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AGRICULTURE; PRODUCTIONS

Kn 1890, on comptait dans le département : 7,951 chevaux, 99 mulets, 7,864 ânes, 204,152 animaux de l'espèce bovine, 782, G55 moutons, 84,255 animaux de la race porcine, 15,127 chèvres, et 27,415 ruches, ayant produit 70,222 kilogrammes de miel et 27,581 kilogrammes de cire. Les moulons ont donné 14,000 quintaux de laine, d'une valeur de 2,240,000 francs.

Le départ, de la Creuse, formé de terrains primitifs et de roches schisteuses et granitiques, et dont le territoire, d'une altit. assez élevée, est découpé par un grand nombre de vallées étroites qui ont en général de 500 à 400 mètres de profondeur, ne peut pas être favorable au développement de l'industrie agricole. En effet, les plaines y sont rares et de peu d'étendue, et le sol, surtout dans la région S., où l'on rencontre encore des landes, bruyères, ajoncs, fougères et genêts, ne se prête que difficilement à la culture. Les terres les plus productives sont situées dans la partie N. qui avoisine le départ, de l'Indre, sur les points qui confinent.au départ, de la Haute-Vienne, et enfin, au N.-E., sur une partie du cant. de Chambon, arrosé par la Tardes et la Vouise. Sur les revers des montagnes on ne rencontre guère que des taillis et des châtaigniers. Quelques propriétaires sont parvenus, par des sacrifices bien entendus, à y établir des vignobles dont la superficie tend à augmenter, mais dont les produits, par suite de la température froide du pays, sont médiocres.

L'amélioration des voies de communication et surtout rétablissement des chemins de fer ont favorisé le progrès agricole dans le dép., progrès qui serait bien plus rapide sans les émigrations des populations marchoises. Un grand nombre de petits propriétaires vont travailler au dehors comme maçons, tailleurs de pierre, charpentiers, scieurs de long, paveurs, pour ne revenir au pays qu'à l'entrée de la mauvaise saison; souvent ne reviennent-ils pas tous. Ceux qui reviennent, munis d'un petit pécule, l'emploient non à rendre plus productives les terres qu'ils possèdent déjà, mais à en acquérir de nouvelles, ainsi vouées à la même infécondité relative. Cependant quelques propriétaires out fait dans ces derniers temps des efforts sérieux, et leur récolte s'en est trouvée améliorée, malgré une série de mauvaises années. Depuis un certain temps les minotiers cessent d'acheter les grains sur les marchés du dép. et vont s'approvisionner à Bordeaux. Cette concurrence des grains étrangers, aggravée par le renchérissement de la main-d'œuvre, contribue à arrêter les progrès de l'agriculture dans la Creuse.

Avant ces diverses causes du temps d'arrêt dans les améliorations gricoles, on constatait sur plusieurs points des irrigations intelli-

génies et un commencement d'assainissement des prairies basses et tourbeuses, très nombreuses dans le pays. Le drainage aux pierres se continue, mais à une profondeur généralement insuffisante.

L'outillage est en progrès ; beaucoup de batteuses mécaniques sont louées aux cultivateurs à des prix modérés, et la faux tend à remplacer la faucille pour la coupe des blés. Des engrais ou amendements commerciaux (phosphate, nitrate de soude, sulfate d'ammoniaque) sont communément employés, surtout pour le défrichement des landes.

L'accroissement des prairies artificielles, en permettant d'élever un plus grand nombre de tètes de bétail, principale richesse du dép., a favorisé l'augmentation des fumiers; la pratique des engrais verts, par L'enfouissement, tend à s'étendre et donne de bons résultats.

Les races d'animaux domestiques n'ont rien de bien remarquable : les chevaux, en assez petit nombre (1,15 par kil. carré), de race limousine, sont cependant recherchés pour la cavalerie légère; les ânes et les. mulets, ces derniers en très petit nombre, sont d'une taille peu élevée; la race bovine (51 bêtes à cornes par kil. carré) de petite taille, par suite de l'insuftisance on de la mauvaise qualité des fourrages, donne néanmoins une chair de bonne qualité, et se vend facilement sur les marchés voisins, les animaux de choix allant partout depuis l'établissement du chemin de fer, jusqu'au marché de la Villette ; les vaches des environs de Guéret fournissent un excellent beurre ; enfin, si les nombreux troupeaux de moutons (169 têtes par kil. carré ; la Creuse est le départ, qui possède le plus de moutons relativement à l'étendue de son territoire) qui peuplent les vastes pâturages couvrant plus de la moitié du départ., ne donnent pas une laine d'une qualité supérieure, la chair de ces moutons es.1 assez appréciée. Ajoutons enfin que dans toutes les fermes on engraisse des porcs en assez grand nombre pour que les animaux de cette race donnent lieu dans le département à un commerce d'exportation d'une certaine importance.

La faune sauvage est nombreuse et variée, aussi le gibier y est-il abondant et le sanglier même n'est pas rare dans les bois, où se rencontrent encore des loups etdes renards. Les rivières sont poissonneuses : toutes les espèces de poissons que l'on trouve en France prospèrent dans leurs eaux ; on y pèche spécialement des lamproies et des saumons, et, dans le Taurion, une espèce de petite truite dont la chair est très délicate. Certains étangs des environs de la Souterraine donnent des sangsues expédiées à Paris.

Le département a produit, en 18(J0, 517,865 hectolitres de froment (quantité insuffisante pour sa consommation), 1,096,821 de seigle, 66,198 d'orge, 1 69, 550 de sarrasin, 447,426 d'avoine, 1,80 1,980

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