LIVRE III
duit de leurs troupeaux à la façon des peuples nomades. Quant aux produits de leurs mines d'étain et de plomb, ils les échangent, ainsi que les peaux de leurs bestiaux, conlre des poteries, du sel et des ustensiles de cuivre ou d'airain que des marchands étrangers leur apportent. Dans le principe, les Phéniciens de Gndira étaient le seul peuple qui envoyât des vaisseaux trafiquer dans ces îles, et ils cachaient soigneusement à tous les autres la route qui y mène. U arriva même qu'un patron de navire phénicien , qui se voyait suivi par des bâtiments romains, dont les piloles avaient espéré de pouvoir ainsi connaître la route de ces comptoirs, s'échoua volontairement et par pure jalousie nationale sur un bas-fond, où il savait entrdner les Romains à une perte assurée; mais ayant réussi, lui, à s'échapper du milieu de ce naufrage général, il fut indemnisé par l'État des marchandises qu'il avait perdues. A force d'essayer, cependant, les Romains finirent par découvrir la route de ces îles. Ge fut Publius Grassus qui y passa le premier, et, comme il reconnut le peu d'épaisseur des filons et le caractère pacifique des habitants, il donna toutes les indications pouvant faciliter la libre pratique de ces parages, plus éloignés de nous pourtant que ne l'est la mer de Bretagne.
Ici s'arrête ce que nous avions à dire de l'Ibérie et de& îles situées en regard de ses côtes.