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murs que le Tibre débouche dans la mer) ; d'autre part, dans le sens de sa longueur, le même pays s'étend jusqu'à la Gampanie et aux monts Saunitiques ; quant à la Sabine, elle est située entre le Latium et l'Ocobrie et se prolonge également vers les monts Saunitiques, mais en se rappro^ chant davantage de la partie de l'Apennin occupée par les Vestins, les Pélignes et les Marses; l'Ombrie, à son tour, occupe l'intervalle de la Sabine k la Tyrrhénie et s'avance jusqu'à Âriminum et à Ravenne par delà les montagnes ; enfin la Tyrrhénie part de la mer à laquelle elle donne son nom et du cours du Tibre pour s'arrêter au pied des montagnes qui forment de la Ligystique à l'Adriatique cette chaîne ou enceinte continue. — Gela dit, essayons de décrire chacune de ces contrées en détail, en commençant précisé-^ ment par la Tyrrhénie.

2. Les Tyrrhènes ou Tyrrhéni^ns ne sont connus parmi les Romains que sous les noms à'Etrusci et de Tusci: ce sont les Grecs qui leur ont donné l'autre nom, en souvenir de Tyrrhen , fils d'Atys, qu'on nous dit avoir amené naguère une colonie lydienne dans le pays. C'était à l'occasion d'une famine, d'une disette survenue en Lydie ; le roi Atys, l'un des descendants d'Hercule et d'Omphale, ayant fait tirer au sort ses deux fils, Lydus et Tyrrhen, retint le premier près de lui et envoya l'autre au loin avec la plus grande partie de son peuple. Tyrrhen aborda aux rivages d'Italie, fonda douze villes dans un même canton qui fut appelé de son nom Tyr*rhènie^ et leur donna un seul et même chef pour les administrer. Ge chef s'appelait Tarcon : s(m nom se retrouve dans celui de Tarquinia, l'une des douze villes, et, comme il avait donné, étant enfant, des preuves d'une sagesse précoce, la fable nous le représente venant au monde avec des cheveux blancs. Tout le temps que les Tyrrhènes vécurent ainsi rangés sous le gouvernement d'un seul, ils furent puissants et forts ; mais il est probable que le lien qui les unissait finit par se rompre et que, chaque ville s'étant isolée, ils se trou^ vèrent trop faibles contre les agressions de leurs voisins et durent reculer devant eux : autrement, les eût-on vus re-

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noncer d'eux-mêmes aux terres fertiles qu'ils possédaient pour tourner tout leur espoir vers la mer, réduits désormais à infester de leurs pirateries les différentes parties de la Méditerranée, eux, qui, en unissant leurs forces, eussent été en état non-seulement de repousser toute agression venue du dehors, mais de prendre l'offensive et de tenter de lointaines expéditions ? Postérieurement à la fondation de Rome, Démarate arrive dans le pays , amenant k sa suite toute une colonie corinthienne; les Tarquinites l'accueillent, il épouse une femme indigène et en a un fils qu'il nomme Lucumon. Ce fils, devenu Tami d'AncusMarcius, roi de Rome, lui succède et quitte son nom pour prendre celui de L. Tarquinius Priscus. Tarquin, et déjà son père, avant lui, firent beaucoup pour Tembellissement des villes de la Tyrrhénie, l'un par le grand nombre d'artistes amenés avec lui de Corihthe, l'autre par les ressources de tout genre que le trône de Rome mettait à sa disposition. C'est de Tarquinîes aussi, à ce qu'on assure, que furent importés à Rome les ornements du triomphe, les insignes non-seulement du consulat mais en général de toutes les grandes magistratures, l'usage des faisceaux, des haches, des trompettes, les rites des sacrifices, l'art de la divination et tout cet appareil musical dont les Romains accompagnent habituellement leurs cérémonies publiques. Le second Tarquin, fils du précédent, autrement dit Tarquin le Superbe, fut le dernier roi de Rome : une révolution le chassa de son trône. Porsenna, * roi de Clusium (Clusium est l'une des principales villes de lia Tyrrhénie), essaya bien de le rétablir par la force des ar- |ines, mais n'ayant pu y réussir, il renonça k poursuivre les "hostilités, traita avec les Romains et évacua leur territoire, ayant reçu d'eux, avec le titre d'ami, de grandes marques d'honneur et de riches présents.

3. A ce que nous venons de dire touchant l'illustration de la nation Tyrrhénienne en général, ajoutons quelques détails sur l'histoire particulière des Cœrétans*. Rappelons

p .*• Voy., sur l'omission probable d'un ou de deux motsdans le texte, Meineke : » *nd. Strabon , p. 50. Cf. Millier, Ind. var, lect,^ p. 968, col. 2, 1. 35.

notamment qu'ils osèrent à eux seuls attaquer les Gaulois, comme ceux-ci, après la prise de Rome se retiraient par la Sabine, et que, les ayant vaincus, ils les forcèrent à, rendre ces riches dépouilles que Rome avait consenti à leur céder. Ils avaient en outre sauvé la vie à une foule de Romains qui leur étaient venus demander asile et avaient conservé îe feu éternel en même temps que protégé les vestales. Les Romains cependant (et cela par la faute des mauvais magistrats qu'ils avaient alors à leur tête) ne reconnurent point ces services comme ils auraient dû le faire : ils conférèrent aux Caerétans le droit de cité, mais sans les inscrire aunombre des citoyens proprement dits ; même ils firent de leurs noms une liste, une table à part, dite Tabulœ Cœritumy où furent relégués désormais tous ceux qu'ils excluaient de risonomie. En revanche, les Grecs ont toujours distingué et honoré ce peuple à cause de son courage et de son respect pour la justice, lui tenant compte de ce que, malgré la supériorité de sa marine, il s'était abstenu en tout temps d'actes de piraterie et de ce qu'il avait consacré dans le temple de Delphes ce fameux trésor dit des Agylléens, Anciennement, en effet, Cœré se nommait Agylla: c'étaient, à ce qu'on assure, desPélasges venus de Thessalie qui l'avaient fondée. Mais les Lydiens (j'entends ceux qui prirent le nom de Tyrrhènes) ayant mis le siège devant Agylla, un des leurs, dit-on, s'approcha du rempart et demanda qu'on lui dît le nom de la ville, et comme, au lieu d'obtenir la réponse à sa question, il avait été salué par un Thessalien du haut du rempart du mot Xaîpe (bonjour), les Tyrrhènes virent Ik un présage heureux et firent de ce mot un nom nouveau qu'ils donnèrent à la ville, quand ils l'eurent prise. Aujourd'hui du reste, cette ville illustre, et naguère si florissante, n'est plus que l'ombre d'elle-même, au point que les thermes qui se trouvent dans ses environs , les thermes dits de Cœré, sont en réalité infiniment plus peuplés qu'elle, vu l'affluence des gens qui s'y rendent pour raison de santé.

4. Les Pélasges (c'est l'opinion presque universelle) formaient une race ou nation fort ancienne répandue par toute

la Grèce, mais principalement en Thessalie, dans la région appelée JEolide. Éphore incline à penser que les premiers Pélasges furent des soldats, Arcadiens d'origine, qui donnèrent leur nom à de nombreux compagnons gagnés bientôt par leur exemple à la profession des armes, et qui s'acquirent une grande célébrité non -seulement en Grèce, mais partout où le hasard poussa leurs pas. Homère nous les montre déjà établis en Crète, puisqu'il fait dire à Ulysse dans son récit à Pénélope :

« Ici les peuples ne parlent point tous la même langue : « mais on trouve mêlés ensemble FAchéen, le noble Étéocrète , c le Cydonien, la triple nation Dorienne et les Pélasges issus € des dieux, i

D'autre part, en donnant le nom à*Argo$ Pélasgîque à la partie de la Thessalie qui est comprise entre les bouches du Pénée et les Thermopyles et qui se prolonge jusqu'à la chaîne du Pinde, Homère semble attester que les Pélasges ont longtemps aussi dominé en ce pays. Il est-reniarquable enfin qu'il joigne au nom de Jupiter-Dodonéen l'épithète de Pelas gique:

c Tont-puissant Jupiter, Jupiter Dodonéen, Jupiter Pélasf gique! >

Beaucoup d'auteurs, du reste, qualifient de Pélasgiques * les populations mêmes de TÉpire, comme pour mieux marquer que la domination des Pélasges s'était étendue sur toute cette contrée. Il est arrivé en outre que la dénomination de Pélasges^ attribué dans le principe à divers héros individuellement, s'est transportée avec le temps des héros aux pays mêmes [témoins de leurs exploits]. C'est ainsi notamment qu'on en est venu à qualifier Lesbos de Pélasgienne et qu'Homère a placé des Pélasges dans le voisinage immédiat des Giliciens de la Troade :

« Hippothoùs conduisait les belliqueux Pélasges, les Pé- « lasges de la riche et fertile Larisse. >

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