CHAPITRE IX GÉOGRAPHIE POLITIQUE
Centces importants : Ambanoro, ville indienne et Anorontsangana, ancien poste hova.
Région de l'Ouest.
Limites. — La région de l'Ouest s'étend sur toute la rive du canal de Mozambique, du cap d'Ambre au Mangoky. Elle est coupée au N. par l'enclave du Sambirano. A l'O., elle est limitée sensiblement par le Bongo-Lava ; au N.-O. les frontières administratives ne suivent pas les limites climatiques et une partie des provinces d'Analalava et de Maevatanana appartient au climat du Centre, tandis qu'au S., une bonne partie de la province de Tuléar, que nous classons dans la région du Sud appartient en réalité au climat de l'Ouest.
Climat particulier. — Les vents du S.-E., passant en saison fraîche sur les régions de l'Est et du Centre, s'y débarrassent en grande partie de leur humidité. Ils arrivent à peu près secs au-dessus des plaines chaudes de l'O. où aucune condensation n'est posisible.
Il y a donc deux saisons : une saison chaude avec pluies d'orage et une saison fraîche. La région a, par conséquent, un climat tropical sec.
Description sommaire. — La région de l'O. se compose d'une falaise rectiligne, rebord du Plateau central, qui, dans l'O. se nomme Bongo-Lava, puis de trois séries de plateaux sédimentaires légèrement inclinés vers la mer, do'nt la tranche orientale, érosée, forme des chaînes successives, avec, sur le littoral de vastes plaines d'alluvions. Au N. la région est dominée par le Tsacatanana et, dans l'extrême N., par le Massif d'Ambre.
Voies de communication. — La région est abondamment pourvue de voies naturelles.
Cours d'eau. — Elle compte un grand nombre de cours d'eau méritant le nom de fleuves, aucun d'eux n'est navigable, ainsi que nous l'avons dit d'autre part, sauf la Betsiboka et la Tsiribihina dans certaines parties.
Routes. — Il existe peu do routes carrossables. 1" au N.
la route de Placers, de Diégo-Suarez à Ambilobe, que l'en continue vers le Sambirano. 2° la route de l'O. de Maevatanana à Tananarive, que l'on continue vers Ma^ololo.
Partout ailleurs il -n'y a que des sentiers ou des pistes muletières.
Ports. — Il y a quelques emplacements pouvant être transformés en excellents ports.
Dans le N. l'admirable rade de Diégo-Suarez, au N.-O. Analalava et Majunga, à l'O. les rades foraines de Maintirano, Morondava, Tuléar. Majunga et Tuléar sont des ports de grand avenir.
La navigation est facile sur toute la côte ; elle le serait beaucoup plus si l'on effectuait quelques travaux indispensables de balisage et d'éclairage.
Ressources naturelles.
Forêts. — Les forêts de l'O. ont disparu en grande partie devant les feux de brousse. Il ne reste plus que des massifs isolés, difficiles à exploiter faute de voies de communication : massifs d'Ambre, de l'Ankaizina, de l'Antsingy. Les bois de la côte fournissent de l'ébène, du palissandre, du faux-camphrier, du rafia, du caoutchouc, des écorces et des troncs de palétuviers. Les baobabs sont une des curiosités de la région.
Agriculture. — L'agriculture se développe dans l'O. et les espérances qu'elle fait concevoir sont illimitées. De vastes alluvions se prêtent à une diversité infinie de cultures : coco, manioc, riz et canne à sucre dans le N ; riz dans les vallées de la Mahajamba, de la Sofia, de la Betsiboka, du KamorD, de la Mahavavy de l'O., futurs greniers à riz de Madagascar et de l'Afrique du Sud ; pois du Cap, maïs, manioc, canne à sucre, du Sambao à l'Onilahy ; coton, partout où la main d' œuvre permettra de l'essayer.
Elevage. — Il y a d'innombrables troupeaux de bœufs, de grands troupeaux de moutons et de chèvres, des porcs aux environs des centres du N.-O., Majunga et Marovoay et sur les confins des hauts-plateaux.