PERSONNAGES CELEBRES
étaient occupés dans les premiers jours de novembre, et l'ennemi approchait d'Evreux h 19. Le général de Kersalaun, qui y commandait, fit évacuer la ville par ordre supérieur, et occuper Gonches, Louviers et Bernay, dans le but de défendre la ligne de la Rille et de couvrir Serquigny, oii était la seule ligne de la voie ferrée qui reliât encore le sud au nord de la France ; cette mesure amena sa disgrâce. L'ennemi envahit alors le département dans sa partie sud-est, et le sillonna jusqu'à Évreux par des patrouilles et des reconnaissances.
Des engagements eurent lieu ensuite à Vernon, d'où les Prussiens furent repoussés ; Évreux fut dégagé. Les Allemands durent évacuer la forêt de Bizy. Le général Briand réoccupa Évreux et Vernon, et résolut de faire évacuer Gisors. Les 29 et 50 novembre eut lieu l'affaire d'Étrépagny, où nos soldats se comportèrent vaillamment; mais le général Briand, qui menait l'attaque et qui avait disposé une marche générale sur Gisors, ne put y réussir malgré ce succès. Étrépagny fut l'objet de lâches vengeances de la part de l'ennemi, et 60 habitations devinrent la proie des flammes.
Bientôt après, l'occupation de Rouen, le 6 décembre, amena la cessation de la résistance dans l'Eure, malgré les efforts héroïques des gardes nationaux de Vernon aux abords de la forêt de Bizy, à Bléru et à Réanville, le combat de Bourgtheroulde (4 janvier) où se signalèrent les mobiles de l'Eure, et le département resta occupé jusqu'à la paix.
Citons cependant un dernier acte de courage, celui des 300 gardes nationaux de Bernay, qui, le 21 janvier 1871, osèrent marcher, sans appui de troupes régulières, contre le général de Bredow, sur la route de Broglie, et qui l'arrêtèrent jusqu'au soir. La ville, occupée le lendemain, eut à subir une contribution de guerre de 100,000 francs.