‹ Geographie De StrabonChapitre 97 sur 181 · LIVRE m · texte numérisé non relu

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distance de 1200 stades environ de la mer, c'est-à-dire jusqu'à Corduba, et même un peu plus haut; les campagnes qui le bordent sont cultivées avec an soin extrême, ainsi que les petites îles qu'il renferme ; et, pour comble d'agrément, la vue s'y repose partout sur des bois et des plantations de toute sorte admirablement entretenues. Les transports d'un fort tonnage peuvent remonter jusqu'à Hispalis, c'est-à-dire l'espace de 500 stades ou peu s'en faut, et les navires plus faibles encore plus haut, jusqu'à Ilipa ; mais, pour atteindre Corduba, il faut se servir de barques, de ces barques de rivière qui, faites anciennement d'un seul tronc d'arbre, le sont aujourd'hui de plusieurs pièces assemblées. Au-dessus de Corduba, vers Gastlon *, le fleuve cesse d'être navigable. Plusieurs rangées de montagnes parallèles entre elles suivent sa rive septentrionale, en s'en rapprochant tantôt plus, tantôt moins : elles contiennent beaucoup de gîtes métallifères.- L'argent notamment est trèsabondant aux environs d'Ilipa et de Sisapon, du Nouveau comme du Vieux-Sisapôn ; près de Gotines*, on trouve de l'or associé au cuivre. On a donc ces montagnes à gauche quand on remonte le fleuve. A droite, maintenant, s'étend une plaine élevée, très-vaste et très-fertile, couverte de beaux arbres et riohe en pâturages. L'Anas, comme le BaBtis, peut être remonté, mais il ne peut l'être par des navires d'un aussi fort tonnage, ni aussi avant. Sa rive septentrionale est également bordée de montagnes qui con* tiennent des gîtes métallifères, et se prolongent jusqu'au Tage. La nature des terrains métallifères^ on le sait, est d'être âpre et stérile, tel est en effet l'aspect que présente le pays aux abords de la Garpétanie, et plus encore vers la frontière de la Geltibérie. Tel est aussi l'aspect de la Bœ-

1. M. Mûller pféfère ponr ce nom la forme de Ccatalon admise par Coray •* la leçon des Mss. est Ciaston, et plus bas on trouve par deux fois la leçon Castaon. La forme Castlon qu*en a tirée Kramer n'en est-elle pas un peu plus rapprochée? — 2. Peut-être faut- il lire Comtantia. nom que porte eneore aujourd'hui une petite localité située à sept ou huit lieues d'Almsuien (le Sisapon de Strabon) •* M. Mûller incline à adopter cette com'ecture de la Porte du Theil. Voy. Vlfuiex nomHium rerumque de son édition aa mot Cotinse.

turie, dont les plaines sèches et arides bordent le cours de TAnas.

4. La Turdétanie, au contraire, jouit d'une merveilleuse fertilité, non-seulement tout y vient et en grande abondance, mais ces avantages naturels sont en quelque sorte doublés par les facilités qu'elle a pour Texportation de ses produits. Le superflu de ses récoltes, en effet, se vend et s'enlève aisé- ment vu le grand nombre de bâtiments de commerce qui la sillonnent grâce à ses beaux fleuves et à la disposition de ses œstuaires, lesquels ressemblent, avons-nous dit , à des fleuves, et peuvent être, comme ceux-ci, remontés depuis la mer non-seulement par les petites embarcations , mais mêmie par de grands bâtiments, et peuvent l'être jusqu'aux villes de rintérieur. On sait qu'au-dessus de la côte comprise entre le Promontoire Sacré et les Colonnes d'Hercule tout le pays n'est k proprement parler qu'une plaine : or^ cette plaine sur beaucoup de points est entamée par des combes ou ravins, qui, semblables à des vallées de moyenne grandeur, ou tout au moins aux lits encaissés des fleuves, partent de la mer et pénètrent dans l'intérieur des terres à plusieurs centaines de stades de distance, et, comme, k la marée haute, les eaux de la mer y font irruption et les remplissent, les embarcations peuvent les remonter ni plus ni moios qu'ils remontent les fleuves, voire même plus facilement, car la navigation y ressemble à la descente d'une rivière, nul obstacle ne la gêne et le mouvement ascendant de la marée la favorise comme pourrait le faire le courant de la rivière. Ajoutons que sur cette côte le flot a plus de force qu'ailleurs : poussé en effet des espaces libres et ouverts de la mer Extérieure vers Tétroit canal que la Maurusie forme en s'avançant à la rencontre de Tlbérie, le flot rebondit en quelque sorte et pénètre aisément les parties peu résistantes de la côte. Quelques-unes de ces combes ou tranchées naturelles se vident complètement avec le reflux, d'autres ne sont jamais entièrement à sec. Il y en a aussi qui contiennent des îles. Tel est l'aspect particulier que donnent aiWisestuaires compris entre le Promontoire Sacré et

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