Éraiosihène cependant, après avoir mesuré la Ion
gueur totale de la terre habitée, suivant une ligne qu'il suppose droite et qu'il fait passer par les Colonnes d'Hercule, les Pyles Gaspiennes et le Caucase, prend la longueur de sa troisième sphragide sur une ligne qu'il mène entre les Pyles Caspiennes et Thapsaque, et la longueur de la quatrième sur une ligne qui, menée par Thapsaque et Héroopolis jusqu'au pays compris entre les bouches du Nil, doit aboutir aux environs de Canope et d'Alexandrie, puisque c'est là que se trouve la dernière des bouches du fleuve, dite Canopique ou Héracléotique. Or, qu'il place bout à bout ces longueurs partielles, de manière à en former une seule et même ligne droite, ou qu'il fasse faire à ses deux lignes un angle à Thapsaque, toujours est-il qu'il ne les a prises ni Tune ni l'autre parallèles à la longueur totale de la terre, la chose ressort clairement de ses paroles. Comment tracet-il en effet, cette longueur totale de la terre habitée ? A l'aide de la chaîne du Taurus et de la mer qui, jusqu'aux Colonnes d'Hercule, en forme le prolongement direct, et suivant une ligne qu'il fait passer par le Caucase, par Rhodes et par Athènes. De Rhodes à Alexandrie maintenant, et en suivant le méridien qui passe par ces deux villes, il compte à peu de chose près 4000 stades : telle sera donc, d'après lui, la distance qui sépare le parallèle de Rhodes de celui d'Alexandrie. Mais le parallèle d'Héroopolis est comme qui dirait le même que celui d'Alexandrie (dans le fait il est un peu plus méridional) : par conséquent la ligne, droite ou brisée, qui viendra rencontrer le parallèle de cette ville et celui de Rhodes et des Pyles Caspiennes, ne pourra être en aucune façon parallèle à l'une ou l'autre de ces deux lignes. Ici donc les longueurs ont été mal prises. Celles des sections de l'hémisphère boréal ne l'ont pas été mieux. 34. Mais avant de le montrer, revenons à Hipparque et voyons ce qu'il dit maintenant : continuant à raisonner d'après les données qu'il se forge à lui-même, il affecte de réfuter géométriquement ce qu'Ératosthène n'a présenté que comme une esquisse à grands traits. Ainsi, à l'entendre, il résulterait des distances indiquées par Ératosthène, à sa-