‹ Geographie De StrabonChapitre 124 sur 181 · Quelque Mss. portent · texte numérisé non relu

Quelque Mss. portent

pluies ni de neiges, mais sous l'influence prolongée des vents du nord, ce qui peut tenir, suivant lui, au gtand lac que traverse TEbre, et à ce qu'une partie des eaux de ce lac, chassée par les vents, s'écoule en même temps que celles du fleuve.

10. Posidonius signale encore à Gadira la présence d'un arbre, qui a cela de remarquable, que ses branches sont courbées vers le sol et que ses feuilles, longues parfois d'une coudée et larges de quatre doigts, affectent la forme d'un glaive *. Puis il parle d'un autre arbre, qui vient dans les environs de Carthage-la-Neuve, et des épines duquel on tire une écorce fibreuse, qui sert à faire de magnifiques tissus*. Nous avons vu uous-même en Egypte un arbre qui ressemblait à celui de Gadira, du moins pour la courbure des branches', car la forme des feuilles n'était pas la même; de plus, il ne portait pas de fruit, tandis que, au dire de Posidonius, celui de Gadira en porte. Pour ce qui est des tissus d'écorce d'épine, on en fait aussi] en Gappadoce; seulement, dans ce pays-là, l'épine dont on emploie l'écorce n'est pas celle d'un arbre, mais celle d'un arbuste nain^. On ajoute cette autre circonstance au sujet de l'arbre de Gadira, que, si l'on en brise une branche, il en découle du lait, tandis qu'il en dégoutte une liqueur vermeille, si c'est ime racine que Ton coupe. Mais en voilà assez sur Gadira.

1 1 . Les îles Gassitérides, qui suivent, sont au nombre de dix, toutes très-rapprochées les unes des autres. On les trouve en s'avançant au nord en pleine mer à partir du port des Artabres. Une seule de ces îles est déserte ; dans toutes les autres, les habitants ont pour costume de grands manteaux noirs, qu'ils portent par-dessus de longues tuniques talaires^ serrées par ime ceinture autour de la poitrine, ce qui, joint au bâton qu'ils ont toujours à la main quand ils se promènent, les fait ressembler tout-à-fait aux Furies vengeresses de la tragédie. Ils vivent en général du pro-

1. Peut-être la Dracœna Draco des botanistes, bien que tous les signes caractéristiques ne concordent point. Voy. Meyer, ouvr. cité, p. 12-13. — 2. Chamœrops humiliSj suivant M. Meyer, ibid., p. 13. — 3. Salix babylonica, dit M. Meyer, ibid., p. 13. — 4. M. Meyer avoue n'avoir pu reconnaître lequel, ibid., p. 14.

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