‹ Geographie De StrabonChapitre 172 sur 181 · Voy. Meinckc : Vini, Strab., p · texte numérisé non relu

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par ces Yénérables offrandes qa'on voit encore snspendnes dans le temple de Minerve à Lncérie, autre ville de Tantique Dannie, fort déchue également. U y a, en outre, à peu de distance de la côte deux îles connues sous le nom d*Ues de Diomède. L'une d'elles est sûrement habitée; quant à l'autre, on la dit déserte. C'est dans cette même île que la £ELble a placé la disparition mystérieuse de Diomède et la métamorphose de ses compagnons en oiseaux reconnaissables, dit-on, aujourd'hui encore, à leur extrême douceur et à de certaines habitudes qui rappeUent tout à fait celles de la vie humaine, à un certain instinct, notamment, qui les fait s'apprivoiser avec les bons et les éloigne au contraire des méchants et des impies. Nous avons mentionné cidessus les traditions qui ont cours chez les Eénètes relativement au même héros et les honneurs que ce peuple continue à lui rendre. Ajoutons que Siponte, ville distante de Salapia de 140 stades environ, et que les Gre(fô avaient nonmiée d'abord Sepiûs à cause de la quantité de sèches ((nçwiwv) que la mer vomit sur cette plage, paraît avoir été fondée aussi par Diomède. Entre ces deux villes de Salapia et de Siponte se trouvent une rivière navigable et une grande lagune, qui servent Tune et l'autre au transport des denrées venant de Siponte, du blé surtout. On remarque en outre près d'une montagne de la Daunie, appelée le Drium^ deux hérôon consacrés l'un à Galchas et l'autre à Podalire : le premier est situé tout au haut de la montagne, et l'usage, quand on vient y consulter l'orade, est d'immoler un bélier noir et de s'envelopper, pour dormir, dans la peau de la victime; l'autre au contraire est situé tout au bas, au pied même de la montagne et à 1 00 stades environ de la mer : un ruisseau s'en échappe, dont les eaux sont souveraines pour guérir les différentes maladies des bestiaux. En avant du golfe que forme ici la côte, on voit s'étendre à une distance de 300 stades en mer et dans la direction du levant le promontoire Garganum : qu'on double ensuite ce promonloire et l'on rencontre immédiatement après la petite ville d'Urium. Lé cap Garganum est

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juste en face des îles de Diomëde. Le pays que nous venons da parcourir produit de tout et en très-grande quantité. Il est, en outre, éminemment favorable à Yélève des chevaux et des moutons; les laines qu'on en exporte ont moins de lustre peut-être, mais assurément plus de moelleux que les laines de Tarente. Il faut dire que toutes les vallées y sont si profondément encaissées qu'elles se trou vent à l'abri des intempéries de l'air. Certains auteurs ajoutent au sujet de Diomède qu'il avait commencé à creuser ici un canal allant jusqu'à la mer, mais qu'ayant été rappelé dans sa patrie il y fut surpris par la mort et laissa ce travail et mainte autre entreprise utile inachevés. C'est là une première version sur sa mort ; une autre le fait rester jusqu'au bout et mourir en Daunie; une troisième, purement fabuleuse, et que j'ai déjà eu occasion de rappeler, parle de sa disparition mystérieuse dans l'une des îles qui portent son nom; enfin, l'on peut regarder conmie une quatrième version cette prétention des Hénètes de placer dans^ leur pays sinon la mort, du moins l'apothéose du héros.

10. On a vu plus haut comment nous avions décomposé, d'après Artémidore, l'intervalle de Brentesium au in<mt Garganum; lé Chorographe, lui, compte pour le même intervalle 165 milles, évaluation bien inférieure à celle d'Artémidore. En revanche, il compte du Garganum à Ancdne 254 milles, et cette évaluation est supérieure de beaucoup à celle d'Artémidore qui ne compte que 1250 stades du Garganum au fleuve iî]sis, voisin d'Ancône. Quant à Polybe, qui dit s'être servi d'un miliasme partant de Ja pointe de lapygie, il compte 562 milles jusqu'à la ville de Sila* et 178 milles de ladite ville à celle d'Aquilée. Mais ces différentes mesures ne sauraient s'accorder avec l'étendue que tous les auteurs, et ceux-ci tous les premiers, prêtent à la côte d'Dlyrie entre les monts Céraunienset le fonddeJi'Adriatique; car les 6000 stades qu'ils lui reconnaissent la feraient plus

i. Voy. sar ce nom ioconna Mûller, Ind, var, lect., p. 980, col. 2, 1. 23.

longue que la côte opposée, tandis qu'elle est notoirement beaucoup plus courte. Nous avons déjà eu plus d'une fois l'occasion de faire remarquer le désaccord qui existe entre les différents auteurs, surtout au sujet des distances. Ajoutons qu'en pareil cas nous n'émettons jamais notre avis personnel que lorsqu'il nous arrive de discerner sûrement la vérité, nous bornant autrement à rapporter textuellement les opinions des auteurs. Mais il arrive quelquefois aussi que les auteurs ne nous fournissent aucune indication ; on ne doit pas s*étonner alors qu'un ouvrage tel que le nôtre, à la fois si long, si difficile, ne puisse être absolument complet et que nous négligions de temps à autre, non pas assurément ce qui se trouve avoir une véritable importance, mais de petits détails comme ceux-là, peu utiles en somme à connaître et dont l'omission, passant inaperçue, n'ôte rien ou presque rien au mérite de l'ensemble.

11. Dans l'intervalle du Garganum à Ancône et immédiatement après le Garganum, la côte nous présente un golfe profond, dont le pourtour est habité par les Apuliens proprement dits. Ces peuples parlent la même langue que les Dauniens et les Peucétiens, et à tous autres égards se confondent avec eux : au moins est-ce là ce qu'on observe aujourd'hui, car il est probable qu'anciennement ces populations différaient entre elles et que c'est ce qui a donné lieu à cette triple dénomination. Anciennement aussi tout ce pays était riche et prospère, mais les campagnes d'Annibal et les différentes guerres qui ont suivi l'ont dévasté. C'est là notamment que fut livrée cette bataille de Cannes, où les Romains et leurs alUés firent de si énormes pertes. Au fond du golfe dont nous venons de parler est un lac; au-dessus de ce lac, maintenant, dans Tintéricur des terres, s'élève une ville nommée, comme le chef-lieu des Sidicins, Teanum, Teanum Apulum. Mais ici l'Italie paraît perdre sensiblement de ^a largeur, et il ne reste plus entre Teanum et les environs de Dicœarchia, d'une mer à l'autre, qu'un isthme de moins de 1000 stades. Passé le lac, si nous continuons à ranger la côte dans la même direction , nous at-

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