X. — Agriculture
Sur les 828,934 hectares du département, on compte :
Terres labourables 362,225 hectares.
Prés et vergers 57,852
Vignes 50,545
Bois 165,274
Pâturages et pacages 55,079
Terres incultes 114,648
Superficies bâties, voies de transport, etc 64.951
On compte dans le département 24,932 chevaux, 3,476 ânes, 5,808 mulets, 158,417 bœufs, 148,247 moutons, 44,117 porcs et 51,613 chèvres. Les moutons ont donné, en 1877, 229,519 kilogrammes de laine valant 374,115 francs. Les vaches, dont les plus belles sont celles du Villard-de-Lans, donnent un lait délicieux avec lequel se fabriquent les excellents fromages d'Oisans, de Saint-Marcellin (chcvrières) et de Sassenage. Les fromages dits de Sassenage viennent du canton du Villard-de-Lans, de Coreneon, Autrans, Méaudre et non de Sassenage, qui n'en fabrique pas. L'élève des mulets constitue une industrie importante, surtout dans l'Oisans. Les chevaux sont vigoureux et de belle taille, mais de races et variétés trèsdiiférentes. Un grand nombre de localités, entre autres celle d'Aoste, engraissent des volailles estimées. En 1877, 32,565 ruches ont donné 170,966 kilogrammes de miel et 50,150 de cire.
L'Isère doit a. la différence des altitudes une grande variété dans ses productions. Sous ce rapport, le département se divise en trois régions : la région du Nord, la région du Sud et celle de l'Ouest. La première comprend l'arrondissement de la Tour-du-Pin et une partie de celui de Saint-Marcellin. Le territoire de cette région, désigné sous le nom de Terres-Froides et où il y avait beaucoup de marais, entre autres ceux de Bourgoin et de Morestel, aujourd'hui asséchés, produisent principalement des céréales, du chanvre et du vin.
La région du Sud est formée de l'arrondissement de Grenoble et de l'autre portion de celui de Saint-Marcellin. Elle se subdivise en trois parties : les plaines, les coteaux et les montagnes. Les premières et surtout le Graisivaudan, la Valloire et le Trièves, produisent des céréales ; on y cultive aussi le chanvre, le tabac, etc. ; le houblon commence a s'y introduire; le mûrier y est en bien moins grande quantité depuis la maladie des vers à soie. Les produits des coteaux varient selon leur exposition ; ceux qui sont tournés vers le midi et l'orient sont occupés par des céréales, des prairies, des champs de pommes de terre, des mûriers, de arbres fruitiers et des vignes. A l'exception de celui des Capitai?ies, des Plantées, des Ecouteaux, de Château-Bayard, des Balmes-de-Claix, de Saint-Marcellin, de Tullins et de la Côte-Saint-André, le vin est généralement médiocre. Sur les coteaux qui regardent le nord, les terrains sont occupés par des champs de seigle, d'avoine, de blé, de pommes de terre, de nombreux et beaux vergers et par des bois de châtaigniers et des taillis.
Les montagnes sont partagées en quatre zones. La première, comprise entre la plaine et une altitude de 900 à 1,000 mètres, produit du seigle, des fruits encore et des pommes de terre; les parties extrêmes de cette zone sont occupées par des taillis et des châtai-