LIVRE II
nius notamment nous raconte que, se trouvant dans une ville de ces contrées, distante de 400 stades de Gadira, il observa du haut d'une des maisons les plus élevées de la ville une étoile, dans laquelle il crut reconnaître Canope elle-même, se fondant en cela sur le témoignage de tous les navigateurs qui se sont avancés quelque peu au sud de Tlbérie et qui conviennent unanimement de Tavoir observée, ainsi que sur les observations faites à Gnide, où Eudoxe, du haut dun observatoire, qui n'était guère plus élevé que les autres maisons de la ville, reconnut positivement Canope : or, ajoute •Posidonius, la viÛe de Gnide est située sur le climat de Rhodes, qui se trouve être en même temps celui de Gadira et de toute la côte voisine.
15. Eh bien! Qu'à partir du promontoire Sacré on navigue vers le sud, on ne tarda pas à atteindre la Libye et Ton voit cette contrée, dont les terres les plus occidentales dépassent même quelque peu le méridien de Gadira, se détourner ensuite brusquement au sud-est, et former un étroit promontoire, mais pour s'élargir ensuite par degrés jusqu'au point où commence le pays des Éthiopiens Occidentaux, lequel limite au S. la Province Carthaginoise, et touche au parallèle de la Ginnamômophore. Et il en est de même si Ton navigue dans la direction opposée à partir du promontoire Sacré : après avoir, en effet, couru droit au nord jusqu'au pays des Artabres, avec la Lusitanie à sa droite, on voit la côte tourner au plein levant, de manière à former un angle obtus au point où le mont Pyréné vient finir dans l'Océan, point auquel correspond dans le nord l'extrémité occidentah) de la Bretagne, tout comme au pays des Artabres correspondent les lies Gassitérides, situées en pleine mer, à peu près sous le climat de la Bretagne. On voit donc à quel point les extrémités de la terre habitée, prise dans le sens de sa longueur, se trouvent rétrédes par la mer qui l'environne.
16. Mais, avec cette forme générale qu'affecte la terre habitée, ce qu'il y a de mieux à faire, ce semble, c'est^d^ prendre deux droites se coupant perpendiculairement, ^iP en figureront Tune la plus grande longueur, l'autre la plus
grande largeur : la première de ces lignes sera choisie parmi les parallèles, la seconde parmi les lignes méridiennes. Puis, à l'aide d'autres lignes que Ton concevra respectivement parallèles à l'une ou à l'autre de ces deux premières lignes, on achèvera de diviser la terre et la portion de mer que nous fréquentons. De cette manière etparladifférence de longueur des lignes, aussi bien des lignes parallèles que des lignes méridiennes, on se rendra mieux compte de la forme que nous avons prêtée à la terre habitée ; on distinguera mieux aussi le climat ou la position respective de chaque lieu tant au levant qu'au couchant, tant au nord qu'au midi. Naturellement les droites dont nous parlons devront passer par des lieux connus. Déjà nous avons déterminé les deux premières, les deux du milieu, qui représentent, avons-nous dit, l'une la longueur, l'autre la largeur de la terre habitée ; or, il sera facile de connaître les autres, à l'aide de celles-là : car, en prenant ces deux lignes pour premiers jalons, si l'on peut dire, on pourra toujours calculer* le parallèle d'un lieu et déterminer les autres éléments de sa position géographique et astronomique.
17. Rien maintenant ne contribue plus à donner à la terre habitée la figure qu'elle a que la mer, en dessinant, comme elle fait, ses contours au moyen des golfes, des bassins, des détroits, des isthmes, des presqu'îles, et des promontoires qu'elle forme sur ses côtes. Ajoutons que, dans une certaine mesure, les fleuves et les montagnes concourent au même but, en ce qu'ils ont servi à distinguer les continents et les nations qui les habitent et à indiquer pour les villes les emplacements les plus favorables, fournissant ainsi au géographe ces formes et ces détails de toute nature dont il parsème ses caries chorégraphiques. N'oublions pas non plus cette multitude d'îles dispersées en pleine mer et sur tout le littoral de la terre habitée. H peut se faire en outre que les lieux possèdent certaines vertus ou certains vices, certains
1 M-.ïWûller propose de lire, au lieu de <r.v,)a6|*te«, a'A\iy6if.tia. eo sewu quo ttV'ni^^'rv'i Z'^'J'"''- ^ ^** ^ "eus que nouk avons ctoUé ft rendre par