INDUSTRIE, MINES, SOURCES MINÉRALES
quint, de pommes de (erre, 12,566 de châtaignes, 150,680 quintaux métriques de betteraves fourragères, 9,120 de chanvre (filasse), 217,000 kilogrammes d'huile de chèncvis, 2,086 de graines de colza, 5,744,398 de fourrages (prairies naturelles ou artificielles); et (en 1891) 5,375 hectol. de cidre. Les bois ont donné, en 1881, 9,788 mètres cubes de bois d'oeuvre et 101,54i de boisa brûler, soit 2,940 mètres cubes par hectare. Les mcrrains qui en proviennent sont exportés en assez grande quantité dans le département 'de la Charenle. Les forêts (557 hect. seulement appartiennent à l'État) et les bois les plus importants sont : la foret de Chàteauvert, au sud de Saint-Oradoux-de-Chirouze; la foret de Magnat, celle de Mériguat, à laquelle se rattachent les bois de Faye-Froideet du Grès; la foret de Fayanl, à l'ouest de Verneiges ; celle de Blessac, à l'ouest d'Alleyrat : enfin les bois de Cbauvcrne-Neyre, à l'ouest de Saint-Dizier; de Châtres, près d'Aubusson, etc.
11 résulte de celte statistique que le seigle est la principale des récoltes; sur 28 centièmes que les céréales comprennent dans la superficie totale, et sur 57 centièmes qu'elles occupent dans la surface des terres labourables, le blé n'occupe respectivement que 5 et 7 centièmes; son rendement est d'env. 17 hectol. par hect. La pomme de terre est cultivée un peu partout et occupe les 5,3 centièmes de la superficie totale; enfin 169,100 hect., soit à peu près 50 pour 100 de cette superficie, sont occupés par les cultures fouiragères. C'est Bellac qui produit le froment le plus estimé. Enfin on cultive partout un excellent navet rond ou rave, connu dans le pays sous le nom de rabote.
S'il n'y a pas de grandes prairies dans le département, on y trouve des prés excellents aux environs de Guéret, d'Ahun, de Felletin, d'Auzances, de Jarnage, d'Évaux, etc. Les arbres à fruit y réussissent très bien : le châtaignier, le noyer et le cerisier sont les arbres à fruit les plus répandus ; cependant on y cultive aussi beaucoup de pêchers, d'abricotiers, de poiriers et de pommiers. Les fruits à pépins du canton de Sainte-Feyre sont les plus précoces et les plus îenommés.
Si la valeur des propriétés rurales est loin d'être aussi élevée dans la Creuse que dans les départements plus favorises sous le rapport industriel et agricole, les terres cultivables y atteignent cependant un chiffre hors de proportion avec la richesse apparente du pays Cette anomalie s'explique parce fait qu'environ 55,000 habitants de la Creuse s'éloignent pendant huit à neuf mois de l'année pour travailler, comme nous l'avons dit, soit à Paris, soit dans les autres villes importantes de la région. Ils rentrent ensuite chez eux avec
des économies qui peuvent être évaluées au chiffre de 4 à 5 millions de francs, qu'ils emploient à l'acquisition de propriétés rurales. Le nombre des habitants du département qui vivent des travaux agricoles est de 185,000.
Les exploitations agricoles embrassent 559,659 hect. ; elles fc divisent comme suit d'après leurs superficies : 22,000 ont moins de 1 hect.. 51,070 de 1 à 10 hect., 11,216 de 10 à 40 hect., 2,115 plus de 40 hect. On voit que la Creuse est un pays de grande culture.
La plupart des propriétaires (90 pour 100) cultivent eux-mêmes leurs biens. Quant «à ceux qui ont recours à autrui pour faire valoir, ils préfèrent encore le système du métayage, dans la majorité des cas : sur 100 exploitant pour le compte du propriétaire, on compte dans le dép. 59 métayers et 41 fermiers.
Le département possède une ferme-modèle à Rcmirand, près d'Evaux, et une ferme-école à la Villeneuve, près de Vallières.
^B. — Industrie, mines, sources minérales.
Le département de la Creuse est moins favorisé encore sous le rapport industriel que sous le rapport agricole, bien qu'il possède quelques manufactures, comme celles d'Aubusson et deFelletin, dont la renommée est européenne. Il ne faut donc pas s'étonner qu'il occupe seulement le 79e rang au budget des recettes de l'impôt, et le 82e pour le chiffre des affaires de la succursale de la Banque de France d'Aubusson. Sa population industrielle est d'environ 50,000 habitants.
Ses richesses minérales, qui consistent presque exclusivement dans des gisements houillers assez riches, sont l'objet d'exploitations importantes. Les mines de houille sont comprises dans cinq concessions embrassant ensemble une superficie de 5,575 hectares (1 ,1 60 ouvriers) . La concession la plus étendue est celle à'Ahun-sud, qui s'étend sur les communes d'Ahun, de Saint-Martial-le-Mont, de Saint-Pardoux-les- Cards et de Saint-Médard. La 2e concession est celle d' Ahun-nord ', qui s'étend sur les communes du Mouticr-d'Ahun, de Sainl-Martialle-Mont, de Saint-Pardoux-les-Cards et de Lavaveix-les-Mines. La 5e concession, celle de Bosmoreau, embrasse une partie des communes de Bosmoreau, Thauron et Saint-Dizier. La 4e, celle de Bouzogles, s'étend sur les communes de Bourganeuf, de Saint-Junien-la- Brégère et de Faux-Mazuras. Le produit total de tous ces centres d'exploitation a été, en 1890, de 206,555 tonnes; 47,000 tonnes seulement sont consommées dans le département. — Enfin il existe des tourbières à Boy ère.
Les autres produits minéraux sont : Yétain et le wolfram, dont la concession, de 4,151 hectares, s'étend sur une partie de la commune de Treignat (Allier) et sur le territoire de Soumans, Lavaufranche, Toulx-Sainte-Croix, Saint-Silvain-Bas-le-Roc, Boussac et Leyrat; — le fer, qui comprend une seule concession, celle de Bosmoreau (004 hectares), occupant une partie du territoire de celle commune et de celles de Thauron et de Saint-Dizier; — le plomb argentifère, dont la concession, celle de Momat (302 hectares), embrasse une partie des communes d<* Saint-Pardoux-les-Cards et du Moutierd'Ahun; — le kaolin, que l'on extrait à Janaillat, et le plâtre, à Gouzon, etc. Le département fournit aussi, mais en faible quantité, de l'antimoine, du cuivre, du manganèse, et l'on trouve sur divers points de son territoire des carrières de granit, de pierres de taille fines et de la terre à poterie.
Les eaux minérales dÉvaux, qui sourdent par 18 sources, sont sulfatées sodiques, azotées et ferrugineuses. Leur température est variable; les plus chaudes, celles du Puits de César, marquent 50°, 7; les plus froides, celles de la source Triangulaire, n'atteignent pas tout à fait 29°. Elles sont efficaces pour la guérison des rhumatismes fibreux ou musculaires, des vieux ulcères, des engorgements articulaires indolents, des tumeurs scrofuleuses, des maladies cutanées, des gastrites, entérites chroniques, des chloroses et des paralysies indépendantes des dispositions apoplectiques. — D'autres sources minérales existent à Chaumeix, Blessac, Felletin, Boisféru (com. de Linard).
Les industries les plus importantes du département sont celles qui emploient la laine pour matière première. Citons au premier rang les manufactures de tapisseries d Aubusson, qui, au nombre de 14 à 15, occupent plus de 2,000 ouvriers et dont les produits rivalisent avec ceux des Gobelins et de Beauvais. On fabrique non seulement à Aubusson des tapisseries pour meubles, mais encore des lapis ras, des moquettes, oursins, jaspées, veloutés, imprimées, et des carpettes. Il existe à Felletin, qui après Aubusson est la seconde ville industrielle du département, des fabriques de tapisseries fines, cinq fabriques de tapis ras et veloutés, à rouleaux et de moquettes. Ces deux villes renferment des filatures de laine. On fabrique des draps (environ 465 métiers, dont 115 mécaniques) a Aubusson (draps, couvertures et droguets), Chamborand et Saint- Dizier (droguets). Cette dernière ville possède des carderies de laine. La laine (17 établissements) est filée à Aubusson, Felletin et Rougnat (ensemble 2,940 broches).
Les autres industries du pays sont, par ordre alphabétique, les
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suivantes : on fabrique des balances à Buurganeuf; des billards à la Souterraine; des bougies à Chàtclus-Malvaleix ; de la bière à Guéret, Bénévent-l'Abbaye cl la Souterraine; des objets de carrosserie à Boussac, Bourganeuf, Cliâtelus-Malvaleix, Guéret et la Souterraine; des chandelles à Bénévent-l'Abbaye, Chàlelus-Malvaleix et la Soutenaine; des toiles de chanvre (filé à Néoux, 580 broches) à Bourganeuf et à la Souterraine; des chapeaux à Aubusson, Auzanccs et surtout Bourganeuf. La cire est blanchie à Bourganeuf et à la Souterraine. On fabrique des clous à Ahun, Bonnat, Boussac et Crocq. 11 y a des confiseries à Bourganeuf et à Felletin; des ateliers de corvoirie à Bénévent-l'Abbaye, Felletin et Guéret; des distilleries et des fabriques de liqueurs à Boussac; des fonderies (2e fusion) à Saint- Morel et a la Souterraine; des huileries à Evaux; des imprimeries à Aubusson, Bourganeuf, Charnbon et Guéret; des filatures de lin à Bénévent-l'Abbaye; des ateliers de construction de machines à Auzances, Bénévent-l'Abbaye, Crocq et la Souterraine : celte dernière commune compte quatre fabriques de meubles. On taille des meules de moulin à Boussac. Des minoteries, au nombre d'environ 14, fonctionnent à Aubusson, Charnbon, la Kochette, la Brionne, au Grand-Bourg, à Malleret, au Moutier-d'Ahun, à Pontarion et au Villard. Les moulins sont plus nombreux encore : on en compte six à Clugnat, quatre dans chacune des communes de Genou illat, Felletin et à la Souterraine, et un ou deux dans celles d'Auge, de Boussac, de Chàtelus, de Crocq, de la Collette et de Nouziers. 11 cxisle à Bourganeuf des ■papeteries, qui ont fabriqué en 1887, 5,000 quintaux métriques de papier, d'une valeur de 75,000 francs. Bourganeuf possède aussi les seules manufactures de porcelaine (dont le produit est de 150,000 francs par an) du département, et Aubusson a quelques fabriques de poteries ordinaires.
La grande industrie de la population rurale est la fabrication des sabots, et aussi l'exécution des gros travaux de maçonnerie ; mais cette dernière industrie, les habitants de la Creuse l'exercent au loin. — Le bois pour placage est préparé dans la scierie de Saint-Vaury.
Les taillanderies sont nombreuses à la Souterraine; on en trouve aussi à Bourganeuf, Boussac et Chàtelus. Charnbon a plusieurs tanneries; on en compte aussi à Bénévent-l'Abbaye, Auzanccs, Aubusson et Felletin. Le tan est préparé à la Souterraine. Les draperies et autres étoffes sont teintes dans les teintureries d'Aubusson, d'Évaux, de Felletin, Bourganeuf et Crocq. La Souterraine a plusieurs tournoies d'objet-; en bois. Il y a des tuileries à Bourganeuf, Genouillat, la Ccllelte, Malleret, Sardent et Sannat; des vanneries à Guéret et une vénerie a Lavavcix-les-.Mines.