CHAPITRE VI, — HYDROGRAPHIE
celles d'Antsirabe notamment, qa'on appelle le Viehy malgache. L'étude des propriétés de ces eaux thermales se poursuit activement.
LECTURE
L'histoire des sources d'Antsiravazo (Antsirabe).
« Nous pouvons aujourd'hui esquisser une histoire des « sources d'Antsiravazo qui ne comporte plus, comme point « encore hypothétique, que l'emplacement exact des griffons « originels. Elle comprend les phases suivantes :
« 1° Formation des sources sur le flanc d'une vallée creusée « dans les gneiss parallèlement aux premières coulées basal- « tiques de l'Ankaratra, c'est-à-dire bien postérieurement à « cette première période éruptive, sur une zone ébranlée «f voisine de l'emplacement futur du Vohidronono, entre les « deux collines, alors plus élevées, d'Ampataka et d'Ambo- « hidravaka. Des lambeaux de ces coulées se voient encore sur a la rive gaaiche de la Sahatsio, reposant sur des gneiss situés « à 100 m. plus haut que ceux du vallon d'Antsiravazo. Le « temps qui sépare la date de l'émission des coulées de celle « de la formation des sources est donc, au minimum, égal au « temps nécessaire au creusement par l'érosion d'une vallée « de 100 m. de profondeur. Pendant cette phase, probable- « ment très courte, les eaux thermales jaillissent directement « des fissures du gneiss.
« 2° Eruptions de l'Irifatra (Famoizankova) qui ensevelissent « les sources sous 40-50 m. de tufs, cinérites et coulées trace chytiques. Pendant cette phase, longue de plusieurs siècles, « les eaux thermales sourdent dans les dépressions que forme « l'érosion dans ces matériaux encore meubles. Ces dépres- « sions sont comblées pendant les périodes d'activité, recreu- « sées par l'érosion pendant les périodes de calme, changeant « ainsi constamment d'emplacement et de niveau. Les eaux « thermales incrustent de dépôts les conduits qui les amènent « dans ces dépressions, les bouchent en en reformant d'autres « qui les amènent aux dépressions nouvelles.
a 3° Eruption du Vohidronono dont les déjections s'arrè- « tent à quelque cent mètres du point d'origine des eaux, « creusement des vallons actuels, au fond desquels, dans « tous les points bas avoisinant les affleurements de la nappe
« déjà constituée, les eaux thermales sourdent en grande « abondance en constituant de gros massifs de dépôts. Ces « massifs comblent ces points bas, barrent les exutoires natu- « rels de ces vallons. Des boues et des tourbes, par suite, « s'accumulent en amont et ensevelissent ces massifs. Dans « les boues et les tourbes s'entassent les ossements des (( -i^Epyornis, des Hippopotames et des animaux contempo- « rains qu'attirent, dans ces fondrières, les sels et les dépôts « des sources, et qu'y aspliyxie l'acide carbonique.
« 4° Pliase actuelle : Les conduits dans les couches argi- « leuses des tufs et cinérites se sont cimentés des dépôts ren- « dant plus imperméables encore ces couches déjà imperméa- « blés. La petite quantité d'eau thermale qui arrive encore au « voisinage de la surface, se diffuse dans les dépôts, les boues « et les tourbes du marais, où elle se mélange aux eaux « froides superficielles. Un jour ne se montrent plus que « d'insignifiants suintements d'eau tiède avec une multitude « de petits dégagements gazeux. La nappe thermale est défi sormais captive sous quelque 2 m. de matériaux divers « qui la recouvrent dans les dépressions et qu'elle a elle- « même cimentés et rendus plus imperméables.
« Les choses étaient dans cet état, lorsqu'un missionnaire « norvégien, il y a une vingtaine d'années, eut l'idée de « creuser, dans les dépôts superficiels, une petite fosse de 3 à « 4 m. de profondeur qui amena la découverte d'eau gazeuse « à 39", c'est-à-dire fortement mélangée d'eau froide. Ce sont « de telles eaux, captées sommairement dans des fosses sem- « blables, qui ont été utilisées ensuite jusqu'à ce jour. »
H. Peeeier de la Bathie.
B. E. de Madag., P' sem. 1915, p. 109-110.
BIBLIOGRAPHIE
X. — Guide de l'Immigrant à Madagascar. — Paris, 1899. 3 vol., Tome I, p.p. 113-200.