Hom., Iliade y II
vestige dn passage de Jason et de celui de Phrixus ; on retronve, qui plus est, les traces de Jason et des Golkhes envoyés à sa poursuite en Crète, en Italie, dans l'Adriatique même, ce que rappelle, en partie du moins Gallimaque, quand il nomme
c Et le temple d'^glète et Pile d'Anaphé, proche voisine de c Théra, cette noble fille de Lacédémone S i
dans l'élégie dont voici le début,
c Je dirai d'abord comment du séjour d'^étès le Cytéen « une troupe de héros put à travers les mers regagner les ri- (c vages de l'antique Hasmonie, ;»
et qu'il ajoute à propos de ces Golkhes ou Golchidiens :
c  peine entrés dans la mer dlUyrie, ils suspendent le c mouvement de leurs rames; et non loin de la pierre qui re- « couvre la dépouille de la blonde Harmonie, ils fondent une « humble cité ; c'est pour le Grec la ville des Proscrits, c mais, d'un mot de leur langue, ils Tout nommée Pol£ *, i
Enfin, suivant certains auteurs, Jason aurait remonté la plus grande partie du cours de l'Ister ; mais d'autres se Jboment à le faire pénétrer par cette voie jusqu'à l'Adriatique^ et, si le8 premiers ont montré qu'ils ignoraient complètement la géographie de ces contrées, ceux-ci, du moins, en supposant l'existence d'un second fleuve Ister, qui sorti* rait du grand Ister pour aller se jeter dans l'Adriatique, n'ont pas avancé quelque chose de tout à fait invraisemblable et absurde.
40. Or, ce sont des données de ce genre que le poète a eues à sa disposition et qu'il a mises en œuvre, tantôt suivant rigoureusement l'histoire, et tantôt ajoutant à l'histoire les fictions de son imagination, conformément à la méthode générale des poètes et à la sienne en particulier : il suit l'histoire par exemple , quand il nomme ^étès, qu'il parle
l. cf. Callimachi fragmenta a R. Bentleio collecta (éd. Ernesti, Lugd. Batav., 1761) u» Il 3. — 2. Cf. iotd., n« 104.
de Jason et du navire Argo, qu'il crée son Mea. à l'image de la réelle JEsl, qu'il place Euneôs sur le trône de Lemnos et fait de cette île une alliée d'Achille , tout comme il fait une autre Médée de la magicienne Circé,
cr Propre sœur de rhomicide iEétès *. »
Au contraire, il ajoute et mêle la fiction à l'histoire, quand il transporte . en plein Océan le théâtre des erreurs qui suivirent l'expédition de Golchide ; car l'expression
c Argo, nom chéri, nom connu de tous les mortels', i
très-juste quand on admet la précédente distinction et qu'on conçoit l'expédition du navire Argo dirigée dans le principe vers des lieux connus et abondamment peuplés, ne se comprend plus, sij comme l'affirme Démétrius de Scepsis fl'a-^ près l'autorité de Mimnerme, lequel plaçait la résidence d'iEétès sur les bords mêmes de l'Océan, c'est dans la mer extérieure et vers les derniers confins de l'Orient que Jason se vit de prime abord envoyé par Pélias pour chercher la Toison d'or : l'expédition ainsi dirigée vers des lieux inconnus, ignorés, devient invraisemblable, sans compter qu'une navigation, comme celle-là, dans des parages absolument déserts et inhabités, et qui nous semblent aujourd'hui encore le dernier degré de l'éloignement, n'était paà de nature à procurer grand'gloire ni « à intéresser tous les cœurs'. »
1. Hom., Odyssée^ X, 137. — 2. Id., ibid., XII, 70. — 3. A l'exemple de M. Meineke, nous croyons pouvoir rejeter en note les vers suivants, qui paraissent bien les mêmes que citait Démétrius d'après Mimnerme, mais qu'on s'accorde à considérer comme une docte interpolation faite au texte de Strabon
« Océan. »
Et plus loin :
« La ville d'^cétès, où reposent étendus sur leur lit d'or, et près des bords « de l'Océan que visita naguère le divin Jason, les rayons du soleil à la course « rapide. »