CHAPITRE VIII. — ETHNOGRAPHIE
Histoire sommaire. — Vers la fin du xv^ siècle, des chefs Antaisaka, descendants d'Arabes et d'Indiens, émigrèrent vers la côte 0. Ils se fixèrent sur l'Onilahy, aidèrent les autochtones à lutter contre les Mahafaly, et soumirent vainqueurs et vaincus à leur autorité. Ces populations autochtones, peu denses, obéissaient à autant de chefs qu'il y avait de villages. Les chefs venus de l'Est surent grouper sous leur autorité ces forces éparses, fondèrent une dynastie et, par la persuasion ou la force, des mariages ou des alliances, entreprirent la conquête de tout le pays.
Avec Andriandahifotsy, le royaume s'étendit du Fiherenana à la Tsiribihina. Sous son successeur, Andriamandisoarivo (1680-1718), la puissance sakalava s'agrandit beaucoup. Un des frères du roi alla fonder, au N., le royaume de l'Ambongo et du Boina ; un autre soumit les Bara de l'Est, un autre se fixa entre le Fiherenana et l'Onilahy, un quatrième enfin s'établit sur la Tsiribihina. A sa mort deux grands royaumes se constituent : celui du Menabe et celui du Boina.
Dans le Menabe, les Sakalava ne tardèrent pas à se heurter aux Merina. Ceux-ci, jusqu'alors divisés, comme les autres tribus malgaches, en une infinité de clans en lutte continuelle les uns contre les autres et payant, pour la plupart, tribut aux Sakalava, dont ils dépendaient pour leur approvisionnement en poudre et armes à feu, trouvèrent dans Andrianampoinimerina le chef génial qui réussit à faire d'eux une nation. Mais ni celui-ci, ni ses successeurs, ne purent soumettre le Menabe et leurs expéditions échouèrent.
Dans le Nord, Andriamandisoarivo avait étendu sa puissance sur l'Ambongo et le Boina jusqu'à la Loza. Ses successeurs soumirent les Sihanaka et les Antandrona, fondèrent Majunga et atteignirent l' extrême-Nord en subjuguant les Antankarana. Le plus puissant de ces successeurs fut une femme, Ravahiny (1780-1812). Aucun prince de Madagascar ne l'égalait. Après elle, la puissance Sakalava ne fit que décroître. Les royaumes se morcelèrent en une infinité de principautés que les successeurs d'Andrianampoinimerina purent subjuguer — au moins nominalement — l'une après l'autre.
5)4 GEOGRAPHIE DE îilADAGASCAR
Tribus de l'intérieur.
Tsimihety.
Le nom sig-nifie : « ceux-qiii-ne-se-coupent-pas-les-cheveux. » Hahitai. — Ils habitent dans l'intérieur, des vallées qui descendent vers toutes les directions du plateau de Mandritsara. On les appelle encore pour cela : Antandrona ou « habitants-desterres-en-pente ».
Description. — Le Tsimihety est de taille moyenne, bien pris, vigoureux, les traits assez réguliers, la physionomie ouverte, l'air intelligent, les cheveux presque lisseS; à peine crêpés, disposés en petites tresses chez l'homme comme chez la femme. Les femmes accrochent aux tresses de leur nuque des pièces de 5 fr., de gros anneaux d'argent ou des amulettes. Le teint est brun ou bronzé, parfois très clair. Certaines femmes sont très jolies.
Les Tsimihety sont doux, craintifs, méfiants, peu travailleurs. De mœurs relativement pures, ils ont beaucoup d'enfants et ils s'étendent progressivement sur tout le N.-O et le N.
Histoire sommaire. — C'est un peuple prolifique qui, par lentes migrations, s'étend sur tout le N.-O. Il refoule les Sakalava des provinces de Majunga et d'Analalava ; au N. il contourne le Tsaratanana et s'infiltre dans l'Ankaizina et le Sambirano ; au S. il occupe petit à petit les districts de Majunga et de Port-Bergé.
Les premiers habitants de l'Androna sont les « Ravanga » dont les ancêtres, venus de très loin, avaient abordé entre Foulpointe et Masoala, et, après avoir guerroyé sur la côte, s'étaient établis dans la région de Mandritsara. Les ancêtres des Tsimihety, venant de l'Est aussi, ne différaient guère des Ravanga et les deux peuples fusionnèrent.
Ensuite vinrent les Antivongo, qui avaient abordé à Vohémar en même temps que les Onjatsy et qui, au bout de peu de temps, se divisèrent en deux groupes : les Zafitsimahita, qui se fixèrent à Matitanana et les Antivongo proprement dits qui se fixèrent sur l'Anjobony.
Puis vinrent des bandes provenant du Menabe, de l'Ambongo,