar- « rive pas à rapprocher assez les courbes de niveau pour « donner une idée exacte de la rapidité de la chute.

a Dans l'Ouest, au-dessus d'Ankavandra, au-dessous de « de Janjina, une pente de 30° à peine conduit de 1.000 à « 150 m. d'altitude. Dans le Sud Tamotamo et Tsivory (350 « m.) sont surplombés au Nord, par une muraille de « 1.200 m. parfois 1.400. Au N. le sentier qui va de Tana- « narive à Majunga, par la rive droite de la Betsiboka, dé- « gringole en quelques heures des sommets d'Antongodrahoja « (1.400 m.) aux plaines du Boueni (100 m. à peine). Le plus « pittoresque, à ma connaissance, des bastions terminaux du « haut plateau est celui d'Ambiniviny, au S. de Mandrio tsara. Tandis que, dans la majorité des cas, la muraille « terminale s'adoucit en talus très rapide, mais terreux, plus 0 ou moins vêtu de végétation h/erbacée, l'Ambiniviny « (1.000 m.) descend sur la vallée en contre-bas, (350 à 400 « m.) en un mur strictement vertical, de roc nu, GOO m. île « précipice, et ce phénomène naturel se prolonge sur des kilo- « mètres à perte de vue. Baron trouve qu'on a presque le « vertige à le regarder de bas en haut. Qu'est-ce que ce serait, « ajoute-t-il, de haut en bas !

« La dénivellation la plus forte est peut-être sur la côte « Est. La route qui va de Farafangana à Fianarantsoa esca- « lade, à un moment donné, une pente boisée dont le sommet « a 1.200 m. et le pied 2 ou 300 à peine : c'est la montre € d'Ankitsika. « Les hauts plateaux tombent en un gradin « gigantesque, d'apparence perpendiculaire... ; longeant le « sommet, festonnant au-dessus des précipices, règne la grande « forêt. D'innombrables rivières tombent de cette terrasse en

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« cascades magnifiques. L'une d'elles, quand on la connaîtra

c mieux, sera probablement au nombre des cataractes fa-

c meuses du monde ; un volume d'eau considérable — c'est

t une branche de la Matitanana — tombe, à la lettre, dans

« un précipice qui nous a paru, à 6 milles de distance, avoir

« au moins 600 pieds de baut, et, dans sa cliute, se brise naturellement en nuages de gouttelettes. (Antananarivo

c Annual, t. m, p. 267.)

« Sur le pays des Tanala indépendants, ou Tanala d'I-

« kongo, Besson écrit : « Une grande falaise s'élève presque

« à pic entre les plateaux et la vallée des Tanala. La diffé-

« rence d'altitude est d'environ 600 m. ; cette dénivellation

« considérable, qui se produit, pour ainsi dire, brusquement,

« donne naissance à une sorte de muraille naturelle, haute de

« 500 m., dont les flancs presque verticaux sont entièrement

a couverts de grands arbres Cette grande falaise boisée se

« continue, à peu près sans coupure, du N. au S. du pays des

« Tanala indépendants, lui servant ainsi de rempart naturel

« du côté de l'Ouest. Le plateau de l'Ikongo lui-même, qui

« est séparé du massif d'Ambondrombe auquel il paraît

« s'appuyer, n'en est, en quelque sorte, qu'un énorme pan de

« mur isolé et comme détaché. {Société de Géog., 3° trim.

« De quelque côté que l'on aborde les hauts plateaux, est, « ouest, sud ou nord, on rencontre toujours le même obstacle « abrupt, plus ou moins pittoresque ou plus ou moins accen- « tué. Sur la route du corps expéditionnaire, tout particu- « lièrement favorisée pourtant, puisqu'elle suit la vallée de « l'Ikopa, la côte 500 est restée célèbre ; la route y franchit « en lacets un versant de 400 m. à côté duquel se trouve « la grande cascade ».

« L'une des conséquences, et l'une des preuves de cette « terminaison uniformément abrupte des hauts plateaux, « c'est que les fleuves, pour grands qu'il soient, ne deviennent « navigables avec continuité que lorsqu'ils en sortent. Les « grands fleuves de l'Ouest : Ikopa à Ambodiroka, Mahajilo « auprès de Miandrivazo, débouchent en oataractes dans la « plaine sakalava.

« Une des difficultés que rencontrait la construction du « chemin de fer entre Tamatave et Tananarive était la re- « cherche d'une rampe d'accès. On l'a trouvée dans le couloir « sinueux au fond duquel coule une petite rivière : la

« Vohitra ».

E. F. Gautier, Madagascar. Essai de Géographie Physique, pp. 106-110.

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