‹ Geographie De StrabonChapitre 153 sur 181 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

tant de scènes différentes. Certains auteurs voient dans la ville de Siris et dans celle de Sybaris-sur-Traente * une double fondation des Rhodiens. Suivant Anliochus, il y aurait eu, pour la possession de Siris et de son territoire, une longue guerre entre les Tarentins et les Thuriens, commandés alors par Gleandridas, proscrit Spartiate ; mais un traité serait intervenu, qui, en laissant les deux peuples occuper le pays en commun, en aurait attribué la propriété aux Tarentins; plus tard, seulement, la colonie se serait transportée en un autre lieu, et, changeant de nom en même temps que de place, se serait appelée désormais Héraclée,

15. Du port d'Héraciée à Métaponte, qui est la ville située immédiatement après, on compte 140 stades. Cette ville passe pour avoir été fondée par les Pyliens qui accompagnaient Nestor à son retour de Troie : on raconte même que ces premiers colons s'enrichirent tellement du produit de leurs terres qu'ils offrirent à Delphes une moisson en or, et, comme preuve à Tappui de cette origine pylienne, on invoque le sacrifice annuel que les [anciens] Métapontins célébrèrent en l'honneur des Néléides jusqu'à la destruction de leur ville par les Samnites. Suivant Antiochus, le site abandonné fut occupé par une colonie achéenne que les Achéens de Sybaris avaient appelée, appelée exprès, en haine des Tarentins (ils se souvenaient que les ancêtres des Tarentins avaient chassé les leurs de la Laconie), et pour les empêcher de prendre ce qu'ils avaient en quelque sorte sous la main. Les nouveau-venus avaient le choix en effet entre l'emplacement de Métaponte, lequel est plus rapproché de Tarente, [et celui de Siris, qui en est plus éloigné^] : or, d'après le conseil des Sybarites, ils se décidèrent pour Métaponte. Maîtres de cette ville, ils devaient l'être également de Siris, tandis qii'en optant pour celle-ci, ils auraient donné de fait Métaponte à Tarente, l'une et l'autre ville étant situées pour ainsi dire côte à côte.

1. "Eicl toû TpàcvTo^ aa lieu de licl TedO^avroç, conjectare de Groskard. Cf. Dio< dore, XII, 22. — 2. Membre de phrase restitué par Groskurd.

Plus tard, à force de guerroyer contre les Tarentins et lest Œnotriens de l'intérieur, les Achéens de Métaponte se. firent céder une portion du territoire de ces deux peuple», qui dut former à Tavenir la séparation entre YltaUe pro^ prement dite et la Japygie. Les mylhographes placent à Métaponte les aventures du héros Metapontus, la captivité< de Mélanippe et la naissance de son fils Bœotus. Mais s'il, faut en croire Antiochus, la ville de Métaponte se serait, appelée primitivement MetabuSy et elle n'aurait changé denom que longtemps après sa fondation ; il ajoute que ce<: n'est pas à Metahus, mais à Dius que Mélanippe captive^ fut amenée ; il trouve la preuve du premier fait dans rexistence d'un hérôon consacré à Metabus, et la preuve du se-» cond dans ce vers du poète Asius au sujet de Bœotus :

Né de la belle Mélanippe dans le palais de Dios,

vers qui suppose effectivement que Mélanippe avait été amenée à Dius même et non à Metahus. Éphore^. luiy as-» signe pour fondateur à Métaponte Daulius, tyran de Crissa, . de Crissa près de Delphes. Une dernière tradition relative au chef de la colonie achéenne nous apprend qu'il set nommait Leucippe, et qu'après avoir promis aux Tarentins > de ne rester à Métaponte que l'espace d'un jour et d'une nuit, et n'y être entré même qu'à cette condition, il était arrivé à n'en plus sortir, en répondant invariablement à ceux qui venaient le sommer de tenir sa promesse, et selon que la. sommation» lui était adressée pendant le jour ou^ pendant la nuity que la jouissance qu'Û avait demandée et obtenue^' avait à courir toute cette nuit-là encore ou toute la journée" du lendemain. A Métaponte succèdent le territoire de* Ta^ rente ainsi que la Japygie; mais, avant de parler de ces contrées, nous allons passer en revue les différentes ? îles qui. bordent les côtes de l'Italie proprement dite, nous con^> formant en cela au plan que nous nous sommes* traûé t d'abord. Nous avons en effet jusqu'ici toujours fait suivre la description d'un pays de l'énumération complète des lies qui en dépendent, et^oomme nous voilà arrivé à l'es*"

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