‹ Geographie De StrabonChapitre 89 sur 181 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

SOUS le parallèle de la Cinnamômophore , c'est-à-dire à 3000 stades au S. de Méroé et à 8800 stades au N. de Téquateur, représente à très-peu de chose près le milieu de rintervalle compris entre Téquateur et le tropique d'été, lequel passe par Syène, puisque cette ville est à 5000 stades de Méroé. Ces mêmes peuples sont les premiers pour qui la Petite-Ourse se trouve comprise tout entière dans le cercle arctique et demeure toujours visible, l'étoile la plus méridionale de la constellation, l'étoile brillante qui termine la queue, étant placée sur la circonférence même du cercle arctique, de manière à raser l'horizon . Le golfe Arabique, maintenant, qui s'étend à TE. du méridien de Méroé et qui lui est on peut dire parallèle, débouche dans la mer Extérieure à la hauteur juste de la Cinnamômophore ou de la contrée où Ton chassait anciennement l'éléphant. Il s'ensuit que le parallèle de la Cinnamômophore doit tomber d'un côté un peu au S. de la Taprobane ou sur la pointe méridionale de cette île et du côté opposé dans le sud tout à fait de la Libye.

36. A Méroé et àPtolémaïs Troglody tique, le plus long jour est de treize heures équinoxiales, la position de ces deux villes nous représente donc à la rigueur le milieu de la distance entre l'équateur et le parallèle d'Alexandrie, la différence en plus du côté de l'équateur n'étant que de 1800 stades. Le parallèle de Méroé qui, à gauche, traverse des contrées inconnues, passe à droite par l'extrémité de rinde. A Syène et à Bérénice (j'entends la Bérénice du golfe Arabique et de la Troglody tique), on se trouve avoir, lors du solstice d'été, le soleil au zénith ; en outre le plus long jour y est de treize heures équinoxiales et demie, et la Grande-Ourse elle-même s'y montre comprise à peu près tout entière dans le cercle arctique, car il ne reste en dehors que les cuisses, l'extrémité de la queue et l'une des étoiles du carré. Quant au parallèle de Syène, d'un côté il coupe le pays des Ichthyophages en Gédrosie et de l'autre il passe à 5000 stades ou peu s'en faut dans le sud de Cyrène.

37. Pour tous les lieux situés entre le tropique et l'équateur, les ombres tombent alternativement au nord et au midi, tandis que, pour les lieux situés à partir de Syène en dehors du tropique d'été, l'ombre méridienne tombe invariablement dans la direction du nord. Les habitants des premiers sont dits amphisciens^ ceux des autres hètéroscicns . Ce n'est pas là du reste le seul caractère distinctif de la région tropicale, en parlant des zones, nous en avons signalé un autre, qui consiste en ce que son sol sablonneux et sec ne produit que le silphium, tandis que les contrées plus méridionales sont abondamment arrosées et d'une grande fertilité.

38. Pour les habitants des pays situés à 4000 stades environ au sud du parallèle d'Alexandrie et de Gyrène, le plus long jour est de 14 heures équinoxiales ; en même temps ils ont Ârcturus au zénith, l'étoile seulement décline un peu au sud. Gomme à Alexandrie, maintenant, au temps de Téquinoxe, le rapport de l'ombre au gnomon est celui de 3^ à 5, les lieux en question doivent se trouver à 1300 stades* au sud de Garthage, car à Garthage le rapport de l'ombre au gnomon, observé aussi le jour de l'équinoxe, est celui de 7 à 11. Quant au parallèle d'Alexandrie, il passe d'un côté par Gyrène, puis à 900 stades dans le sud de Garthage et coupe en se prolongeant la Maurusie par le milieu, pour traverser de l'autre côté successivement l'Egypte, la Gœlésyrie, la Syrie supérieure', Babylone [ou plutôt la Babylonie*], la Susiade, la Perside, la Karmanie, la Haute- Gédrosie et finalement l'Inde.

39. A Ptolémaïs de Phénicie, à Sidon, à Tyr, le plus long jour est de 14 heures équinoxiales un quart : ces villes

1. Voy. la remarque de GosseUin, p. 372 du t. I"' de la traduction française (m-4°), note 5. — *à. M. Millier, après Grosknrd, rejette la correction de 1400 stades (au lieu de l3oo) proposée par GosseUin et admise par Coray, tout en reconnaissant que le nombre de i4i)u serait plus exact. Ces corrections ont le grand inconvénient de prêter à Strabon une rigueur qu'il n'avait pas et ne voulait pas même avoir — 3. Voy. Index var, Uct., j). 951. col. ly l'excellente remarque de M. MûUer sur rextension que les anciens géographes prêtaient à cette double dénomination. — 4. Bien que le nom Bac?u).iv, comme le rappelle M. MûUer, ne désigne pas uniquement la ville et s'emploie fréquemment pour désiguer la contrée même.

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