‹ Géographie de MadagascarChapitre 52 sur 150 · Baobabs dans le S. O · texte numérisé non relu

Baobabs dans le S. O

Cliche Penler de la Bâthie.

- Marseille

CHAriTEE VU. VÉGÉTATION 81

« simples, réduites, comme en Europe, à une espèce domi-

« nante suivie de son cortège d'espèce compagnes. Toute la

« formation n'en forme qu'une : celle de « la Forêt ». L'ab-

« sence d'essences sociales, la dissémination des espèces dans

« la futaie, où les individus d'une même espèce sont toujours

« séparés par des espèces différentes, la mort totale de toutes

« les espèces, même des plantes annuelles après un « tavy » ;

« tout démontre que la forêt forme un tout complexe, un.

« ensemble biologique qui n'a de limite que celle de la

« formation. Chaque végétal a sa place marquée dans cet

« ensemble, soit par les toxines que sécrètent les racines de

« ses semblables, soit par l'intensité variable de lumière que

« laisse à sa disposition tel ou tel de ses voisins, soit par les

« conditions qu'exigent sa fleur pour s'ouvrir, son fruit pour

<( mûrir, sa graine pour germer ; soit enfin par suite de

«f multiples causes que nous ne connaissons pas. La com-

« plexité infinie de cette association si vaste, laisse entrevoir

« les temps immenses qui lui ont été nécessaires pour se cons-

« tituer. Elle explique la destruction rapide, la fragilité

« singulière de la forêt orientale, et permet de comprendre

« pourquoi sa reconstitution restera toujours problématique

« lorsque sa destruction aura été complète.

« Mais l'ensemble biologique que constitue la forêt n'est

« pas seulement une association végétale. Il est plus com-

« plexe encore et comprend tous les êtres qui vivent sur sa

« formation. Chaque plante a sa forme particulière, des

0 êtres qui fécondent ses fleurs ou qui en vivent, d'autres qui

« se nourrissent de ses fruits et en propagent les graines,

« d'autres encore qui la font disparaître ou la rendent à la

« vie lorsqu'elle doit mourir.

« A chaque étage de la futaie correspond aussi une

« faune spéciale. A l'étage inférieur les carnassiers de toute

« espèce : petits fauves, cloportes, sangsues, moustiques,

0 (-arabiques, cicindélidés, scorpions et staphjdlins. A l'étage

« moyen, les oiseaux, les papillons et les lémurs nocturnes

« ou crépusculaires. Au dôme supérieur les grands lémurs et

« les oiseaux diurnes et la multitude ailée des insectes

« tropicaux.

« La forêt tout entière ne semble former qu'un seul être « dont les manifestations vitales sont soumises aux mêmes « lois, aux mêmes rythmes. C'est l'hiver : elle dort et tout « son peuple sommeille ; il pleut doucement, lentement, tout 0 semble mort ; seuls les gémissements plaintifs des Indris s'ap- « pelant de colline à colline, troublent le silence qui tombe ■« de la voûte pesante de feuilles raides. C'est l'été : elle « s'éveille et tout s'anime avec elle ; de rapides tornades et

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« la grande lumière se succèdent au ciel ; ses rameaux « fleuris frémissent de chants et de battements d'ailes, et sa « vie est alors si intense qu'elle devient impénétrable. »

H. Périmer de la Bathie.

(La Végétation Malgache).

BIBLIOGRAPHIE

H. Perrieb de la Bathie. — La Végétation Malgache. — ]oc. cit.

R^ Baron. — Compendinm des plantes malgaches, in Revue de Madagascar : 28 n«^ de 1901 à 1908.

A. Dandouau. — Catalogue alphabétique des jioms malgaches de végétaux. — Bull. Econom. de Madagascar, 1910-1911.

H. Lecomte et Faucuere. — Les Bois de Madagascar, Paris, 1922.

Nombreux articles dans les Annales du Musée Colonial de Marseille, le Bulletin du Muséum d'Histoire Naturelle, le Bulletin Economique de Madagascar.

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