V. — Curiosités naturelles
L'Hérault doit à la diversité de ses altitudes, qui de 1126 mètres s'abaissent jusqu'à la Méditerranée, une grande variété d'aspects. Dans les Cévcnnes on admire les beaux spectacles des contrées montagneuses; dans la région des collines, un pays prospère, une nature luxuriante; sur le littoral, les sites étranges des bords des étangs.
Les curiosités naturelles proprement dites que renferme le département de l'Hérault sont de belles sources, des cirques de montagnes et des défilés, des cascades et des grottes. Parmi les sources nous citerons au premier rang celle du Lez, qui, semblable à la fontaine de Vaucluse, sort, comme elle, au-dessus du moulin de Lafoux, d'une vaste grotte, ouverte dans un grand rocher à pic (140 mètres de hauteur absolue). Une autre source remarquable est celle de Saint- Pons, véritable Origine du Jaur, qui sort, comme la précédente, par une large ouverture taillée dans un énorme rocher perpendiculaire, d'une caverne dont la profondeur est inconnue. Un grand nombre d'autres fontaines abondantes sont indiquées dans le chapitre 111, intitulé: Cours d'eau, ou dans le chapitre II, comme la source de l'Abysse, qui jaillit dans l'étang de Thau (V. page 10).
Mais le site le plus extraordinaire du département est celui de Minerve, village bâti sur un roc escarpé au pied duquel se réunissent les gorges de la Cesse et du Brian. Ces deux torrents, surtout le dernier, coulent à la base d'un double escarpement de rochers immenses qui ont en certains endroits plus de 100 mètres de hauteur. Le Brian coule un instant sous terre au pied de Minerve. En amont du village, la Cesse disparait aussi sous un rocher et en sort pour rentrer bientôt après, par une ouverture haute de 40 mètres, dans une sombre caverne, haute de 15 mètres, où elle coule à grand bruit
pendant les grosses eaux et qu'elle quitte sous les murs mêmes de Minerve.
Le cirque de Mourèze, long de 6 à 7 kilomètres, sur 4 à 5 de largeur, est formé par des dolomies. Au centre du cirque, des rochers s'élèvent brusquement comme de vastes pyramides entourées de nombreuses colonnes ; d'autres ressemblent à des fortifications démantelées. Quelques obélisques surplombent sur leur base, comme d'énormes champignons.
A 1500 mètres en amont de Saint-Geniès-de-Varensal, au pied du signal de Marcou (1094 mètres), s'ouvre un cirque calcaire appelé YOlque dont les rochers, taillés à pic et couverts de bouquets de bois, ressemblent à des orgues d'une grandeur imposante. Lorsque les eaux affluent, elles s'échappent de la crête et des fentes des rochers en formant des chutes magnifiques.
Au nord de Pégairolles, se trouve le Pas de VEscalette, dont les superbes colonnes accouplées s'appuient contre les murailles du Larzac; une abondante fontaine jaillit au pied des rochers et vient tomber en cascade dans la Lergue. C'est là que, pendant les sécheresses, les Gaussenards viennent de 6, 7 et 8 kilomètres, chercher l'eau qui manque sur le plateau, pour eux et pour leurs bestiaux.
Les gorges de V Hérault sont célèbres, surtout dans la partie qui touche à Saint-Guilhem; mais peut-être sont-elles plus belles entre Laroque, Saint-Buuzille-de-Putois et Causscde-la-Selle. La gorge du Verdus,où sont les restes de l'antique abbaye de Saint-Guilhem, est très pittoresque. Plusieurs sources, dont la plus célèbre est la Clamouse, tombent dans l'Hérault (en hiver et au printemps). — L'abîme du Drac, éloigné d'environ 4 kilomètres de la Clamouse, et d'une profondeur considérable, vomit de temps en temps une véritable rivière indépendante des pluies du pavs.
Les gorges moins connues de la Bueges, de la Lergue, de la Mare, de la Vernazobres sont des plus pittoresques; mais les vallées de la Vis et de l'Orb méritent entre toutes d'être