CHAPITRE III. — RELIEF DU SOL
Plus vers la mer sont des chaînes de collines moins saillantes et qui, comme les chaînes précédentes, ne sont autre que la tranche orientale de plateaux sédimentaires, mais plus récents. Ce sont, du S. au N. : l'Analavelona entre le Fiherenana et le Mangoky ; la chaîne des collines du Menabe qui va du Mangoky à la Tsiribihina et dont les principales sont l'Ambohibitika, l'Anjiamena et l'Anjiafotsy ; au delà, cette chaîne se confond avec le Bemara. Au N.-O., entre l'Andranomena et la Loza, est la chaîne des collines de l'Ambongo et du Boina qui comprend : le Tsitondroina, entre la Mahavavy et la Betsiboka, l'Ankarafantsika, entre la Betsiboka et la Mahajamba, le Bongo-Lava du N., entre la Mahajamba et le Bemarivo, et le Manasamody, entre la Sofia et la Loza.
Sur ce versant N.-O. on peut encore signaler l'Ambohitrosy dans la région du Cap St.-André, la falaise si curieuse de l'Ankara du N., entre la Mananjeby et l'Andranomandevy, et, tout au nord, le massif volcanique d'Ambre, tout à fait isolé.
Le S. n'est qu'une vaste pénéplaine en pente douce du centre jusqu'à la mer.
Plateaux secondaires du versant Ouest. — La majeure partie des chaînes que nous venons de signaler ne sont, avonsnous dit, que la tranche est de plateaux sédimentaires mise en relief par l'érosion. Les principaux de ces plateaux sont, du S. au N. : les « causses » du pays Mahafaly, terminés, tant du côté de la mer que du côté des terres, par une falaise peu saillante, de 90 m. environ de hauteur ; le plateau Bara entre rOnilahy et le Mangoky ; les plateaux si bizarrement érosés de TAntsingy entre la Tsiribihina et la Ranobe ; le plateau d'Ikavo entre le Sambao et la Mahavavy de l'O. ; le plateau d'Ankara de rO. entre la Mahavavy et l'Ikopa.
Plaines. — Les grandes plaines sont localisées sur le versant 0. Il ne peut y en avoir sur le versant E., les contreforts des montagnes étant trop rapprochés de la mer. Celles qui existent dans l'intérieur sont des cuvettes de lacs anciens, depuis longtemps disparus ou en voie d'assèchement.
Nord-Ouest. — Nous distinguerons dans l'Ouest qaatre grands groupes, dépendant géographiquement d'un port, et se-
parés entre eux et des autres régions, par des espaces immenses, mais déserts et peu fertiles, propres seulement à l'élevage. Dans le Nord-Ouest nous citerons le groupe des plaines de la Mahavavy et du Sambirano, avec Nossi-Bé comme port naturel ; puis le groupe des plaines de Majunga comprenant : celles de la Mahajamba, formées des alluvions de. la Sofia et de la Mahajamba, la plaine de Marovoay, formée des alluvions de la Betsiboka, la plaine du Boina formée des alluvions de la Mahavavy de rO., autour du lac Kinkony.
Ouest. — A l'Ouest sont, du N. au S. : le groupe de la Tsiribihina, comprenant de vastes plaines alluvionnaires qui s'étendent, d'une part entre le Bongo-Lava et el Bemara, — celles-ci peu fertiles — et d'autre part, tout le long de la côte, les bassins inférieurs du Manambolo, de la Tsiribihina, du Mangoky, et le groupe de Tuléar qui comprend le bassin du Fiherenana et de rOnilahy. Ces plaines sont en grande partie inondées à chaque saison des pluies et, par cela même, fertilisées. Elles conviendraient admirablement à la culture du coton.
Centre. — Dans le centre et la lisière Est il existe des plaines d'étendue plus ou moins grande. A peu près toutes sont des cuvettes lacustres : Plaine Sihanaka, plaine d'Ankay, de Tananarive, Sambaina, etc., de Bealanana, Mangindrano, Anosimboahangy, etc., etc.
Snd. — Dans le S. la pénéplaine rocailleuse de l'Androy est mal arrosée et presque sans pluie.
LECTURE
L'Orogénie de Madagascar.
« On sait depuis 30 ans, que le trait dominant de Torogra- « phie malgache est l'existence d'un immense plateau central. « A cet égard l'esquisse publiée par Grandidier, en 1872, a « fait époque ; antérieurement à elle, toutes les cartes de < Madagascar ont une orographie fantaisiste. Cette esquisse « indique déjà le plateau avec presque toutes ses limites « véritables.