CHAPITRE IV. — CLIMATS
L'isolement de l'enclave de Diégo-Suarez n'est pas très ancien. Un affaissement géologiquement récent, qui se continue encore de nos jours, a modifié la côte N.-O. Avant ce mouvement il devait exister, à i'O. et au N. de Nossi-Bé, des terres basses, aujourd'hui immergées, qui reliaient la région de Diego- Suarez au reste de l'Ouest^
LECTURE Indices Précurfseur des Cyelones
« Ces redoutables tempêtes sont précédées le plus souvent et « parfois plusieurs jours d'avance, par des signes caractéris- « tiques qu'une observation patiente permet de distinguer et « qu'on n'oublie plus lorsqu'on les a vus une fois.
« En première ligne il faut placer les cirrus, petits nuages « blancs, déliés et filamenteux, flottant dans l'atmosphère à de « très grandes hauteurs. Les marins et les cultivateurs les con- « naissent sous le nom de barbes de chat. D'ordinaire on les « voit apparaître quatre ou cinq jours avant l'arrivée d'un « cyclone, se modifiant sans cesse, se soudant les uns aux « autres, et finissant par donner au ciel un aspect laiteux et « pommelé. Dès que le cyclone s'approche et menace une ré- « gion, les levers et couchers du soleil y prennent un aspect « de sauvage grandeur. La nature les pare de couleurs violentes « où dominent des teintes anormales : jaune soufre, rouge « sang, vert clair, bleu turquoise, que parsèment des plaques « couleur cuivre rouge à reflets d'incendie. Presque toujours, « et d'ordinaire, la veille du météore, le ccucher du soleil se « fait au-dessous d'une énorme panne de nimbus épais, dans « une bande rouge sang. Détail à noter : la veille des deux « cyclones que nous avons observés à Madagascar, nous avons « vu les bords de cette panne se franger d'une sorte d'arc-en- « ciel qui en épousait tous les contours. Les nuits qui précèa dent, la dernière surtout, offrent le plus souvent des signes « très caractéristiques : le ciel est laiteux, l'atmosphère perd t sa trans{)arence, l'éclat des étoiles s'atténue et se voile, et, « s'il y a de la lune, les halos sont fréquents et parfois com-
(1) Voir la carte des relations, mise en tète du volume, où les courbes balhymétriques indiquent l'existence des hauts fonds le long de la côte.
« plets. On a de plus constaté, sur la côte, que la brise de
« terre, qui souffle toutes les nuits vers le large, cesse la veille
« du phénomène et parfois plusieurs jours auparavant.
« Le thermomètre semble donner aussi un indice, et il
« paraît constaté que, deux jours avant l'apparition du fléau,
« et jusqu'au moment où il commence à sévir, la température
« se tient à 1; ou 2 degrés au-dessus de la moyenne des jours
« précédents. Enfin, lorsque la zone d'influence se rapproche,
« le ciel prend un aspect livide, la clarté du jour s'atténue,
« d'incessants nuages très bas, effilochés, se succèdent, empor-
« tés dans une course folle. C'est alors que les animaux donnent
« des signes d'inquiétude et qu'on voit notamment les oiseaux
« du large rallier la terre à tire d'ailes.
« Il est bien rare qu'un cyclone ne s'annonce pas plusieurs « jours d'avance, ou tout au moins la veille, par la plupart « des symptômes qui viennent d'être indiqués, et qu'il est « utile par conséquent de connaître et de suivre. Si ces sympa tomes se manifestent nettement, on aura la certitude absolue, « non qu'on subira l'influence directe d'un de ces météores, « mais, tout au moins, que l'un d'eux se déplace dans des « régions voisines et qu'on en ressentira le contre-coup sur la « côte, sous forme d'un ras-de-marée. Ces derniers phénomènes « sont, en effet, to'ujours la conséquence d'un cyclone ; mais « celui-ci étant parfois éloigné de plusieurs centaines de « milles, les ras-de-marée qu'il occasionne peuvent être « ressentis sans que le baromètre ait donné aucune indication.
« Les cyclones se produisent à Madagascar pendant
« l'hivernage, de fin septembre à fin mars. On en a vu cepen- « dant quelquefois en avril. Le mois de beaucoup le plus dan- « gereux est le mois de février ; viennent ensuite mars et « janvier. Les cyclones sont beaucoup plus rares en octobre, € novembre et décembre. »
Faucon. Les cyclones à Madagascar.
J. 0. de Madag. N° du 4 décembre 1901, (pp. 6.747-6.752).
BIBLIOGRAPHIE
R. P. Colin. — La température, la pluie, les cyclones à Madagascar. — Bull. Acad. Malg., 1912.
— La pression atmosphérique. — Variations accidentelles de la
pression atmosphérique. Bull. Acad. Malg., 19)3.
— Les cyclones à Madagascar. — Bull. Acad. Malg., 1905 et 19H. H. Perrier de la Bathie. — La Végétation Malgache. — Annales du Musée
Colonial de Marseille. 1 vol. avec cartes des forêts. 1921.