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à cette sorte d'expiration de la mer, ce qui leur fait abandonner leurs voies naturelles jusqu'à ce que le reflux leur permette d'y rentrer ?
8. En revanche, je ne m'explique pas que Posidonius, qui, en général présente les Phéniciens comme un peuple éclairé , leur attribue ici une croyance qui dénoterait en eux plutôt de Tidiotisme que de la sagacité. On sait que la durée d'un jour et d'une nuit correspond à une révolution complète du soleil, qui pendant cette révolution se trouve tantôt au-dessus et tantôt au-dessous de la terre ; or, Posidonius prétend que le mouvement de l'Océan, comme le cours des astres, est soumis à une marche périodique et qu'il se trouve avoir, comme la lune et harmoniquement avec la lune, une période diurne, une période mensuelle et une période annuelle-: < quand la lune, ajoute-t-il, a parcouru toute l'étendue d'un signe au-dessus de l'horizon, la mer commence à se soulever et envahit sensiblement ses rivages, jusqu'à ce que l'astre ait atteint le méridien ; après quoi, l'astre déclinant, la mer se retire peu à peu jusqu'à ce que la lune ne soit plus qu'à la distance d'un signe au-dessus du point où elle se couche. La mer demeure alors stationnaire tout le temps que met la lune à atteindre le point de son coucher , tout le temps aussi qu'elle met à parcourir l'espace d'un signe au-dessous de l'horizon ; puis elle recommence à monter jusqu'à ce que la lune atteigne le méridien inférieur, se retire ensuite de nouveau jusqu'au moment où la lune, s'étant avancée vers le levant, n'est plus qu'à la distance d'un signe de l'horizon, et enfin reste stationnaire jusqu'à ce que l'astre se soit de nouveau élevé de tout un signe au-dessus de l'horizon, pour recommencer encore à monter. » Telle est, suivant Posidonius, la période diurne de l'Océan ; quant à sa période mensuelle, eue consisterait en ce que les marées les plus fortes d'une lunaison ont toujours lieu à l'époque de la conjonction de l'astre ou de la Néomèniey après quoi elles diminuent jusqu'au premier quartier, pour augmenter de nouveau d'intensité jusqu'à la pleine lune, et diminuer encore pendant le décours
de la lune jusqu'au dernier quartier , auquel succède une nouvelle augmentation jusqu'à la néoménie suivante, et une augmentation plus marquée tant sous le rapport de la durée que sous le rapport de la vitesse. Reste la période annuelle des marées; or, c'est par les Gaditans mêmes que Posidonius en avait eu connaissance : il avait appris d'eux que, vers le solstice d'été, les marées montantes et descendantes étaient plus fortes que dans tout le reste de l'année, et il en avait conjecturé lui-même qu'à partir de ce solstice les marées devaient diminuer d'élévation jusqu'à Téquinoxe, puis recommencer à croître jusqu'au solstice d'hiver, pour diminuer de nouveau jusqu'à l'équinoxe du printemps, et croître encore jusqu'au solstice d'été. Mais, avec ces mouvements périodiques de la mer, qui se reproduisent chaque jour et chaque nuit, la mer montant deux fois et se retirant deux fois dans l'espace d'un jour et d'une nuit, et à des intervalles réguliers la nuit comme le jour, comment peut-il se faire que le reflux coïncide souvent avec le moment où le puits en question se remplit, et rarement avec celui où il tarit, ou, sinon rarement, pas aussi souvent du moins, qa'avec l'autre? Et, si l'on suppose la coïncidence aussi fréquente dans les deux cas, comment se fait -il que les Gadirites n'aient pas été capables d'observer ce qui se passait t<»is les jours sous leurs yeux, eux qui avaient su soi-disant reconnaître la période annuelle des marées par l'observation patiente d'un fait qui ne se produit qu'une fois par an? Car on ne saurait douter que Posidonius n'ajoutât une foi entière à cette dernière observation, puisqu'il l'a prise pour point de départ de ses propres hypothèses sur les décroissements et accroissements successifs des marées dans l'intervalle d'un solstice à l'autre et sur le retour de ces mêmes variations. Il n'est guère vraisem|)lable, cependant, que de si bons observateurs aient laissé passer inaperçus les faits réels pour se laisser prendre à des faits chimériques 1
9. A propos, maintenant, de ce que dit Séleucus, historien originaire des bords de la mer Erythrée, « que les marées peuvent être encore irrégulières ou régulières, suivant que