LIVRE n
g^enr 70000 stades, et en largeur un peu moins de la moitié de sa longueur; s'agit-il de la configuration , il suffira de la comparer soit à une figure géométrique quelconque, comme quand on dit que la Sicile a la forme d'un triangle, soit à telle autre image généralement connue, comme quand on compare l'ibérie à une peau de bœuf et le Péloponnèse à une feuille de platane. Et plus sera grande la région à partager, plus aussi la division à grands traits se trouvera être dé mise.
31. Gela posé, on voit que la division de la terre habitée en deux parties au moyen de la chaîne du Taurus et de la mer jusqu'aux Colonnes d'Hercule est bonne. Dans la portion australe de la terre, la délimitation de l'Inde, au moyen de lignes de différente nature, est bonne également : bornée en effet à la fois par une chaîne de montagnes, par im fleuve, par une mer ; désignée , qui plus est , par un nom unique, ce qui implique l'unité de nation, l'Inde peut être en outre qualifiée exactement de quadrilatère rhomboïde. L'Ariane, moins complètement circonscrite, par la raison que son côté occidental ne se dégage pas nettement d'autres lignes, se tronve pourtant encore suffisamment déterminée par trois de ses côtés, qui forment autant de lignes droites, et par le nom qu'elle porte, lequel se trouve être celui d'une seule et même nation. £n revanche, la troisième sphragide, à la façon du moins dont Ératosthène l'a délimitée, demeure parfaitement indéterminée ^ : le côté qui lui est conunun avec l'Ariane risque d'être confondu avec d'autres lignes, ainsi que nous l'avons déjà dit, et le côté méridional a été tracé le plus négligemment du monde : car, au lien de fermer et de border la sphragide, il la traverse par le milieu, laissant ainsi au midi une bonne partie des terres qui en dépendent , sans compter qu'il n'en représente pas toute la longueur, puisque le côté nord est sensiblement plus long. L'Euphrate n'en saurait former non plus le côté occidental.
1 . VouB traduisoni d'après lacorreetion proposée par Spengel ovt« «i««(>i9«iioa au lien de ovim.
couIât-il même en ligne droite, puisque les extrémités de son cours ne se trouvent pas sous le même méridien , tellement qu'on se demande pourquoi Ëratosthène en a fait plutôt le côté occidental que le côté méridional de sa figure. Quand on pense, en outre, au peu d'espace qui lui restait à franchir pour atteindre la mer de Syrie et de Gilicie, on ne peut s'expliquer qu'il n'ait pas reculé jusque-là les bornes de sa sphragide, d'autant mieux qu'on qualifie toujours de princes syrien? Sémiramis et Ninus qui avaient, comme on sait, pour capitales et pour lieux de résidence, Sémiramis, la ville de Babylone, et Ninus, la ville de Ninive, souvent appelée la métropole générale de la Syrie ; ajoutez que , de nos jours encore, sur les deux rives de l'Euphrate les populations parlent une seule et même langue, et qu'il n'est nullement raisonnable de couper en deux par une ligne de démarcation arbitraire une nation aussi connue que celle-là, qui se trouvé avoir de la sorte telles de ses parties rejetées parmi des nationalités étrangères. De plus, Ératosthène ne pourrait pas dire que les dimensions déjà excessives de sa sphragide l'ont forcé à agir comme il a fait, puisque, prolongée même jusqu'à la mer, et augmentée de tout le pays qui s'étend jusqu'aux confins de l'Arabie Heureuse et de l'Egypte , elle n'égalerait pas encore l'Inde, ni même l'Ariane. Il eût donc beaucoup mieux valu s'avancer jusque-là et donner pour côté méridional à la troisième sphragide, ainsi augmentée de tout le pays jusqu'à la mer de Syrie, au lieu de la limite que trace Ératosthène, au lieu d'une simple ligne droite, le littoral lui-même, à partir de la Karmanie, c'està-dire tout le littoral qu'on longe à droite en entrant dans le golfe Persique jusqu'aux bouches de l'Euphrate ; puis, à partir de là, ledit côté aurait rejoint la. frontière commune à la Mésène et à la Babylonie, laquelle marque en même temps le commencement de l'isthme qui sépare l'Arabie Heureuse du roste du continent ; il aurait ensuite traversé l'isthme et se serait prolongé jusqu'au fond du golfe Arabique, jusqu'à Péluse, voire même jusqu'à la bouche Ganopique du Nil. Tel eût pu ô!re le côté méridional de la