‹ Geographie De StrabonChapitre 93 sur 181 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Cette première esquisse de la géographie une fois tracée, nous devons la faire suivre d'une description détaillée des différentes parties de la terre habitée : tel est le plan effectivement que nous avons annoncé en commençant et jusqu'à présent, ce semble, la manière dont nous avions divisé notre sujet s'est trouvée bonne. Naturellement, ici encore, comme dans la première partie de notre ouvrage, et pour les mêmes motifs, l'Europe avec les pays qui en dépendent sera notre point de départ.

2. Le premier pays de l'Europe à l'occident, nous l'avons déjà dit, est Tlbérie. Cette contrée, dans la plus grande partie de son étendue, est à peine habitable; on n'y rencontre, en effet, presque partout que des montagnes, des forêts et des plaines au sol maigre et léger, arrosées qui plus est de façon irrégulière. La région septentrionale, qui a déjà le double inconvénient d'un sol très- âpre et d'un climat extrêmement froid, doit enoore à sa situation le long de l'Océan d'être absolument privée de relations et de conmiunications avec les autres contrées, aussi n'imagine-t-on pas de séjour plus misérable. Telle est la nature de cette partie de l'Ibérie ; en revanche, la partie méridionale presque tout entière est riche et fertile, surtout ce qui se trouve placé en dehors des Colonnes d'Hercule. C'est ce que nous ferons voir en

présentant la chorographie du pays. Mais auparavant, déterminons-en la forme et retendue.

3. Libelle ressemble tout à fait à une peau de bœuf, qu'on aurait déployée dans le sens de sa longueur de l'X). à TE. (la partie antérieure tournée du côté de l'E.), et dans le sens de sa largeur du N. au S. Elle a 6000 stades de longueur, mais sa largeur qui, là où elle est la plus grande, mesure 5000 stades^ tombe en certains endroits beaucoup au-dessous de 3000, notamment aux abords du Mont Pyréné, qui en représente le côté oriental. Cette montagne, en effet, s'étend du S. au N. en forme de chaîne continue et sépare la Celtique de l'Ibérie. Or, la Celtique se trouve être, ainsi que Tlbérie, de largeur variable, et, comme c'est dans la partie où elles se rapprochent le plus du Mont Pyréné que Tune et l'autre contrée présentent le moins de largeur des bords de la mer Intérieure à ceux de l'Océan, elles offrent dans la même partie l'une et l'autre, et du côté de rOcéan comme du côté de la mer Intérieure, de grands golfes ou enfoncements. Seulement, les golfes celtiques, ou, comme on les appelle aussi, les golfes galatiques, ont plus de profondeur, et Tisthme de la Celtique est comparativement plus étroit que celui de l'Ibérie. Le Mont Pyréné forme donc le côté oriental de l'Ibérie. Quant au côté méridional, il est déterminé en partie par la mer Intérieure , depuis le Mont Pyréné jusqu'aux Colonnes d'Hercule, en partie par la mer Extérieure jusqu'au promontoire Sacré, puis le troisième côté ou côté occidental s'étend à peu près parallèlement au Mont Pyréné , depuis le promontoire Sacré jusqu'à la pointe du pays des Artabres, connue sous le nom de cap Nerium; enfin, le quatrième côté part de ce cap et va aboutir à l'extrémité septentrionale du Mont Pyréné.

4. Pour décrire maintenant le pays en détail, nous reprendrons du promontoire Sacré. Ce cap marque l'extrémité occidentale non-seulement de l'Europe, mais de la terre habitée tout entière. Car, si la terre habitée finit au eouchant avec les deux continents d'Europe et de Libye, avec Tlbé-

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