‹ Géographie du département de l'YonneChapitre 3 sur 20 · PHYSIONOMIE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

PHYSIONOMIE GÉNÉRALE

à l'ouest, à une région boisée dont le sol est formé de sables ferrugineux qui le rendent humide.

A partir de Saint-Sauveur et de Toucy, on est dans la Puisaye, la région la plus agres'e de l'Yonne, mais froide, ma-' récageuse, aux étangs nombreux. Les pièces de terre, généralement entourées de fortes haies, y reçoivent pendant la belle saison les chevaux et les bestiaux au pâturage. Des hameaux et des maisons isolées, entourées de petits enclos, sont répandus en grand nombre dans les bois défrichés. Les bois de haute futaie couvrent de grandes surfaces sillonnées par des routes macadamisées avec du laitier de fer qui les rend indestructibles ; lorsqu'elles sont encadrées de verdure, ces routes ressemblent à des allées de parc.

Dans YAuxerrois, la vallée de l'Yonne présente un sol plus accidenté qu'en aval. Les hauteurs qui la dominent sont couvertes de vignes jusqu'à 20 kilomètres en amont ; il existe aussi des vignobles dans la vallée de la Cure, surtout audessous d'Avallon. Du côté de Glamecy, le sol est plus tourmenté ; des bois couvrent les hauteurs ; les roches de calcaire oolithique font saillie sur les bords de la rivière à Mailly-le-Chàteau, au Saussois, à Châtel-Censoir et à Goulanges-sur- Yonne.

A Test, dans les parties de l'arrondissement de Joigny limitrophes du département de l'Aube, le sol est couvert de grands bois défrichés par parcelles et dans lesquels des villages s'élèvent sur le bord des ruisseaux ou dans le voisinage de fontaines. A la lisière de la forêt d'Olhe, dans les cantons de Brienon, de Saint-Florentin et de Flogny, s'étendent de vastes plaines baignées par l'Armançon et par son affluent, l'Armance, qui arrose une riche vallée de pâturages. En remontant au nord-est, le Tonnerrois devient plus accidenté, à mesure qu'on se rapproche des contre-forts de la Côte-d'Or.

En se dirigeant au sud-est, à partir de Tonnerre, ville qui domine la vallée de l'Armançon, on parcourt un pays mamelonné, aux vallons profonds, où les bois alternent avec les céréales sur un sol calcaire de la grande oolithe. A la vallée

du Serein, les hauteurs s'accentuent de distance en distance, puis on entre dans le pays de la Terre-Plaine, grande plaine aux riches cultures, située entre le Serein et le Cousin, dans l'arrondissement d'Avallon ; cette plaine touche à la vallée d'Epoisses et, plus au sud, au Morvan.

On pénètre dans le Morvan et dans l'Avallonnais par la vallée de la Cure, que domine Vézelay, et par celle du Cousin, la rivière d'Avallon. A partir de Vermenton, la vallée de la Cure est déjà fort accidentée ; le sol s'élève et les montagnes apparaissent. De la terrasse de Vézelay, des collines de Doniecy et de Tharoiseau, ainsi que de tous les points élevés des environs d'Avallon, on voit se dessiner, au sud, les masses granitiques du Morvan, presque entièrement couvertes de forêts. Ce sont des dômes surbaissés plus ou moins irréguliers, mais toujours arrondis.

A vallon se trouve au point de contact des roches anciennes et des terrains jurassiques, et la profonde vallée du Cousin, dans laquelle un rocher escarpé de plusieurs côtés porte la ville d'Avallon, est de l'aspect le plus austère. C'est dans l'arrondissement d'Avallon que se trouvent les points culminants du département, ses vallées les plus profondes et ses sites les plus beaux : de vastes forêts, des gorges déchirées, des rochers immenses, des blocs de granit suspendus sur le lit des torrents. La cime la plus haute se trouve près du point où la Cure pénètre, par sa rive droite, dans le département, au sud de Quarré-les-Tombes, dans le bois de Lapeirouse : elle a 609 mètres. Plusieurs sommets du même arrondissement dépassent 500 mètres, et un grand nombre 400. Tous ces sommets appartiennent au Morvan , région accidentée où la nature semble s'être complu à réunir, à l'exception des lacs et des glaciers, tout ce qui peut intéresser et charmer le touriste. Mais le Morvan de l'Yonne n'est pas encore le vrai Morvan de Lormes et de Château-Chinon ; les montagnes y sont séparées par de petites vallées couvertes de prairies où paissent des troupeaux de grands bœufs. Le sol du Morvan, aux terrains primitifs granitiques et de gneiss, s'élève

à partir d'A vallon (262 mètres d'altitude), soit en se dirigeant sur Quarré-les-Tombes, qui est à 455 mètres, soit sur Chastellux, à 365 mètres.

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