VÉGÉTATION
Sommaire. — La végétation malgache. — La végétation modifiée (prairies, savoka, plantes maritimes). — La végétation autochtone : 1° Flore du vent (régions de l'Est, du Sambirano, du Centre) ; 2" Flore sous le vent (région de l'Ouest et Diégo-Suarez, région du Sud). — Conclusion : l'homme a détruit la majeure partie des forêts malgaches.
Lecture. — La forêt malgache. H. Perrier de la Bathie.
La végétation malgache.
Quand l'homme était inconnu sur la terre malgache, l'île presque entière disparaissait sous un épais couvert de végétation arborescente. Dans les plaines, le vallées, sur les plateaux étaient de belles forêts, avec, de loin en loin, de vastes clairières marécageuses. Dans les régions élevées, poussaient de hautes broussailles aux arbres tortueux. Dans les régions sèches, s'étalaient de larges îlots de plantes xérophyles.
L'homme vint, armé de la hache et du feu. Des forêts furent abattues et brûlées. A leur place poussa une brousse spéciale qui, brûlée à son tour, se transforma en prairie. Cette prairie incendiée tous les ans permit au feu de continuer ses ravages et de détruire petit à petit la foret qui restait debout.
Ce régime des feux, agissant lentement, mais sans arrêt, depuis un temps immémorial, a profondément modifié la flore primitive et lui a donné deux aspects si différents, qu'au premier coup d'œil on y distingue deux végétations :
1° L'une est très riche on individus, mais très pauvre en espèces ; celles-ci sont cosmopolites, ou introduites, le plus
(1) D'après U. FEnniER dë i.a Bathie : La végétation malgache.
souvent annuelles, varient peu suivant les régions, le climat ou l'altitude : c'est une végétation modifiée, résultante artificielle de l'action de l'homme et du feu.
2° L'autre, à individus clairsemés, est extrêmement riche en espèces ; celles-ci sont toutes arborescentes ou sylvicoles et varient beaucoup suivant l'altitude et la longitude : c'est une végétation autochtone, résultante des seules forces de la nature livrée à elle-même dans une île isolée, pendant de longues périodes géologiques.
La végétation modifiée.
La végétation modifiée couvre les 7/8 du sol malgache. Elle présente plusieurs aspects : soumise aux feux de brousse annuels, c'est la prairie ; non soumise à ce régime, mais remplaçant l'antique forêt brûlée, c'est la savoka ; enfin, au bord de la mer, où le sel, comme le feu dans la prairie, limite le nombre des espèces, c'est la formation maritime et les palétuviers.
1" La prairie. — Cette formation est, de beaucoup la plus étendue. La prairie propage le feu, celui-ci détruit la forêt et la transforme en prairie : c'est ainsi que, petit à petit, disparaît la végétation autochtone.
La prairie a peu d'intérêt au point de vue économique. Les feux annuels n'y laissent persister que les plantes à souche vivace, dont les rejets n'ont pas grande valeur nutritive. Beaucoup de matières fertilisantes s'en vont en fumée, les cendres sont entraînées par les pluies, l'érosion enlève l'humus laissant à nu la latérite infertile. C'est ainsi que 8 millions de bœufs seulement vivent, et mal, sur 47 millions d'hectares de prairies.
2° La savoka. — Pour cultiver son riz, l'indigène de la côte abat la forêt, la brûle, sème sur les cendres, récolte et va recommencer plus loin l'année d'après. Sur l'emplacement de ce (( tavy » pousse une brousse spéciale, intermédiaire entre la forêt et la prairie, où domine une espèce prépondérante,