‹ Geographie De StrabonChapitre 36 sur 181 · LIVRE U · texte numérisé non relu

LIVRE U

des MacroscèleSf des Opisthodactyles ] eux aussi, qui ont renouvelé la fable homérique du combat des grues et des pygmées en parlant d'hommes hauts de trois spithames; eux encore, qui ont fait mention de ces fourmis chercheuses ou fouilleuses d'ovj de ces Pans sphénocéphalcs et de ces serpents capables d*avaler cerfs et bœufs avec leurs cornes ; sans compter qu'à ce sujet ils se trdtent l'un l'autre à qui mieux mieux de menteur, comme Ératosthène en fait luimême la remarque. Ils avaient été envoyés l'un et Tautre en qualité d'ambassadeurs à Palimbothra, Mégasthène auprès de Sandrocottus, et Déimaque auprès de son fils Âllitrochade^ et voilà pourtant les relations qu'ils nous ont laissées de leur voyage I Quelle raison a pu les pousser à écrire de telles choses? On n'en sait rien. Toujours est-ii que Patrocle ne leur ressemble pas le moins^ du monde, et qu'en général aucun des auteurs cités par Ératosthène ne mérite une semblable défiance.

10. {Ici une longvs lacum, qui a résisté jusqu'à ce jour à tovLS les essais de restitution^) .... Or, si le méridien qu'on a fait passer par Rhodes et Byzance s'est trouvé juste, celui qu'on prétend faire passer par la Gilicie et par Amisus se trouvera juste également, le parallélisme des deux lignes résultant de maintes observations, qui n'ont pu constater ni dans l'une ni dans l'autre la moindre tendance à coïncider.

11. Ce qui -prouve maintenant que le trajet par mer d'Âmisus en Colcbide se lait bien réellement dans la direction du levant équinoxial, c'est que partout, sur cette ligne, on observe mêmes vents, mêmes saisons, mêmes productions, mêmes levers du soleil. On vérifie pareillement que telle est bien la direction du col qui débouche sur la mer Caspienne et de la route de Bactres qui y fait suite. C'est qu'Ù n'est pas rare en effet que l'évidence et l'accord unanime des voyageurs méritent plus de créance que Tindication des instruments. Cela est si vrai,qu'Hipparque lui-même^,

1. Voy. cependant celui de Groskurd. — 2. Nous avons traduit d'après la correction a&T6« 6 'Imoaexoc proposée par Coray et Mèiueke, au lieu de la letjon

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qui nous affirme que la ligne tirée depuis les Colonnes <l*Hercule jusqu'en Gilicie est droite et se dirige au levant équiïioxial, n'a pas relevé cette ligne tout entière à Taide d'instruments et par les procédés géométriques, mais qu'il a dû, pour toute la partie comprise entre les Colonnes d'Hercule et le détroit de Sicile, s'en rapporter aux témoignages des navigateurs. Aussi a-t-il tort de prétendre que, du moment que nous ne pouvons pas dire quel est le rapport du jour le plus long au jour le plus court et le rapport de Tombre au gnomon pour toute la chaîne de montagnes qui court depuis la Cilicie jusqu'à Tlnde, nous ne pouvons pas dire non plus que cette chaîne soit plutôt parallèle qu'oblique, et qu'en conséquence nous devons maintenir sans correction l'obliquité telle que les anciennes cartes nous la présentent *. Car, en premier lieu, ne pas pouvoir dire une c/i05e, c'est proprement 5'a65ienir de V affirmer; et s'abstenir ^ c'est n'incliner ni d'un côté ni de l'autre ; or vouloir, comme fait Hipparque, qu'on laisse les choses dans l'état où les anciens nous les ont présentées, n'est-ce pas incliner d'un côté plutôt que de Vautre? Hipparque eût été plus conséquent en nous dissuadant absolument de toute étude géographique, puisqu'en effet sur la situation exacte des autres chaînes de montagnes et notamment des Alpes, des Pyrénées, des montagnes de la Thrace, de Tlllyrie et de la Germanie, nous n'avons rien de plus précisr à dire ; mais, qui voudra jamais croire que les anciens méritent plus de foi que les modernes, après toutes les erreurs qu'ils ont commises dans leurs cartes géographiques, et qu'Ëratosthène a relevées à si juste titre, sans qu'Hipparque ait pu y trouver à redire.

12. En second lieu, toute la suite du raisonnement d'Hipparque est remplie de grandes difficultés. Voyez en effet si, sans vouloir rien changer à cette donnée, que les extrémités méridionales de l'Inde correspondent à la région de Méroé, non plus qu'à celle-ci, que la distance de Méroé

1. Kramer lit ici r.a^i/yjai. an lieu de ^epii///jfft, nous avons traduit d'après celte correction.

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