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CHAPITRE VI. — HYDROGRAPHIE

n'est navigable, même pour les pirogues, que par endroits, son cours étant très encombré de rapides et de rochers.

Son seul affluent important est l'Onive (le grand fleuve) qui prend sa source au Vontovorona (2.056 m.) et draine les eaux du versant E. de l'Ankaratra. Il coule vers le N. jusqu'aux monts des environs d'Ambatolampy, puis se dirige vers l'Est jusqu'à son confluent.

La Mananara (qui a des pierres) est formée de la réunion de trois rivières : la Menarahaka, l'Itomampy, l'Ionaivo.

La Menarahaka prend sa source au plateau élevé de Lamboany et longe le sud des massifs de l'Andringitra et du Tsitongambalala. Elle semble être, par sa direction, l'origine de la Mananara.

L'Itomampy et l'Ionaivo, contrairement aux autres cours d'eau de la région, coulent d'abord du S. au N., dans une région extrêmement tourmentée. L'Itomampy conserve cette direction jusqu'à son confluent, mais l'Ionaivo fait un brusque coude à sa rencontre avec la chaîne de Revondro et se dirige vers l'E.-S.-E.

Cours d'eau secondaires. — Les principaux cours d'eau secondaires sont :

Le Manamhato.

Le Bemarivo ou Androranga .

L' Ataimhalala, (où il y a des excréments de sauterelles) qui prend sa source à l'Ambinanitelo et se jette dans la baie d'Antongil.

Le Maningory, qui sert de déversoir au lac Alaotra.

VOnihe, qui prend sa source dans les hauteurs de l'E. d'Ambatondrazaka et se jette dans la mer près de Foulpointe.

L'ivondrona, prend sa source dans le massif assez élevé qui sépare les marais de Didy de ceux d'Andaingo, et se jette près de Tamatave. Son cours n'est pas navigable.

Vlhnroka, qui descend des monts de Beforona. Elle est grossie de la Vohitra et celle-ci de la Sahantandra. Le chemin de fer suit leurs vallées.

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Le Mananjary, prend sa source à l'Ambohitsiazo, coule du N. au S., jusqu'aux monts d'Itsitola qui le font obliquer vers l'Est.

Le Faraony, prend sa source à l'Ambohifanja (1.462 m.) contourne le Tsitondroina et coule ensuite dans une vallée riche et peuplée.

La Matitanana, prend sa source dans l'Ikongo et se jette dans la mer non loin de Vohipeno.

Lacs et lagunes.

Il existe à Madagascar un certain nombre de lacs. L'un d'eux est le dernier vestige d'on lac, autrefois beaucoup plus important et qui se comble peu à peu. D'autres semblent d'origine récente et servent généralement de régulateurs aux fleuves sur les bords desquels ils se sont formés.

Lacs anciens. — A une époque géologique récente, il existait sur le versant E,, dans la grande faille comprise entre les gradins de l'Angavo et les monts Betsimisaraka, une série de grands lacs dont le lac Alaotra est actuellement le seul reste. Ils furent très probablement produits par un mouvement vertical d'exhaussement du gradin E. sur le gradin 0. L'un de ces lacs occupait toute la dépression marécageuse qui entoure le lac Alaotra actuel. Il formait au S. deux golfes profonds sur l'emplacement des vallées d'Ambatondrazaka et de Manakambahiny. A l'E. et au N., il ne s'écartait guère des limites actuelles, mais au N.-O. et à l'O. il s'enfonçait assez loin dans les vallées qui découpent la falaise de l'Angavo.

Un autre, très allongé, occupait la plaine de l'Ankay, c'està-dire toute la vallée du Mangoro depuis Amboasary au N. jusqu'à Anosibe au S. Il était séparé du précédent par le seuil de Vohidrazana, d'une quarantaine de km. de largeur.

Au N. du premier il y en avait un autre qui occupait la dépression d'Anosimboahangy.

D'autres lacs, aujourd'hui complètement desséchés, existaient entre Tananarive et le massif de l'Ankaizina, dans la

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région où le massif Central est profondément disloqué par des séries de vallées transversales. Leurs cuvettes semblent avoir été produites par des effondrements : ce sont celles de Tananarive (plaine de Betsimitatatra), d'Andriba, de Lanihay, et au N., celles de Mangindrano et de Bealanana, dans l'Ankaizina.

Lacs actuels. — Le plus grand des lacs actuels est le lac Alaotray qui a environ^ 40 km. de long sur 10 à 12 de large. C'est une masse d'eau limoneuse peu profonde, dont le niveau baisse de jour en jour, entourée à l'O. de marais herbeux qui en rendent les contours indécis. En saison des pluies ses eaux s'étalent assez loin et, en se retirant, découvrent des rizières fertiles mais malsaines. Il y a dans le lac beaucoup de poissons et, sur ses bords, beaucoup de gibier.

Le lac Itasy est situé dans la région volcanique qui s'étend à rO. de Miarinarivo. Il recouvre, fort probablement, une vallée barrée par un cratère d'explosion. Ses contours sont irréguliers. Il mesure environ 10 km. dans ses deux plus grandes dimensions. Sa profondeur ne dépasse pas 10 m. Il est aussi très poissonneux et très giboyeux.

Lacs fluviaux. — Le long de la côte 0. les cours d'eau principaux sont bordés, sur les deux rives, dans leur cours inférieur, d'une série de petits lacs qui les régularisent. Les crues les remplissent en saison des pluies, diminuant la violence des inondations ; ils se vident ensuite lentement en saison sèche, alimentant les cours d'eau de leurs réserves.

Les principaux sont : le lac Kinkony qui s'écoule par la Mahavavy de l'O., le lac Befotaka qui s'écoule dans le Manambolo, les lacs Hima et Andranomena qui sont sur la rive droite de la Tsiribihina.

Au Sud du Mangoky est le lac lotry qui semble ne pas avoir d'écoulement vers la mer.

Lagunes de la côte Est et lacs lagunaires.

Sur la côte E., depuis l'Ivoloina jusqu'à Fort-Dauphin, s'étend un .système unique au monde, de lagunes et de che-

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naux, d'environ 600 km. de long. Nous en avons expliqué d'auire part la formation. Il est presque continu de l'embouchure de rivondrona à celle de la Matitanana, sur une longueur do 450 km. Lagunes et chenaux sont séparés par 21 petits isthmes ou « pangalanes » d'une longueur totale de 46 km. qu'il suffirait de percer pour avoir une voie navigable d'une inappréciable utilité. Cela est déjà fait entre Tamatave et Vatomandry et se continue plus au Sud. Avant l'achèvement de la voie ferrée, voyageurs et marchandises empruntaient, entre Ivondrona et Andovoranto, le canal ainsi tracé.

Quelques-unes de ces lagunes sont assez importantes pour mériter le nom de lac : tels sont les lacs de Nosy-Ve et Rasoabe, au S. de Tamatave.

Sur la côte 0., dans le pays Mahafaly, se trouve le lac Tsimanampetsotsa (ou mieux, Sihanampetsa, lac de la boue) masse très allongée, formée entre deux dunes, d'ume profondeur ne dépassant pas deux mètres, dont le fond est formé d'une boue blanche de 2 à 4 m. d'épaisseur, à laquelle il doit son nom, et dont les eaux, chargées de calcaire, magnésie et sel, sont impropres à la consommation et ne renferment aucun poisson.

Lacs cratères. — Les cratères d'un certain nombre de volcans de M'adagascar se sont transformés en lacs dont quelques-uns sont très pittoresques. De ce nombre est le chapelet des lacs qui se dérobent sous l'épais massif forestier de la montag-ne d'Ambre : Petit-Lac, Grand-Lac, etc., etc.. D'autres, aux parois dénudées, existent à Nossi-Bé, dans la région du Tanilatsaka. Dans le Massif Central, enfin, nous citerons le lac Tritriva aux environs d'Antsirabe.

Sources thermales.

Si les volcans de Madagascar sont éteints depuis longtemps, il existe néanmoins, dans leur voisinage, un grand nombre de sources thermales que les indigènes désignent sous le nom de « Ranomafana » eaux chaudes, ou « Ranomandevy ». eaux bouillonnantes ». Certaines de ces eaux ont des vertus curatives remarquables ot jouissent d'une certaine renommée :

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