‹ Geographie De StrabonChapitre 37 sur 181 · LIVRE U · texte numérisé non relu

LIVRE U

au détroit de Byzance est de 1 8 000 stades, on porte à 30000 stades la distance de Tlnde mérldioDale aux montagnes, voyez, dis-je, quel enchaînement d'absurdités en résulte. Et d'abord, si le parallèle de Byzance est le même que celui deMassalia (ainsi qu Hipparque l'affirme sur la foi de Pythéas), et le méridieii de Byzance le même que, celui du Borysthène, ce qu'Hipparqne admet aussi, en même temps qu'il admet une distance de 3700 stades entre Byzance et le Borysthène, on devra retrouver cette même distance entre Massalia et le parallèle du Borysthène, lequel se confondra alors avec celui de la Celtique Parocéanitidey puisqu'un trajet de 3700 stades nous conduit effectivement jusqu'aux bords de T Océan.

13. D'autre part, puisque nous savons que la Cinnamômophore est la dernière terre habitée au midi, et que, d'après Hipparque lui-même, le parallèle de cette contrée marque aussi le commencement de la zone tempérée et habitable et se trouve éloigné de l'équateur de 8800 stades environ, puisque, en même temps, Hipparque place le parallèle du Borysthène à une distance de 34 000 stades de l'équateur, . c'est donc 25200 stades qui resteront, pour exprimer la distance comprise entrer le parallèle qui sépare la zone torride de la zone tempérée et le parallèle du Borysthène et de la Celtique Parocéanitide. Mais actuellement le point le plus avancé que la navigation atteigne au nord de la Geltique est lemé, qui se trouve située par delà la Bretagne, et que le froid rend déjà si difficilement habitable que les contrées situées encore plus loin passent pour être absolument inhabitées. Et comme, généralement, on place lerné à 5000 stades au plus au nord de la Celtique, c'est 30 000. stades ou même un peu plus de 30000 stades qu'on trouvera pour la largeur totale de la terre habitée.

14. A présent, transportons-nous à l'opposite de la Cinnamômophore en suivant dans la direction de l'est toujours le même parallèle, nous atteignons ainsi les parages de la Taprobane. On croit fermement que la Taprobane est une grande île située en pleine mer, au midi et en avant de

rinde, qu'elle s'étend, qui plus est, en longueur dans la direction de rÉthiopie sur un espace de plus de 5000 stades, et qu'elle envoie sur les marchés de Tlnde une quantité, considérable d'ivoire, d'écaillé et d'autres objets d'échange. Or, prêtons-lui une largeur proportionnée à sa longueur : cela, joint à l'espace qui la sépare de l'Inde , ne saurait faire moins de 3000 stades, ce qui est juste la distance qu'on calcule depuis la limite extrême de la terre habitée jusqu'à Méroé, s'il est vrai que les extrémités de Tlnde correspon-* dent exactement à l'île de Méroé : peut-être même un nombre plus fort serait-il plus près de la vérité. Ajoutons ensuite ces 3000 stades aux 30 000 que suppute Déimaque jusqu'au col qui donne accès chez les Bactriens et les Sogdiens, et voilà ces peuples rejetés en dehors de la zone habitable et tempérée l Mais personne osera-t-il avancer rien de pareil après tous les récits qu'on a faits et qu'on fait encore de l'heureux climat et de la fertilité merveilleuse, non-seulement de l'Inde septentrionale, mais de l'Hyrcanie elle-même, de TArie et des contrées qui suivent, telles que la Mar- ' giane et la Bacti iane ? Car toutes ces contrées, bien qu'elles appartiennent au versant septentrional du Taurus, et que la Bactriane touche même au col par où l'on entre dans l'Inde, toutes, dis-je, jouissent d'un si heureux climat, qu'on ne saurait rien concevoir qui diffère davantage de la nature des contrées inhabitables. En Hyrcanie, par exemple, si c« qu'on dit est vrai, tel cep de vigne donne jusqu'à un métrètc de vin, tel figuier jusqu'à soixante médimnes de figues, le grain tombé des épis suffit à faire lever une seconde moisson, les abeilles font leurs ruches dans les arbres, .et le miel découle des feuilles. En Médie, dans le canton de Maliane, en Arménie , dans ceux de Sacasène et d'Araxène, les mêmes faits se produisent, sans être aussi surprenants, puisque ces cantons sont plus méridionaux' que l'Hyrcanie, et qu'ils jouissent d'ailleurs d'un climat exceptionnel relativement au reste des pays auxquels ils appartiennent. En Hyrcanie, la chose est donc autrement merveilleuse. Dans la Margiane, aussi, l'on assure qu'il

Page 1