‹ Geographie De StrabonChapitre 77 sur 181 · LIVRE II. I î · texte numérisé non relu

LIVRE II. I î

simplement possible la figure et l'étendue des pays qui doivent trouver place sur la carte de la terre habitée. Quanta disserter en règle sur l'ensemble de la terre, ou même seulement sur la totalité du peson de fuseau compris dans la zone qui est la nôtre, quant à chercher, par exemple, si ledit peson est habité aussi dans l'autre quart de sphère, ceci est du domaine d'une autre science. Dans ce cas-là, en effet, les habitants de cette autre partie du peson ne pouvant manquer d'être différents de ceux de lapartieque nous occupons, il faudrait supposer, ce qui d'ailleurs est vraisemblable, l'existence d'une seconde terre habitée. Or, c'est la nôtre uniquement que nous avons à décrire.

1 4. Gela posé, nous dirons que la forme de notre terre habitée est celle d une chlamyde ; que sa plus grande largeur est représentée par une ligne, qui suit le cours même du Nil et qui part du parallèle de la Ginnamômophore et de l'île des Exilés d'Egypte pour aboutir au parallèle d'Iemé, tandis que sa longueur est représentée par une autre ligne, perpendiculaire à celle-là, qui, partant de l'occident, passe par les Colonnes d'Hercule et le détroit de Sicile, atteint Rhodes et le golfe d'Issus, pour suivre alors d'un bout à l'autre la chaîne dn Taurus, laquelle coupe l'Asie tout entière, et va finir à la mer Orientale entre l'Inde - et le pays que les Scythes occupent au-dessus de la Bactriane. Il faut donc concevoir un parallélogramme dans lequel on aura inscrit ia chlamyde en question de telle sorte que la plus grande longueur et la plus grande largeur de chacune des deux figures se correspondent et soient égales chacune à chacune, et cette chlamyde sera proprement la figure de la terre habitée. Mais nous avons déjà dit que, dans le sens de sa largeur, la terre habitée était limitée par des côtés parallèles formant la séparation supérieure et la séparation inférieure entre la région habitable et la région inhabitée, et que ces côtés étaient, au nord, le parallèle d'Iemé, et, au midi, vers la zone torride, le parallèle de la Ginnamômoph^^^ or, prolongeons ces côtés parallèles au levant et au cbacBÊÊr jusqu'aux extrémités correspondantes de la terre, ils for-

ment, on le voit, avec les lignes qui unissent lesdites extrémités, un parallélogramme. Nul doute maintenant que notre terre habitée ne se trouve bien réellement inscrite dans ce parallélogramme, puisque ni sa plus grande largeur, ni sa plus grande longueur n'en dépassent les côtés ; nul doute aussi que sa forme ne soit exactement celle d une chlamyde, puisque, dans le sens de sa longueur, ses deux extrémités se terminent, comme on dit, en façon de queue de rat, la mer lui retranchant là de part et d'autre ime portion notable de sa largeur, ainsi qu'il appert des rapports des navigateurs, qui, par Test et par l'ouest, ont entrepris le périple de la terre. Du côté de Test, en effet, quels sont les points extrêmes qu'ils nous signalent? L'île de Taprobane d'abord, qui, bien que située plus au midi que l'Inde, et à une assez grande distance encore du continent, ne laisse pas que d'être assez peuplée et doit, à en juger par l'analogie de son climat avec celui de Tile des Égyptiens et de la Ginnamômophore, se trouver juste à la même hauteur que ces deux contrées, et, avec rile de Taprobane, l'entrée de la mer Hyrcanienne, qui, plus septentrionale que l'extrême Scythie, laquelle fait suite à rinde, paraît cependant 1 être moins que lerné . Même disposition maintenant à l'extrême occident par delà des Go tonnes d'Hercule. Le promontoire Sacré dlbérie, qui termine, on le sait, de ce côté la terre habitée, doit se trouver à peu près sur la ligne qui passe par Gadira, les Golonnes d'Hercule, le détroit de Sicile et Rhodes, d'après ce qu'on rapporte de la concordance parfaite des horloges et de la direction identique des vents périodiques en ces différents lieux, ainsi que de Tégalité dans la durée des plus longs jours et des plus longues nuits, cette durée y étant de quatorze heures équinoxiales et demie, sans compter que, de la côte voisine de Gadira, on a plus d'une fois observé [les Cabires, constellation Uès-rapprochée de Ganope\] Posido-

MÊÊ^l^Tlliitl^^^ (P: 1«) «w quoi M. Meinekc a appuyé cette

col. 1.) * Ka»«eo« ooT^aç. (Voy. IMex varim itctionù. p. 949,

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