LIVRE VI
d'Egypte, ou bien se révolter et perdre leur trône, comme ont fait Mithridate Eupator et Gléopatre, reine d'Egypte; et voilà comment aujourd'hui tout le pays en deçà du Phase et de l'Euphrate, à l'exception d'une partie de l'Arabie, relève directement des Romains et des chefs nommés par eux. Quant aux Arméniens et à ces peuples connus sous le nom d'Alba" nims et à* Ibères j qui habitent au-dessus de la Colchide, ils n'auraient besoin que de la présence d'un légat romain : cela seul suffirait à les contenir, et, s'ils s'agitent aujourd'hui, c'est qu'ils savent les Romains occupés ailleurs. J'en dirai autant des populations qui bordent l'Euxin au delà des bouches de rister, encore ne parlé-je ni des Bosporites ni des Nomades, car les premiers sont parfaitement soumis et les autres, qui ne sauraient être d'iolleurs, vu leur caractère insociable, d'aucune utilité pour Rome, ne demandent qu'à être surveillés. Enfin plus loin, c'est-à-dire à des distances inaccessibles, il n'y a plus guère que des tribus éparses de Scénites et de Nomades. Les Parthes, il est vrai, qui touchent aux frontières de l'Empire, possèdent une puissance redoutable, eux-mêmes cependant baissent aujourd'hui la tête et subissent l'ascendant des Romains et de leurs princes : non-seulement ils ont renvoyé ces trophées élevés naguère à la honte de Rome, mais leur roi Phraate a voulu confier aux soins d'Auguste ses fils et ses petits-fils, précieux otages destinés à leur concilier cette haute amitié ; plus d'une fois aussi de nos jours les Parthes ont fait venir de Rome le prince qu'ils voulaient avoir à leur tête; enfin il semble qu'ils soient au moment de se remettre eux et leurs biens à la discrétion des Romains. Pour en revenir à l'Italie, je dirai qu'après s'être vue, sous la domination romaine, déchirée à plusieurs reprises par la guerre civile, elle a été, ainsi que Rome, arrêtée sur cette pente funeste de corruption et de mine par la seule vertu de sa nouvelle constitution et par la sagesse de ses princes. Il serait difficile en effet de concevoir pour un si vaste Empire d'autre gouvernement que le gouvernement d'un seul, que le gouvernement du père sur sa famille, d'autant que jamais à aucune époque il n'a été
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donné aux Romains et k leurs alliés de goûter m^e paix et une prospérité aussi complète que celle que leur a procurée César- Auguste, du jour où il a été investi de cette sorte i^ autocratie j et dont Tibère, son fils et son successeur , con* tinue à les faire jouir, en le prenant pour règle de sa politique et de son administration, tout comme ses propres enfants, Germanicus et Drusus, se règlent sur lui dlans le concours zélé qu'ils lui prêtent.