‹ Géographie de MadagascarChapitre 56 sur 150 · CHAPITRE VIII. ETHNOGEAPIIIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. ETHNOGEAPIIIE

plantèrent ceux-ci petit à petit. Après plusieurs générations, ils firent à leurs descendants, devenus suffisamment nombreux, une obligation absolue de ne se marier qu'entre eux. Ainsi se formèrent, dans chaque tribu, des castes supérieures, se prétendant d'essence divine, qui tinrent le reste des habitants sous le joug de la servitude.

Quant à la masse des immigrants, alliée aussi à des femmes du pays, elle constitua une classe d'hommes libres, intermédiaire entre les chefs et les autochtones asservis.

IL Principales trip.hs malgaches.

Nous passerons en revue les principales tribus malgaches en commençant par les tribus côtières : côte Est et côte Ouest, et en finissant par celles de l'intérieur.

Tribus côtières^ Antankarana.

Habitat. — Le nom signifie « habitants-des-pays-rocheux ». Les Antankarana occupent tout le N. de l'île, de la presqu'île d'Ambato à l'O., à Vohémar à l'Est.

Description. — Au point de vue physique, l'Antankarana est grand, bien proportionné, d'une physionomie dure et ingrate, le teint brun foncé, parfois plus clair, les cheveux crêpés. Le croisement avec les Arabes et les Antalaotra en a modifié le type, et à peu près tous ont adopté le costume comorien ou européen. L'Antankarana est peu travailleur ; il est surtout gardien de bœufs émérite.

Histoire sommaire. — Ses ancêtres débarquèrent sur la côte Est en même temps que ceux des Betsimisaraka, mais, sans s'y attarder, ils montèrent dans l'Androna. Chassés par les premiers chefs merina, ils se réfugièrent dans le Boina où l'invasion Sakahiva les trouva. N'ayant pas voulu se sou-

(') Pour plus <|(î (l('l.ii!s (•(iiicciiiatil riiislour des liilms, iii'ii-; nnvoyoïis à nuire Uialuire fies Trihuii de Matlar/axcar, en fiipparalion.

mettre aux nouveaux venus, ils longèrent la côte jusque dans la presqu'île d'Ampasimena. Poursuivis, ils remontèrent encore dans le N. et gagnèrent les -montagnes de l'Ankarana. Là, ils fusionnèrent avec deux petites tribus de noirs, d'origine inconnue, qui occupaient le pays et, petit à petit, rayonnèrent vers le N. et vers l'Est.

Betsimisaraka.

Habitat. — Le nom signifie ; « beaucoup-qui-ne-se-séparentpas ».

Ils occupent une étroite bande de terre, longue de 7 à 800 km. et large de 60 à 80, comprise entre le Bemarivo du Nord et la Sakaleona au S. d'une part, la côte et la première falaise de l'Est, de l'autre. Ils se divisent en Betsimisaraka du N., Betanimena ou Betsimisaraka du Centre et Betsimisaraka du S. Malgré ces différences de nom, ils constituent une race unique, ayant même langue, mêmes mœurs, mêmes institutions.

Description. — Le Betsimisaraka est de taille élevée, très bien musclé, le teint noir, les lèvres grosses, de grands yeux noirs non bridés, le front bas, le «menton arrondi, le nez aplati, aux narines dilatées, les cheveux crêpés.

Le costume se compose d'un pagne et d'une souquenille en rafia chez l'homme et, chez la femme, d'un pagne en rafia rayé transversalement et d'un corsage en coton très ajusté. Les jours de fête, un châle aux couleurs criardes et un grand chapeau garni de larges rubans, complètent la tenue féaninine. La femme est excellente ménagère.

Le Betsimisaraka est doux, timide paisible, mais paresseux et d'intelligence peu ouverte. Il fournit une main-d'œuvre de qualité moyenne. La race est décimée par l'ivrognerie.

Histoire sommaire. — Pendant longtemps ils furent divisés en un nombre infini de clans, vivant sous l'autorité de chefs d'origine étrangère. Quelques-uns des clans de la région d'Andovoranto se réunirent, à la fin du xvn^ siècle, sous l'autorité d'un chef, « Ramanana », et formèrent la tribu des « Tsikoa », « ceuxqu'on-ne-renverse-pas » ou des <( Tsitambala », « ceux-dont-lespalissades-sont-sans-fin ». Jaloux de la prospérité des tribus du

Damjouau. — Madagascar

Page 1