‹ Geographie De StrabonChapitre 28 sur 181 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

1. Un autre tort d'Ératosthène est de citer trop souvent, soit qu'il les réfute, soit qu'il accepte leur témoignage et qu'il s'en serve, des écrivains qui ne méritent au fond que l'oubli, un Bamaste, par exemple, et ses pareils, tous gens que, même pour ce qu'il y a de vrai dans leurs livres, on ne devrait jamais ni citer ni croire. Les seuls témoignages, en effet, qui puissent faire autorité, sont ceux d'écrivains reconimandables, habituellement exacts, ou qui, s'il leur arrive parfois de passer les choses sous silence ou d'en parler trop brièvement, ne cherchent du moins jamais à tromper. Mais^le témoignage de Damaste l Autant vaudrait citer celui du Bergéen [ou celui du Messénien*] Evhémère et de tant d'autres comme lui, dont Ératosthène tout le premier dénonce et raille le bavardage frivole. Lui-même nous fait connaître un des sots contes que ce Damaste a débités, quand il nous le montre faisart un lac du golfe Arabique, et racontant conmie quolDiotime, fils de Strombichos, à la tête d'une ambassade athénienne, avait pu, en remontant le Gjdnus depm's la Cilicie jusqu'au Choaspe, fleuve qui passe à Suses, atteindre cette ville en quarante jours : il tenait lé fait soi-disant de Diotime en personne, et là-dessus il s'extasiait que le Gydnus pût ainsi couper et l'Euphrate et le Tigre pour aller se jeter dans le Choaspe I

2. Mais cette critique n'est pas la seule qu'on puisse adresser ici à Ératosthène: on peut lui reprocher encore d'avoir, en parlant des différentes mers, présenté conmie encore inexplorés de son temps des parages qui, au contraire, avaient été déjà visités et décrits avec une minutieuse exactitude ; d'avoir aussi, lui qui nous engage à ne pas accepter trop aisément la première autorité venue, et qui nous déduit tout au long les motifs d'une pareille défiance en

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