Odyssée, Y. :0Z
« des mortels, descend au-dessous de la terre et le point d*< « il remonte et s'élève au-dessus *, i
d'autre part , ils n'ont que faire d'approfondir ces ë jusqu'à savoir quels sont, pour chaque lieu de la terre, et astres qui se lèvent, et les astres qui se couchent ense et ceux qui passent ensemble au méridien ; quels sont et hauteur correspondante du pôle et le point zénithal, et d'autres circonstances du même genre qui, suivant les changements d'horizon et de cercle arctique, viennent à changer aussi, soit seulement en apparence, soit en réalité. De cet faits, les uns pourront être négligés complètement par Thomme d'État et Thomme de guerre, à moins qu'ils m veuillent en faire un objet de pure spéculation phUosophi* que, les autres devront être admis de confiance, quand biea même les causes leur en demeureraient cachées : car cette recherche des causes appartient au seul philosophe de pro» fession, le politique n'ayant pas assez de loisir pour s'y Ii« vrer, si ce n'est par exception. Il ne faudrait pas ponrtanîC que celui qui prétendra lire ce traité fût assez novice ou assez nonchalant pour n'avoir jamais jeté les yeux sur une sphère, ni regardé les cercles qui y sont tracés parallèlement, perpendiculairement ou obliquement les uns aux autres^ et la position respective des tropiques, de Téquateur et du zodiaque, ce cercle que suit le soleil dans sa révolution, déterminant de la sorte les différences des climats et des vents. Car il suffit qu'on comprenne tant bien que mal ces premiers éléments de la science et ce qui est relatif aux changements d'horizon et de cercle arctique, et en général tout ce qui sert d'introduction aux mathématiques proprement dites, pour être à même de suivre ce que nous exposons ici*. Mais si l'on ignore ce que c'est qu'une ligne, droite ou courbe, ce que c'est qu'un cercle, une surface, sphérique ou plane, et que l'on ne soit pas en état de reconnaître dans le ciel les sept étoiles delà Grande-Ourse, ou telle autre constellation
I. nom., O'ItfsséCf X, t90. —2. Nous avons suivi ici le texte de M.Meineke :
aussi connue, on n'a que faire, provisoirement du mdîns, d'un traité tel que le nôtre, et Ton doit, au préalable, se familiariser avè« des notions, sans lesquelles il n'y a pas d'études géographiques possibles. — Voilà pourquoi les auteurs de Portulans et de Périples ne font qu'un travail inutile, quand ils négligent d'ajouter à leurs descriptions ce qui, en fait d'éléments mathématiques et astronomiques, s'y rattache nécessairement ^
22. En somme, il faut que le présent traité s'adresse à .tout le monde, à la fois aux poUtiqiies et aux simples particuliers, comme notre précédente composition historique. Lk aussi nous employions cette qualiGcation de politique, pour désigner, par opposition à l'homme complètement illettré , celui qui a parcouru le cercle entier des études composant ce qu'on appelle d'ordinaire l'éducation libérale et philosophique. Car celui-là seul, disions-nous, peut blâmer et louer à propos et discerner dans l'histoire les événements vraiment dignes de mémoire, qui a médité sur les grandes questions de 'O&rtu et de sagesse et sur les différents systèmes qui s'y rapportent.
23. Ayant donc publié déjà des Mémoires historiques, utiles, nous le supposons du moins, aux progrès de la philosophie morale et politique, nous avons voulu les compléter par la présente composition : conçue sur le même plan, elle s'adresse aux mêmes hommes, à ceux surtout qui occupent les hautes positions. Et de même que, dans notre premier ouvrage, nous n'avons mentionné que les faits relatifs aux hommes et aux vies illustres, omettant à dessein tout ce qui pouvait être petit et obscur, ici aussi nous avons dû négliger les petits faits, les- faits trop peu marquants, pour insister davantage sur les belles et grandes choses, qui se trouvent réunir à la fois l'utile, l'intéressant et l'agréable. Dans les statues colossales y on ne recherche pas l'exactitude minu-
1. A l'exemple de M. Meineke et sur Tindication donnée par Coray, nous avons transporté ici toute cette pbrase« qui se trouve haoituellement placée à la fin du chapitre suivant, mais qui n'est peut-être bien aussi qu'une glose marginale introduite indûment dans le texte de Strabon.
glographie de strabon.
tieus'e des détails, on accorde plutôt son attention à l'ensemble, au bon effet de l'ensemble : même jugement à appliquer ici. Car notre ouvrage est aussi. Ton peut dire, nn monument colossal, qui reproduit uniquement les grands traits et les effets d'ensemble, sauf le cas où tel pelit détaï' nous aura paru de nature à intéresser à la fois Térudit et rbomme pratique. En voilà assez pour établir k quel point il est sérieux et digne de l'attention des philosophes.