‹ Geographie De StrabonChapitre 165 sur 181 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Sur le continent, nous nous étions arrêté à Métaponte, là ou finit l'ancienne Italidy il nous faut maintenant décrire les pays situés en dehors de cette limite. Le pays qui suit immédiatement est la lapygie, que les Grecs appellent aussi Messapie et que les indigènes partagent en deux territoires, celui des Salentins autour du promontoire lapygien, et celui des Galabres. Au-dessus et au N. de ce dernier peuple habitent les Peucétiens et le peuple que les Grecs désignent sous le nom de Dauniens, Dans la langue du' pays, tout ce qui succède au territoire des Galabres s'appelle Apulie; quelques tribus, peucétiennes pour la plupart, portent le nom particulier de Pœdicli, La Messapie forme une sorte de presqu'île fermée par un isthme de 310 stades, qui s'étend de Brentesium à Tarente. Pour aller par mer, et en doublant le promontoire iapygien, de l'un à l'autre de ces

1. « Falsissima Slrabo refert, dit M. Mûl er (Fnd. var. lect., p. 979. col. 2, 1 21), »ed ««/6a i^anissima sunt. Iii^^ ice t 'MulamPeutingerianam^vxdebisnue situm insularum distantiarumque ru noues eodem plane modo describi quo Slrabo narrât e Chorographo. Nullum novi locum quo cognûtio Tabulas Peut, cum Agripyœ orbe ptcto intercedens probetur luculentiùs. »

points, il faudrait compter environ [1400 stades]. B'autre part, de Métaponte à Tarente, il y a à pea près 220 stades, et pour s'y rendre on navigue droit à TE. Les côtes du golfe de Tarente sont en général dépourvues d'abris; seule, Tarente possède un port très-spacieux et très-beau : une grande jetée percée d'arches en ferme Tentrée, et sa circonférence mesure bien 100 stades. C'est le fond de ce port qui forme avec la mer extérieure l'isthme dont nous parlions tout à l'heure, et par le fait la ville de Tarente se trouve située dans une presqu'île ; mais, le col ou isthme de la presqu'île étant très-bas de niveau, il est aisé de transporter les embarcations par-dessus, d'un bord à l'autre. Le sol de la ville est également très-bas, si ce n'est aux approches de l'Acropole, où le terrain commence à s'ëlever dune façon sensible ^ L'ancien mur d'enceinte décrit une vaste circonférence, et aujourd'hui, bien que le quartier de l'isthme soit en grande partie détruit, ce qui reste debout de l'ancienne ville, c'est-à-dire la partie qui avoisine l'entrée du port, et qui renferme la citadelle, suffit encore à former une ville d'une étendue considérable^ On y remarque un très-beau gymnase, avec une immense place ou agoray où s'élève une statue colossale de Jupiter, en airain, la plus grande qu'on connaisse après le colosse de Rhodes. Entre l'agora et l'entrée du port est l'Acropole, qui ne contient plus que de faibles restes du trésor d'objets d'art que la piété des anciens y avait amassé, une grande partie de ces objets d'art ayant été détruite lors de la prise de la ville par les Garthagiiiois, et les Romains ayant emporté le reste à titre de dépouilles et de butin, quand ils reprirent la ville de vive force. Au nombre des dépouilles était ce colosse d'Hercule en airain, œuvre de Lysippe, qui figure aujourd'hui dans le Capitole , et que Fabius Maximus y a déposé naguère en commémoration de la rentrée des Romains dans Tarente.

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