‹ Geographie De StrabonChapitre 43 sur 181 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

ligne menée par les colonnes d'Hercule, par Athènes et par Rhodes, car il savait que, si Thapsaque se trouve à une grande distance des montagnes, la route, qui va de Thapsaque aux Pyles Caspiennes, finit par rencontrer ladite chame de montagnes, les Pyles Caspiennes marquant ain^i l'extrémité septentrionale de la limite en question.

25. Le côté nord ainsi représenté, Ératosthène poursuit en ces termes : « pour ce qui est du côté méridional, impossible de liii faire suivre la mer, vu l'espèce de pointe que le golfe Persique forme de ce côté dans les terres; mais nous avons la route qui part de Babylone, et qui s'en va par Suse et Persénoiis aboutir aux confins de la Perse et de la Karmanie, présentant une longueur de 9200 stades. » Il fait donc de cette route le côté méridional de sa figure, mais sans dire encore le moins du monde que le côté sud soit parallèle au côté nord. Il explique même la différence de longueujr des deux lignes prises par lui comme côtés septentrional et méridional par cette circonstance que TEuphrate, après avoir coulé jusqu'en un certain point de son cours droit au midi, incline ensuite sensiblement vers Test.

26. Des deux limites transversales, maintenant, Ératosthène décrit d'abord celle de l'O., mais il le fait de telle sorte qu'on peut se demander en vérité comment il Ta conçue au juste et si dans sa pensée elle formait une seule ligne ou deux lignes difiérentes. Car, s'il compte à partir du passage de Thapsaque et le long de TEuphrate jusqu'à Babylone 4800 stades et 3000* stades de là aux bouches de l'Euphrate et à la ville de Térédon, il avoue qu'au N. de Thapsaque il n'y a eu de mesuré que la partie qui s'étend jusqu'aux Pyles d'Arménie et qui peut bien être de 11 00 stades, mais que Vautre partie, laquelle traverse la Gordyène ^ et l'Arménie, ne l'a pas été et manque par conséquent dans son calcul. Passant ensuite au côté oriental, il estime que, dans

i. Voy. p. 196 {Index varix lectionis) de son édition de Strabon les raisons qoe donne M- Ch. Mûller pour repousser l'addiiion x^iaxtoiou^ après Tpt<rxi^iouç proposée par Gossellin et ratifiée par Groskurd. — 2, ropSualwv au lieu de roprjvaittv, heureuse correction de La Porte du Theil.

la portion qui part de la mer Erythrée et traverse toute la Perse dans la direction de la Médie, c'est-à-dire dans la direction du nord, ce côté n'a pas moins de 8000 stades et qu'il dépasserait même 9000 stades si on le faisait partir des promontoires les plus avancés, mais que, dans la portion restante , laquelle court à travers la Paraetacène et la Médie jusqu'aux Pyles Gaspiennes, il ne mesure guère que 3000 stades. Il ajoute que le Tigre et TEuphrate, qui coulent au S. l'un et l'autre au sortir de l'Arménie, décrivent à eux deux, passé les montagnes de la Grordyène, un vaste cercle autour de la contrée spacieuse appelée Mésopotamie, après quoi ils tournent au levant d'hiver et au midi, l'Euphrate surtout, qui, se rapprochant de plus en plus du Tigre, vers le mur de Sémiramis et à la hauteur du village d'Opis, passe à 200 stades tout au plus de ce village, traverse ensuite Babylone et va se jeter dans le golfe Persique. « De là, dit-il, pour la Mésopotamie et la Babylonie, une configuration particulière , qui rappelle la forme d'une galère munie de ses rames. » Tel est l'ensemble du passage d'Ëratosthène.

27. Dans le tracé de sa troisième sphragide Ératosthène a bien commis quelques erreurs, que nous exanunerons plus loin, mais ce ne sont pas du tout celles qu'Hipparque lui reproche. Voyons ce que dit Hipparque. Dans l'intention de fortifier encore la proposition établie par lui dès en commençant, à savoir qu'il n'y a pas lieu de déplacer rinde, pour la reporter davantage vers le S., ainsi que le veut Ératosthène, il prétend tirer la preuve évidente de ce fait des assertions mêmes de celui-ci. « Ainsi, dit-il, après avoir donné pour limite septentrionale à sa troisième section une ligne de 10000 stades comprise entre les Pyles Gaspiennes et TEuphrate, Ératosthène ajoute que le côté méridional compris entre Babylone et les frontières de la Earmanie n'a guère plus de 9000 stades; que le côté du couchant, maintenant, qui présente entre Thapsaque et Babylone, le long de l'Euphrate, un développement de 4800 stades, plus 3000 stades entre Babylone et les bouches du

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