‹ Geographie De StrabonChapitre 92 sur 181 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

avons dû négliger pour cette raison , on devra recourir à Hipparque lui-même. Ce serait également charger notre ouvrage d'un détail superflu que de reproduire tout ce que Posidonius a publié au sujet des Périsciens, des Amphiscîens et des Hétérosciens, Nous devrons pourtant nous-même en toucher quelques mots, en dire assez du moins pour que nos lecteurs se fassent une idée claire de ces dénominations, et puissent distinguer dans la théorie de Posidonius la partie utile et la partie inutile au géographe. Il s'agit là d'ombres solaires, et comme le soleil, au jugement de nos sens, se meut dans un cercle parallèle à la révolution diurne du monde, on conçoit que les peuples pour lesquels se produit, à chaque révolution du monde, la succession d'un jour et d'une nuit, par suite de la position alternative du soleil audessus et au-dessous de Thorizon, doivent être ou Amphiscîens ou Hétérosciens: amphisciens, quand après avoir vu, pendant une partie de l'année, l'ombre méridienne tomber au nord, parce que le soleil frappe alors du midi le gnomon élevé perpendiculairement sur une surface plane, ils la voient, le reste de Tannée, tomber dans une direction contraire, parce que le soleil frappe alors le gnomon du côté opposé (ce qui n'arrive que pour les habitants de la zone comprise entre les tropiques) ; hétérosciens, quand ils voient Tombre méridienne tomber ou toujours au nord (comme c'est le cas pour nous), ou toujours au midi (comme il arrive aux habitants de l'autre zone tempérée et en général à tous les peuples qui voient le cercle arctique plus petit que le tropique) . Mais, avec les premiers peuples qui voient le cercle arctique de même grandeur ou plus grand que le tropique, commence la région dite des PériscienSy laquelle s'étend jusqu'au pôle : comme, en effet, pour cette partie de la terre, le soleil, pendant toute la durée de la révolution diurne du monde, se meut au-dessus de l'horizon, il est évident que l'ombre y doit décrire un cercle entier autour du gnomon. Delà cette dénomination de pemcierw proposée par Posidonius : quant aux pays qu'elle désigne, ils n'existent pas, à proprement parler, pour le* géographe ; car.

ainsi que nous l'avons dit en réfutant Pythéas, le froid les rend absolument inhabitables. Nous n'avons même pas, d'après cela, à nousoccuper de l'étendue que peut avoir cette région inhabitable, qu'il nous suffise d'avoir précédemment établi que la distance entre l'équateur et le tropique est de 4 soixantièmes du grand cercle de la terre, ce qui place toute contrée ayant le tropique pour cercle arctique sous le cercle que le pôle du zodiaque décrit dans la révolution diurne du monde.

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