CHAPITRE VIII. — ETHNOGRAPHIE
de riaandra de la haute Mania, ceux de Lalangina de Matitanana.
Leur histoire est demeurée, pour nous, assez obscure. Nous ne connaissons guère que quelques noms, notamment celui d'Andriamanalina, qui fut porté par plusieurs rois.
Le Betsileo fut conquis et pacifié par Andrianampoinimerina et Radama I.
La population comprenait trois castes : les nobles ou Hova, appelés encore Tompomenakely, les hommes libres et les esclaves.
Tanala.
Le nom signifie « ceux-dc-la-forêt ».
Habitat. — Ils habitent la région montagneuse et forestière limitée à l'O. par les Merina et les Betsileo, à l'E. par les contreforts de la chaîne côtière, au N. par la Sakaleona, au S. par la Mananara. Ils vivent constamment dans la forêt dont ils connaissent et utilisent admirablement les ressources, mais qu'ils brûlent progressivement pour cultiver leur riz.
Description. — Le Tanala est bien pris, de taille moyenne, bien musclé, parfois élégant, les attaches fines. La physionomie est expressive et ouverte, le front haut, les yeux grands, le nez droit, la bouche non lippue, le teint bronzé, souvent noir. Il est intelligent et épris de justice, mais méfiant, susceptible, vindicatif. C'est un excellent bûcheron.
Histoire sommaire. — Leur histoire est peu connue. Les tribus tanala formaient autrefois des fiefs ou menakely, sous l'autorité des descendants de Rambo, deuxième fils d'Andriamarohala, chef venu d'Arabie. Elles vécurent fort divisées pendant plusieurs générations. Toutefois elles surent s'unir pour résister aux Merina qui n'exercèrent jamais sur elles qu'une autorité nominale.
Bara.
La racine u bara » signifie, « simple et naïf », mais cela ne s'accorde guère avec le caractère turbulent de cette peu-
plade. Le nom doit plutôt venir d'un ancêtre éloigne des Zafimanely, Rabaratovoky ^, très réputé en son temps.
Habitat. — Les Bara occupent un vaste plateau intermédiaire entre le Betsileo et les parties basses du Sud, et qui s'étend, au N. jusqu'au Zomandao, au S. jusqu'à l'Onilahy, à l'E. jusqu'aux forêts de la chaîne côtière, à l'O. jusqu'aux collines de l'Analavelona et du bas Menabe.
Description. — Le Bara est généralement d'une belle stature, grand, bien proportionné, avec un air de fierté sauvage qui se reflète sur toute sa personne. Son port est majestueux, mais il n'a pas le regard franc ; il est surtout fourbe, menteur, voleur.
Il porte les cheveux en boules enduites de suif ou d'un mélange de suif et de terre blanche. Ses dents ne sont pas belles par suite de l'abus du tabac qu'il fume. Il est peu soignée dans son costume toujours crasseux, fait quelquefois d'étoffe bleue. Il est plus intelligent que le Betsileo, et foncièrement batailleur.
Histoire sommaire. — C'est une race pillarde et guerrière, très redoutée de ses voisins, comprenant un grand nombre de clans en hostilité continuelle les uns avec les autres.
Les traditions bara, encore peu connues, ne concordent guère entre elles. Les chefs appartiennent à une même famille dont les ancêtres, d'origine étrangère, étaient primitivement fixés sur le bas Mandrare. Un de ses membres les plus célèbres, « Andriamanely », donna son nom à la dynastie des Zafimanely. Ses successeurs s'étendirent petit à petit dans le N. et dans l'O.
Un certain nombre de clans se formèrent, tous de la même manière : un groupe de mécontents se séparait de la tribu -mère, s'installait ailleurs et prenait généralement pour nom celui de son chef. C'est ainsi que se formèrent les Bara-Iantsantsa à l'E., les Bara-Be au Centre, les Bara-Imamono au N.-O., les Bara-Vinda au S.-O., les Bara-Manonga au N.-E., les Bara- Manambia au S., pour ne citer que les principaux.
(') Peut-être est-ce le même que celui qui est désigné par les légendes Sakalava sous le nom de Rabararatavokekitsimibabv.
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