CHAPITRE VIII. — ETHNOGRAPHIE
N. qui commerçaient avec les Européens, ils les attaquèrent, les soumirent, mais, en raison de leur cruauté, ne surent pas se les attacher. Aussi, lorsque Ratsimilaho, fils métis d'un pirate anglais et d'une fille de chef du pays, revint d'Angleterre avec le double prestige de son originel européenne et des richesses qu'il rapportait, il réunit facilement sous son autorité toutes les tribus mécontentes qui jurèrent de ne jamais se séparer : de là leur nom.
Un jour où les Tsikoa piétinaient leurs rizières, Ratsimilaho les attaqua. Ils coururent au combat les jambes encore rouges de boue. Vaincus, il se virent imposer le surnom de « Betanimena », « beaucoup-de-terre-rouge ». Le vainqueur réunit sous son autorité les trois groupes du N., du S. et du Centre. Mais sous ses successeurs, l'autorité alla s' affaiblissant. Les tribus reprirent petit-à-petit leur indépendance et chacune se donna comme chef des <( Malata » (mulâtres) ou descendants des pirates européens. Radama I sut profiter de leur désunion, fit massacrer les chefs -malata et soumit tout le pays.
Antambahoaka.
Ce sont des descendants d'Arabes venus, vers la fin du XI* siècle, sur la côte Est et qui, petit à petit, ont longé la côte pour s'établir autour de Mananjary, entre la Sakaleona et la Namorona. Ils sont peu nombreux.
Antaimorona.
Le nom signifie « ceux-de-la-côle » ou « ceux-des-bords-de-larivière-Namorona ». Ils occupent le pays compris entre la Namorona et l'Andranambo, et ont pour centre Vohipeno. Ils descendent des colons arabes immigrés du xii^ au xiv^ siècles. Ils se divisent en plusieurs castes. Ils ont conservé, de leurs ancêtres, l'habitude d'écrire en caractères arabes sur du papier et avec de l'encre de leur fabrication ; mais ils n'écrivent plus guère qu'en langue malgache. Ils ont laissé des chroniques assez curieuses.
Très laborieux, ils émigrent dans toute l'île, rendant ainsi de grands services à la colonisation.
DO OKoniîArHiE de Madagascar
Antaifasina.
Le nom signifie « ceux-du-pays-sablonneux ». Ils habitent autour de Farafangana, entre l'Andranambo et la Mananivo, M, Grandidier croit que leurs chefs furent des Indiens qui formèrent, vers le xvf siècle, quelques groupements sur ce point. Ils mangent du porc et les Antaimorona les déclai-ent de religion et de pays différents des leurs. Ils émigrent volontiers euxaussi et sont d'excellents travailleurs.
Antaisaka.
Leur nom signifie <( ceux-de-la-vaJlée'-de-l'Isaka ». Ils habitent, autour de Vagaindrano, le pays compris entre la Mananivo et la Masihanaka, et vont, à l'O., jusqu'à l'Itomampy. C'est un groupe assez hétérogène où l'on rencontre, avec ^es clans d'origine arabe, d'autres clans qui prétendent venir de Mahabo, en pays sakalava. Les descendants des esclaves et serviteurs venus de l'O., les <( Zafimananga », émigrent dans toute l'île, se livrant aux métiers demandant plus d'adresse que de force.
Antaimanambondro.
Le nom signifie « ceux-qui-habitent-le-long-du-Manambondro ». Ils vivent autour d'Amparihy, dans le pays compris entre la Masihanaka et riavibola. Ils ont toujours guerroyé contre les Antaisaka. Ils semblent être venus de Vangaindrano et être d'origine Antambahoaka.
Remarque. — Il est à noter que les cinq tribus qui précèdent sont, bien à tort, désignées, dans le reste de l'île, sous le nom générique d'Antaimorona.
Antanosy.
Le nom signifie « ceux-des-îles », car leurs ancêtres, les Zafiramini, abordèrent dans des îlots du delta de la Fanjahira. Ils habitent, autour de Fort-Dauphin, le pays compris entre l'Iavibola et le Mandrare. Ils se divisent en deux groupes : les Antatsimo, qui sont à l'Ouest et les Antanosy proprement dits, qui sont à l'Est.
On trouve chez eux tous les éléments superposés qui ont