CHAPITRE VIII. — ETHNOGRAPHIE
ha qui resta dans rimerina, ou qui y revint, elle est répartie entre la classe des Mainty ou noirs, et celle des Andevo ou esclaves.
Les Andriana ou nobles constituèrent vite une caste très fermée, jouissant de privilèges particuliers. Ralambo les divisa en quatre castes et, plus tard, Andriamasinavalona en ajouta deux autres, ce qui porta leur nombre à six^.
Les Hova ou bourgeois étaient les hommes libres. Ils se divisaient en Menabe, ou vassaux du roi et en Menakely, ou vassaux des parents du roi. Dans l'une et l'autre des catégories, il y avait deux sortes de personnes : les borizano ou civils et les miaramila ou militaires. Ils comprenaient quatre tribus principales^.
Les Mainty ou noirs formaient une classe intermédiaire entre les Hova et les esclaves. Ils comprenaient trois groupes principaux formant au total six catégories ^.
Les Andevo ou esclaves, dont la condition était très douce, étaient de trois sortes : les Zazahova, gens de caste hova ou andriana ayant perdu leur liberté par suite de crimes ou de dettes et pouvant être graciés ou rachetés, les Andevo proprement dits, prisonniers faits à la guerre, et les esclaves étrangers, Makoa ou Masombiky.
Au début, rimerina fut divisée en une infinité de petites principautés se morcelant à chaque décès du souverain. Les premiers rois malais surent régler l'ordre de succession au trône et c'est de là que vint la puissance merina. Le royaume primitif d'Imerimanjaka s'étendit petit à petit et absorba tous les autres, puis se morcela, jusqu'au moment oiî un roi génial, Andrianampoinimerina, unifia et organisa l'Imerina, étendit sa puissance bien au-delà de ses frontières et posa en principe que
(') Zanakandriana ou Zazamarolahy, Andriamasinavalona, Andriantompukoindrindra, Andrianamboninolona, Andriandranando et Zanadralambo.
(2) Tsimahafotsy, Tsimiamboliolahy, Mandiavato et Voromahery.
(3) Les Manisotra, les Manendy comprenant Manendi-anativolo et Manendianosivolo, les T.siarondahy comprenant: Mangarano-Faliary. Ambohipoloalina L-t Manjakaray.
son royaume n'avait d'autres limites que la mer. Ses successeurs continuèrent sa politique, mais il ne nous appartient pas de conter ici leur histoire.
Betsileo.
Le nom signifie : « beaucoup-qui-n'ont-pas-été-vaincus. »
Habitat. — Ils habitent le pays compris entre la Manandava au N., l'Andringitra au S., la gra-nde forêt à l'Est, le Bongo-Lava à l'O. Cette région est coupée en deux par la MatiSiatra. Flacourt désignait sous le nom d'Arindrano les habitants jdu N. de la Matsiatra et Vohitromby ceux du sud.
Description. — Le Betsileo est de taille moyenne, de teint brun plus ou moins foncé. Il a les cheveux crêpés et non laineux, le front arrondi, assez étroit et peu découvert, les yeux bien fendus aux cils longs et retroussés. Le nez est droit, les narines largement ouvertes. Les extrémités sont fortes, les mains larges, les pieds plats, aux orteils courts et étalés ; les muscles sont proéminents, ceux des membres inférieurs moins développés que ceux des membres supérieurs. Ils sont très résistants à la fatigue et ont de grandes qualités de travail. Ils sont dociles, patients, mais indolents, d'intelligence peu ouverte et enclins à l'ivrognerie.
Histoire sommaire. — Insouciants et apathiques, les Betsileo n'ont pas de traditions bien certaines, et celles que conservent les descendants des races princières, bien que recueillies, ne sont pas encore publiées.
On sait toutefois que le pays fut peuplé, à l'origine, comme le reste de l'île, par les Vazimba d'origine indonésienne. Pasteurs nomades, ces premiers habitants vivaient sous le joug de chefs locaux appelés « Andrianaby )>.
Plus tard, sans doute vers le xv'' siècle, des chefs suivis d'un petit nombre de soldats, vinrent dans le pays et, sans lutte aucune, supplantèrent les Andrianaby. Mais il semble que ces chefs aient été d'origines différentes. Ceux du N. de la Matsiatra venaient de l'Imerina. Dans le S., où trois royaumes étaient constitués, les chefs de l'Arindrano venaient de l'Iantara, ceux